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6 février 2017 1 06 /02 /février /2017 07:28

   « Veniet ad Templum suum, Angelus testamenti quem vos vultis »

Ce texte du prophète Malachie commence en faisant mention de deux « Anges » différents. Voici que j’envoie mon Ange devant ma face et il préparera la voie, et aussitôt viendra à son Temple l’Ange de l’Alliance que vous désirez.

Si l’Eglise choisit en ce jour ce texte du prophète c’est qu’il a pour elle un rapport avec la fête d’aujourd’hui. Nous remarquerons d’abord que le mot Ange est ici employé non pour désigner un de ces esprits célestes qui sont au service de Dieu. Le mot Ange est employé au sens large qui correspond à ce qu’il signifie originellement « Envoyé ».

Vous vous souvenez peut-être que nous avons préparé notre Noël justement avec le prophète Malachie dont le nom signifie aussi envoyé, messager.
   Ce premier Ange, ce premier ‘envoyé’ qui prépare la voie devant la face de Dieu, c’est évidemment St Jean-Baptiste, le Précurseur de Jésus. Lui-même, Jésus, a appliqué ce texte à son précurseur : nous lisons cela à l’un des dimanches de l’Avent. Jésus interroge la foule : qu’êtes-vous allés voir dans le désert, et après plusieurs réponses, Jésus affirme c’est celui dont il est écrit : Voici que j’envoie mon Ange devant ta face, qui préparera la voie devant toi.

   L’autre Ange, maintenant, l’autre envoyé, l’autre messager. Il est clair que c’est Jésus lui-même. Avant de lui donner le nom d’Ange, le prophète l’appelle le Dominateur que vous cherchez. Combien de fois, quand Jésus se sera fait connaître, ne sera-t-il pas sollicité d’accepter d’être le Roi jusqu’au jour des Rameaux où il est acclamé Roi d’Israël.

Hélas ! il ne faudra que quelques jours pour retrouver cette foule qui conduira son roi au supplice de la Croix. Mais ce qu’on ne pourra pas empêcher c’est qu’il est l’Ange de l’Alliance. Nous le chantions à la Messe de Noël, messe du Jour : « il sera appelé l’Ange du Grand Conseil ». Comment imaginer ce Grand Conseil divin dans lequel il n’y a que trois personnes…mais quelles personnes : la Sainte Trinité. Le conseil statue que l’une des personnes descendra sur cette pauvre terre qui attend un Sauveur. La décision c’est que ce sera la 2ème des 3 personnes, le Fils, le Verbe, la Parole éternelle. C’est elle qui nous parlera : ce sera notre messager, l’Ange, l’envoyé. Et l’Ange de l’Alliance, car il s’agit de remettre en état l’union de Dieu et des hommes. Et c’est bien cela que Jésus accomplira et consommera quand le soir du Jeudi-Saint, il montrera à ses apôtres le Calice de son Sang, le Sang de la Nouvelle et Eternelle Alliance, dira-t-il, qui sera répandu le lendemain.

   En attendant ce grand jour, cher petit Jésus qui n’avez encore que 40 jours de vie sur terre, aujourd’hui où nous fêtons votre Présentation au Temple, nous nous réjouissons de l’offrande que vous venez y faire dans les bras de votre Maman.

   Puisque le prophète Malachie dit que vous venez pour purifier comme le fondeur qui fait fondre et épure l’argent, nous vous demanderons de nous préparer à ces sacrifices que vous attendrez de nous durant le prochain Carême, surtout de nous préparer à être toujours plus unis à votre propre Sacrifice pour que nous ne nous en écartions jamais dans le déroulement ordinaire de notre vie. Amen

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30 janvier 2017 1 30 /01 /janvier /2017 18:40

   La tempête sur la mer : Demandons-nous, d’abord, ce que cet Évangile signifie. Qu’est-ce qui a déterminé l’antique liturgie à choisir ce passage pour le dimanche que nous célébrons aujourd’hui ?

   a) y a-t-il dans l’apaisement de la tempête une « manifestation » du Seigneur ? Si le 2ème dimanche après l’Epiphanie, l’Église nous a présenté le miracle des noces pour nous montrer la gloire du Christ, c’est-à-dire sa divinité, le miracle d’aujourd’hui n’est pas moins propre à cette fin. Représentons-le nous. C’est la nuit. Les douze hommes rament. Soudain s’élève une tempête furieuse. Ces marins expérimentés connaissent sans doute la perfidie de la mer, mais cette fois, ils sont désemparés. Ils réveillent le Maître endormi. Jésus se lève, avec majesté et calme, il commande aux éléments en fureur et ceux-ci lui obéissent comme des chiens qui se couchent aux pieds de leur maître. Cette vision du Seigneur commandant avec puissance, les disciples ne l’oublieront pas de leur vie. C’était donc bien une « manifestation » du Seigneur. — Mais était-ce bien l’intention de l’Église de nous montrer cette manifestation ?

   b) Ou bien l’Église voulait-elle représenter dans cette tempête les persécutions et les combats auxquels elle est elle-même en butte ? La barque de Pierre a toujours été considérée comme une image de l’Église du Christ. Comme le petit bateau, l’Église est de tout temps ballottée par la tempête, mais « les portes de l’enfer n’ont pas prévalu contre elle ». On a sans cesse vu, au cours des siècles, le Seigneur, qui semblait endormi, se lever, commander aux vagues et à la tempête et faire apparaître le calme et la paix.

c) Ou bien pensons-nous à l’âme chrétienne en particulier ? Elle aussi est un petit bateau exposé à la rage du vent et des flots. Quel cœur chrétien est à l’abri des combats extérieurs et intérieurs ? Ce sont des afflictions de toutes sortes, des tentations, des souffrances, des persécutions. L’enfer conspire sans cesse contre le royaume de Dieu dans l’âme. L’Église pense-t-elle à ces tempêtes ? L’oraison du jour pourrait nous le faire croire, c’est une explication de l’Évangile.

L’ermite saint Antoine avait été violemment tenté par le démon, mais avait résisté courageusement. Il vit enfin briller une lumière et demanda : « (Où étais-tu, Seigneur ? » Une voix lui répondit : « J’étais là, Antoine, mais j’attendais pour voir ton combat ; puisque tu as courageusement résisté, je serai toujours ton aide. » Que cela soit une consolation pour nous, combattons vaillamment et, en temps voulu, le Christ viendra et commandera à la tempête.

   d) Pourtant l’Église a peut-être voulu nous faire entendre les premiers accents du drame de la Passion. La pensée fondamentale du cycle de Noël était celle-ci : Le Christ a fondé sur la terre le royaume de lumière. Maintenant l’Église nous prépare au cycle pascal, dans lequel nous verrons d’abord la lumière combattue par les ténèbres. Cet accent de la Passion se fait déjà entendre légèrement à travers le temps de Noël, aujourd’hui il retentit dans le mugissement des flots en fureur. Nous ne tarderons plus guère à voir le Sauveur environné des flots de la douleur, il sera englouti par eux, mais il sortira vainqueur.

   e) C’est peut-être cette dernière pensée qui nous rapproche le plus de l’intention de la liturgie. L’Évangile est une image du combat et de la victoire pascale du Christ. Chaque dimanche est un dimanche de Pâques. Chaque dimanche nous célébrons la mort et la résurrection du Christ en nous-mêmes. Alors même que, pendant la semaine, nous aurions été ballottés par la tempête et les flots, à la messe du dimanche le Seigneur monte à bord de la nacelle, il commande à la tempête et achève la victoire de sa Résurrection. Chaque dimanche notre âme s’approprie quelque chose de cette victoire pascale. Ainsi chaque dimanche est un anneau de la grande chaîne qui va du Baptême jusqu’au dernier combat et à la victoire finale.

   La vie chrétienne est une tempête sur la mer. Comme le bon Dieu traite parfois rudement ses enfants ! C’est qu’il n’est pas comme ces mères déraisonnables dont la tendresse consiste à caresser et à gâter leurs enfants. Il est le premier à appliquer le principe de la Sainte Écriture : Celui qui aime son enfant n’épargne pas la verge. Et c’est pour notre bien. Les enfants de Dieu supportent malles jours heureux ici-bas. L’histoire de l’Église et l’histoire particulière des âmes le prouvent.              

   Comme l’Église était grande au temps des persécutions ! Les chrétiens détestés, persécutés, méprisés extérieurement, étaient, parfaits et saints. Mais, au moyen âge, quand l’Église brilla de son plus grand éclat et que les empereurs et les rois la dotèrent de biens terrestres, la lumière intérieure pâlit de plus en plus. Oui, il est bon pour nous, chrétiens, que notre situation extérieure ne soit pas trop bonne. Il est vrai que nous avons besoin de ce que le Sauveur exigea de ses disciples pendant la tempête sur le lac : une foi forte et une ferme confiance en Dieu. « Pourquoi avez-vous si peu de foi ? » La grande souffrance, les grandes épreuves, la grande misère peuvent être un remède, mais aussi un poison. Certains trouvent dans les souffrances, de nos Jours, le chemin qui mène à Dieu ; mais, pour beaucoup, la crise économique est un poison qui apporte la mort de l’âme. Priez, mes frères, pour tous ceux qui sont éprouvés, afin que leur misère et leur souffrance les purifient et les sanctifient. Aimons à penser surtout et souvent à ceux qui sont, comme nous, membres du corps du Christ et qui sont en butte à la tempête sur la mer. Voyons tel enfant de Dieu, qui est, à cause de sa foi, condamné aux travaux forcés. Jour après jour, sans dimanche, sans messe, sans communion, il lui faut abattre des arbres ; il est à peine vêtu, mal nourri et, sous le fouet des soldats, il s’avance peu à peu vers la mort. Combien de fois ces pauvres gens doivent crier vers le ciel : « Seigneur, sauvez-nous, nous périssons. » Pour ces pauvres, qui sont en même temps des riches, nous devons prier, afin qu’ils demeurent forts, afin qu’ils soient vainqueurs. Car leur souffrance nous profite à tous. Ils accomplissent et achèvent ce qui manque au corps du Christ. Mais ce n’est pas seulement dans ces pays où sévit la persécution. Chez nous, dans notre entourage, il y a des « tempêtes sur la mer », il y a la misère et les autres souffrances qui anéantissent. Portons secours là où nous le pouvons.

   Cette semaine ce sera la Chandeleur. La procession se faisait jadis de nuit. Les enfants de Dieu s’avançaient autour de l’Église, un cierge à la main. Même de jour, il leur faut se défendre contre le vent qui essaie d’éteindre leur lumière. C’est l’image de la vie intérieure du chrétien. Le Chrétien est un porte-lumière, un porte-Christ. Depuis son baptême, il porte et entretient en lui la divine lumière de la grâce ; bien plus le Christ lui-même est dans son âme, en dépit de la nuit et des tempêtes du dehors. Sans doute, l’ennemi des âmes voudrait bien éteindre cette lumière et il souffle dessus de toutes ses forces. Ce sont là les tempêtes de la vie. Mais l’enfant de Dieu maintient sa lumière et continue de la porter. Dans la maison de Dieu, à l’Évangile et dans la communion, il reçoit un nouvel aliment et une nouvelle force pour entretenir cette lumière. Ainsi il pourra traverser les tempêtes de la vie et porter sa lumière jusqu’au temple de gloire, au ciel. Amen

 

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23 janvier 2017 1 23 /01 /janvier /2017 08:08

   A partir du troisième dimanche, la liturgie abandonne la suite chronologique de la vie de Jésus ; désormais elle choisira des miracles et des enseignements de Notre-Seigneur, sans tenir compte de la chronologie. Ces péricopes sont en rapport avec les pensées de l’Épiphanie : le Christ paraît dans son royaume comme Sauveur (3e dimanche), comme Vainqueur (4e dimanche), comme Juge (5e dimanche), comme Maître du champ (6e dimanche). Le sens de ce 3e dimanche est celui-ci : Les Gentils et les pécheurs entrent dans le royaume de Dieu

   Pécheurs et païens. C’est dans ces deux mots que nous renfermerons le contenu principal du troisième dimanche après l’Épiphanie. Pécheurs et païens ? Ce sont justement les deux catégories dont nous avons le moins à nous occuper, diront certains. Les pécheurs se sont séparés de Dieu, ce sont des rebelles qui se sont soulevés contre le divin Roi ; quant aux païens, ils ne savent rien de Dieu et n’appartiennent pas au royaume du Christ. Que viennent donc faire ces deux catégories de gens dans l’aimable temps de Noël ? Si nous lisons la vie de Jésus d’après les évangiles, nous verrons comment Jésus s’est comporté justement à l’égard des pécheurs et des païens. Il est à remarquer que ce sont justement les « pieux et les saints » du judaïsme, les Pharisiens, les Scribes et même les prêtres, qui ont montré de l’hostilité envers le Seigneur. Ce sont eux également qui l’attachèrent à la Croix. N’est-il pas tragique de voir que c’est un païen comme Pilate qui voulut arracher le Christ des mains des Juifs acharnés et qui finalement fut forcé, contre sa volonté, de le condamner à la croix ? Par contre, le Seigneur est reçu avec enthousiasme par les pécheurs et les païens. Nous pourrions citer une série d’exemples. Le brave centurion de Capharnaüm ne s’estime pas digne que le Seigneur « vienne sous son toit ». La Chananéenne païenne crie avec supplication vers le Seigneur pour obtenir la guérison de sa fille. Avec quelle foi, la femme païenne, atteinte d’un flux de sang, touche la robe du Seigneur ! Avec quelle sincérité, le païen guéri, du pays de Gérasa, supplie le Seigneur de lui permettre de le suivre. Enfin les Mages païens vinrent du lointain Orient vers Bethléem pour adorer le Roi des Juifs nouveau-né, alors que le Roi Hérode et le grand conseil ne bougent pas le petit doigt pour répondre au message. Et après l’Ascension du Christ, les Apôtres et particulièrement saint Paul firent la même expérience sans cesse renouvelée. Les Juifs repoussèrent la bonne nouvelle que les païens accueillirent avec enthousiasme.

   Il en fut absolument de même pour les pécheurs, pendant la vie terrestre du Christ. « Il est entré chez un pécheur », « il mange et boit avec les pécheurs », voilà ce que disent avec mépris les Juifs, en parlant du Seigneur. Et lui ne repoussa pas ce reproche : « Ce ne sont pas les biens portants qui ont besoin de médecin, mais les malades. » Le Christ est venu « chercher ce qui était perdu ». Alors qu’il prononçait contre les « pieux » d’Israël un septuple « malheur », il eut de la commisération pour la pauvre femme adultère, pour la pécheresse au banquet, pour la Samaritaine, pour le bon larron sur la croix et leur rendit la joie avec le pardon. « Je ne veux pas te condamner, ne pèche plus. » « Aujourd’hui même, tu seras avec moi en paradis. »

   Son attitude envers les pécheurs, Jésus l’a exprimée : une fois pour toutes dans ses trois paraboles de la miséricorde : la parabole de l’Enfant prodigue, la parabole de la brebis perdue et celle de la drachme perdue. Le Christ ne connaît pas de réserve, pas de conditions humiliantes pour le pardon. Un mot, et tout est pardonné. Au fils prodigue le père a rendu tous ses droits passés : celui-ci voulait, en expiation, devenir esclave ; le père en fait de nouveau un fils de roi. Si le fils retrouvé avait erré çà et là, dans son désespoir, en criant : J’ai péché, je ne suis pas digne d’être l’enfant de mon père, je pense que le père l’aurait chassé de sa maison.

   Quelles conclusions tirer de ces considérations ? Ayons pour les pécheurs et les païens les mêmes sentiments que le Christ. Ne soyons pas des pharisiens qui n’ont que des regards de mépris pour les pauvres gens. Ce n’est pas par des disputes et des contestations que nous arriverons à les amener à nous ; nous n’arriverons à aucun résultat par des actes inamicaux et des condamnations. Nous n’avons pas besoin d’abandonner un iota de nos principes ; mais la fidélité à nos principes est compatible avec une tolérance de la charité. Ne jugeons pas les hommes d’après les doctrines théoriques de leur parti ou de leur confession. Dans la vie réelle, nous sommes beaucoup plus rapprochés et la charité est le chemin qui mènera à leur cœur... Ce n’est pas par l’apologétique, la dogmatique et la casuistique que nous convertirons le monde ; mais, comme le Sauveur, par la charité, la compréhension et la compassion. Nous autres, catholiques, nous sommes toujours portés à nous poser en juges et à condamner, et nous sommes souvent tout près du pharisaïsme. Il y a beaucoup de bon dans l’âme de ceux qui ne pensent pas comme nous, mais nous ne le voyons pas. La résolution pratique de cette semaine devrait donc être celle-ci : Dans nos relations avec ceux qui ne pensent pas comme nous, inspirons-nous de l’esprit du Christ. Et puis pensons aux pauvres païens des pays de mission qui n’ont encore aucune idée du Salut. Amen

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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 07:38

   Dans le premier miracle de Notre Seigneur, aux noces de Cana, l’Église veut mettre en lumière devant le monde son « Épiphanie ». « Il manifesta sa gloire », lit-on à la fin du récit, c’est-à-dire il manifesta sa divinité, par son miracle. Cet Évangile est plein d’édification. Quelle charmante image du Sauveur il nous présente ! Le Christ est ami de la joie, il prend part aux fêtes de famille et les sanctifie ; son premier miracle est fait pendant les noces. Et dans Marie nous voyons la plus noble image de la femme et de la mère, partout secourable, prévoyante, serviable, modeste, ne montrant pas de susceptibilité quand on n’accorde pas ce qu’elle demande ; ce que dit saint Paul dans son beau cantique de la charité s’applique parfaitement à elle : la charité est patiente, bienveillante, ne connaît pas l’aigreur. Marie par son intercession a obtenu le premier miracle. L’Évangile contient encore de profondes pensées mystiques. Nous nous rappelons la merveilleuse antienne de Benedictus le jour de l’Épiphanie : « Aujourd’hui l’Église est unie au céleste Époux... » Dans l’Ancien et le Nouveau Testament, nous rencontrons fréquemment l’image des noces et de l’Épouse. Le Christ est l’Époux et l’Église est l’Épouse. Chaque messe est comme une noce, la table nuptiale y est dressée.

   Quelle est l’intention de l’Église, en nous présentant aujourd’hui le miracle des noces Cana. Le miracle est un événement historique et l’Église cherche certainement à nous édifier par les actions de Notre Seigneur et de la Sainte Vierge. Cependant ce n’est pas là son but principal. L’Église raconte le passé mais elle pense au présent. Elle veut nous dire : ce qui s’est passé, il y a 2000 ans, s’accomplit encore mystiquement en nous et particulièrement, actuellement, à la messe. Le Christ ne se contente pas d’avoir changé, il y a 2000 ans, de l’eau en vin, il veut faire aujourd’hui quelque chose de semblable et d’une réalité plus élevée. Nous pouvons même aller plus loin. Le miracle que Notre Seigneur fit alors, il le fit moins pour le miracle lui-même qu’en considération de l’avenir. Tous les miracles de Jésus, toute sa vie, ne sont qu’une image de son action dans son Église, car le but de toutes ses œuvres terrestres était le salut des hommes. Nous pouvons donc dire que le premier miracle du Christ, à Cana, est un symbole de ce que le Christ accomplit dans son Église, de ce qu’il veut accomplir aujourd’hui, à la messe. Nous comprenons maintenant quelle importance a pour nous la vie du Christ. Nous apprenons par là ce que le Christ veut faire parmi nous. Les circonstances historiques nous apprennent quelle attitude nous devons avoir devant cette action du Christ. Il s’ensuit que nous devons vivre cet épisode évangélique et, pour ainsi dire, jouer notre rôle dans cette scène. Représentons-nous comme étant les hôtes ou même l’époux ou l’épouse. Le Christ et sa Mère sont au milieu de nous. Cela n’est que fiction dira-t-on ; mais il y a une réalité, c’est le don de la grâce, c’est le salut qui nous est accordé aujourd’hui.

   Dans cette messe, il est question des noces de Cana en deux endroits : à l’Évangile et à la Communion. Que signifie cela ? Par l’annonce liturgique de l’Évangile, l’Église ne se contente pas de nous raconter un événement de la vie du Christ, mais elle met symboliquement le Christ et cet événement devant nous. Ainsi donc, dans l’Évangile, l’Église nous représente aujourd’hui le premier miracle. Ce miracle se reproduit d’une manière plus élevée encore dans l’Eucharistie. D’où vient que l’Église fait chanter, pendant le banquet eucharistique, quelques phrases de l’Évangile (et autrefois, quand le chant de la Communion avait toute son étendue, elle les faisait répéter sans cesse, peut-être jusqu’à dix fois) ? Pourquoi cela au moment le plus sacré, quand Notre Seigneur s’unit à notre âme et devient un avec elle ? N’y a-t-il pas là une déviation ? Non, l’Église dit : Voyez, c’est maintenant la vérité, le Seigneur a gardé jusqu’à maintenant le meilleur vin de l’Eucharistie, le miracle se réalise d’une manière plus haute au Saint-Sacrifice et dans la Communion. Et c’est précisément ce que nous avons l’intention d’étudier dans ces entretiens dominicaux de cette année. Amen

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9 janvier 2017 1 09 /01 /janvier /2017 07:59

   Nous voilà de nouveau fêtant la merveilleuse Epiphanie du Seigneur ! Il y a tant à dire là-dessus ! Je vous cite par priorité cette charmante remarque que j’ai trouvée en tête de l’article consacré à l’Epiphanie dans une importante ‘Vie des Saints’ : « Si Dieu me fait la grâce d’aller au ciel, je me réjouis dès aujourd’hui d’être admis dans la société de Saints et des Saintes dont la légende raconte tant de choses merveilleuses ; surtout j’irai à la recherche des trois Mages pour leur dire combien je les aime et les admire » A. Stolz.

   Et je crois que cet amour et cette admiration que je vous souhaite de partager grandit en raison même du fait que nous savons très peu de choses sur les Mages. Mais il en est d’eux un peu comme de tous les mystères de Dieu : moins on en sait et plus on a envie d’en savoir et plus on se fie au Seigneur pour que lui-même nous renseigne.

   Ainsi nous allons remarquer que Dieu se plaît dans l’anonymat par rapport à ceux dont il va faire ses témoins. Déjà les bergers ne nous ont pas dit leurs noms : simplement c’étaient des bergers qui la nuit veillaient à la garde de leurs troupeaux. Voilà par contre une chose importante : ils veillaient, ils gardaient : c’étaient des bergers appliqués, consciencieux, sur qui on pouvait compter.

   Les Mages, eux, venaient d’Orient parce qu’ils avaient vu l’étoile du Roi qui venait de naître. Eux aussi veillaient : c’est la nuit qu’on découvre les étoiles et puis c’était leur rôle d’observer les étoiles puisqu’ils étaient les savants de leur pays et de leur époque et que l’astronomie était la science des sciences. Le grand philosophe grec Platon le fait remarquer quand il parle de l’éducation des enfants de rois de Perses, précisant que l’astronomie a toujours été estimée une science digne des souverains. C’est une des raisons pour laquelle on justifie le titre de ‘Rois’ donné aux Mages, avec en plus, celle-ci, concernant le mutisme de St Matthieu sur la dignité royale des Mages dont il nous parle « que si St Matthieu ne les appelle pas rois, c’est pour nous apprendre que, en présence de Jésus-Christ, personne ne doit s’attribuer le titre auguste et majestueux de roi et que les puissants monarques ne sont que ses humbles vassaux, et ses indignes serviteurs »

   Les bergers avaient laissé leurs troupeaux, non par négligence ou vaine curiosité, mais parce qu’on ne peut résister à un appel de Dieu comme celui qu’ils avaient reçu. D’ailleurs les Anges ne pouvaient-ils pas prendre leur relève durant leur absence ?

   Les Mages, eux, ne lâchèrent pas leur étoile puisqu’aussi bien elle semblait vouloir être du voyage, brillant devant eux pour les entraîner. La science s’est penchée, si l’on peut dire, sur cette étoile pour en saisir la nature, lui donner une place dans l’atmosphère, lui attribuer un nom. Mais on n’a jamais pu rien affirmer de certain. L’étoile elle aussi garde l’anonymat : et elle continuera de surprendre par sa course qu’on pourrait dire intelligente « s’accommodant aux besoins » des saints voyageurs.

   Les Mages ne semblent pas avoir découvert leur identité au roi Hérode : il entrera dans une violente colère en ne les voyant pas réapparaître à son palais, mais il ne les fera pas poursuivre.

   Par contre les Mages se révèlent à qui de droit : devant le petit Roi Jésus, ils « ouvrent » leurs trésors, bien plus ils ouvrent leur cœur car ils commencent par l’adorer, et si leurs présents montrent qu’ils savaient déjà qui était cet enfant, leur geste traduit encore bien mieux la vertu puissante qui agit en eux et qui s’appelle la Foi.

   « Comment, dit St Bernard, est-ce que des personnes si sages se sont tellement aveuglés et ont renoncé jusqu’à ce point au sens commun, que d’adorer, comme Dieu, un enfant dont l’âge et la suite semblaient n’avoir rien que de méprisable et d’infiniment éloigné de la divinité. C’est sans doute le Saint Esprit qui les a aveuglés et qui leur a inspiré cette folie selon le monde pour les rendre sages selon Dieu » (sermon 1)

   En attendant de dire aux Mages, dans le ciel, que nous les aimons et que nous les admirons : disons-leur cela aujourd’hui même et sans doute nous répondront-ils sans paroles superflues en nous montrant simplement Celui devant lequel ils ont courbé leurs fronts pour que nous fassions de même ! Amen

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2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 07:36
   De nouveau, je vais satisfaire à l’heureuse coutume de vous offrir mes meilleurs vœux. L’année qui vient de s’achever a été marquée par de tragiques évènements, et de quelques lueurs d’espoir. Celle qui commence se présente à nous tous avec une énorme part de mystère et d’incertitude. Cet occident dont nous sommes, mais qui est tragiquement marqué par une décadence morale proche de la corruption, cet occident de pays dits libres, est bien mal placé pour donner des leçons aux autres.
   Nous nous sommes suffisamment expliqués l’année passée, du moins je le crois et l’espère, sur l’urgence du rétablissement du Règne de NSJC sur le monde et ses institutions. C’est à cette œuvre qu’il faut penser, c’est à cette œuvre qu’il faut se préparer, c’est pour ce Règne qu’il faut prier, c’est pour ce Règne qu’il faut souffrir. C’est ce Règne de NSJC que la France, 1ère nation chrétienne doit reconnaître et promouvoir, et nous sommes Français pour cela.
   Cette année nous étudierons -c’est du moins mon projet- les rites et les prières de la Messe pour que nous aimions mieux notre Messe, pour que nous comprenions et croyions que c’est par elle, source de vie, source de force, source de tous les biens, que c’est par elle que Notre Seigneur établit son Règne en nous, sur nous.
   Je vous souhaite un ardent désir du Saint Sacrifice de la Messe, je vous souhaite un attachement d’amour au Saint Sacrifice de la Messe.
   Mais comme les vœux de Nouvel An sont multiples et variés, je vous souhaite encore pour vous et ceux que vous aimez tout ce que vous pouvez désirer de meilleur : santé, travail, prospérité, union des esprits et des cœurs.
   Tout cela aussi, Notre Seigneur vous l’accordera au Saint Sacrifice. Rappelez-vous cette remarque que fit Dieu à Caïn quand celui-ci eut tué son frère Abel : « La voix du sang de ton frère crie de la terre jusqu’à moi ». La voix du Sang de Jésus ne s’élèvera-t-elle pas vers Dieu son Père, « plus avantageusement que celui d’Abel » (St Paul Heb. 12/24). Dieu a maudit Caïn, car le sang d’Abel appelait la vengeance. Le sang de Jésus appelle la miséricorde. Il a crié pour nous dans la Circoncision, au jardin des oliviers, dans la flagellation et le couronnement d’épines, dans le crucifiement. Jésus a voulu qu’il continuât inlassablement, indéfiniment de crier pour nous sur l’autel.
   Bonne année, mes bien chers frères, bon courage, fiez-vous au Sang de NSJC « qui crie pour vous d’une voix pénétrante avec toute sa vertu divine et humaine » Amen
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26 décembre 2016 1 26 /12 /décembre /2016 08:09

   Noël ! C’est Noël… Tout autour de nous c’est la fête, avec la joie partagée, la joie de donner et de recevoir, la joie du repas amélioré, la joie de se retrouver …oui, mais qu’en est-il de la joie de l’Eucharistie ?

   Que fêtons-nous vraiment ?

   Nous nous arrêtons volontiers devant la crèche, touchés par le récit des Évangiles ; pourtant, Noël est bien plus que le rappel d’une naissance. Nous fêtons, non pas un souvenir lointain, mais la réalité de l’intervention de Dieu dans l’histoire de l’humanité, une réalité qui continue, la venue de Dieu en personne, chez les hommes. . La Bonne Nouvelle du Verbe fait chair n'est pas seulement d'hier, mais d'aujourd'hui. Le Christ naît chaque jour, il est crucifié chaque jour.

   L’Évangile selon saint Jean dépasse les personnages et les détails de la crèche pour nous présenter Jésus. C’est lui, l’essentiel de cette fête, la grande annonce de Noël, la bonne nouvelle qui vient du ciel. Avec les mots de la Bible, l’Évangile exprime la foi des chrétiens : Jésus est le Fils de Dieu, la Parole de Dieu, Dieu lui-même, créateur de tout l’univers. En lui, Dieu vient parmi nous en se faisant homme comme nous. « Au commencement était le Verbe, la Parole de Dieu, et le Verbe était Dieu, et le Verbe s’est fait homme. »

  Avec Jésus disparaît la distance infranchissable entre le Créateur et la créature. Ce Dieu tout puissant, le Très-Haut inaccessible, si lointain, qui nous abandonne à notre sort, comme parfois nous l’en accusons, le voici qui vient vers nous, pour demeurer avec nous. « Dieu s’est fait homme, en tout semblable aux hommes sauf le péché. »

   En Jésus, Dieu se donne à voir. Il se présente dans la pauvreté, avec la faiblesse et la fragilité d’un nouveau-né. Il choisit le parti des petits. Il ne désespère pas des hommes. Malgré leurs crimes, leurs guerres, leurs méchancetés, les hommes, pour Dieu, sont dignes d’être aimés et sauvés.

   En Jésus, Dieu vient nous parler, se faire connaître et crier sa passion pour les hommes. Tout, en Jésus, sera révélation de cet amour de Dieu, depuis sa naissance jusqu’au grand message de sa passion, de sa mort et de sa résurrection.

   À Noël, Dieu nous donne son Fils ; au Calvaire, le Fils lui-même se livrera, donnant librement sa vie pour preuve de son amour sans limite. C’est bien cet amour de Dieu que chantaient les chœurs célestes, dans la nuit de Bethléem ; belle façon de dire que Dieu rend manifeste ce que le ciel vit et contemple pour l’éternité, alors que notre monde a encore besoin de l’entendre : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté qu’il aime ».

   Dieu se penche sur la terre des hommes et confie son projet sur le monde : Il veut la paix, il promet la paix. Non pas une certaine bonne entente ou une paix fragile mais la paix véritable, le bonheur pour tous les hommes. En gage de son amour et de sa promesse, il donne son Fils, son unique, ce qu’il a de plus précieux.

   Deux mille ans après, nous sommes bien déçus avec les troubles, les guerres, la misère, les situations inhumaines sans nombre, malgré toutes les bonnes volontés qui travaillent au bonheur des autres. La construction du bonheur pour tous, il est vrai, dépasse les possibilités humaines et beaucoup jugent une telle entreprise impossible et illusoire… mais Dieu lui-même s’y est engagé. Et c’est cela que l’on oublie, la part de Dieu.

   L’homme veut agir tout seul et réussir sans Dieu, alors que depuis Jésus, Dieu fait cause commune avec les hommes. Il nous propose, non pas seulement d’être ses partenaires, mais mieux encore, de devenir ses enfants pour lui rendre gloire, lui donner toute sa place et pour nous rendre capables de redonner à chacun sa dignité, sa beauté.

   Dieu a pris le risque d’être refusé, rejeté. Il n’en demeure pas moins présent à notre histoire et à notre vie, comme l’indique ce nom donné à Jésus, « Emmanuel », c’est-à-dire « Dieu avec nous ». Il parle dans le silence des cœurs et dans les événements ; sa présence discrète n’est pas absence. Mais pour le percevoir ou le reconnaître, il nous faut accepter de venir à lui et de lui dire : « Seigneur Jésus, petit Enfant de la Crèche, mais Roi tout-puissant, Fils de Dieu, je crois en vous, régnez sur moi, sur nous, entièrement et éternellement ». Amen

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19 décembre 2016 1 19 /12 /décembre /2016 07:47

Nous touchons la fin de notre préparation à Noël, et nous touchons aussi la fin des oracles du prophète Malachie qui a été notre guide durant cet Avent !

Nous avons entendu son annonce de restauration du sacerdoce et de relèvement de son peuple quand seront arrivés ses deux anges, ses deux messagers : Jean-Baptiste et Jésus. Comme pour préparer la suite et la fin de son intervention Malachie revient encore à travers quelques apostrophes sur les désordres de son peuple introduits dans ses relations avec Dieu : qu’il leur suffise de ses rétracter et la prospérité reviendra « alors toutes les nations vous diront bienheureux, car vous serez un pays de délices » (ou comme le commente St Jérôme : tous désireront habiter dans votre pays). Mais en attendant, on continue de prononcer des paroles impies contre la conduite du Seigneur. Cependant, celui-ci a aussi ses consolations et ses consolateurs. Il fait en quelque sorte l’éloge des justes dont il a écouté avec attention les entretiens qu’ils ont entre eux, il affirme même avoir consigné dans un livre ce que ces pieux Israélites avaient dit et fait pour sa gloire : aussi l’avenir est à eux : « ils seront pour moi, au jour où j’agirai, le peuple que je me réserve et je les épargnerai comme un père épargne son fils qui le sert ». « Et vous verrez alors quelle différence il y a entre celui qui sert Dieu et celui qui ne le sert pas ».

Cette remarque si pleine de justice et qui manifeste un cœur si aimant, est suivie d’une véritable explosion. Quel est-il ce jour où Dieu doit agir ?

Nous sommes au dernier chapitre de l’œuvre de Malachie, chapitre bref mais somptueux de l’éclat du jour annoncé et promis.

« Car voici : il viendra ce jour embrasé comme une fournaise : tous les orgueilleux et ceux qui commettent l’impiété seront de la paille, ce jour les embrasera, il ne leur laissera ni racine ni germe ».

N’est-ce pas là la fin du monde ?

Oui, sans doute, mais comme souvent dans les prophéties qu’on appelle « eschatologiques » (qui concernent la fin du monde) les plans se succèdent et parfois se confondent, ce qui doit arriver bientôt avec ce qui doit arriver plus tard. Ainsi dans l’Evangile Jésus annonce simultanément la ruine de Jérusalem et la fin du monde, la première annonçant la seconde, sans qu’il soit toujours possible et facile de délimiter exactement ce qui est propre à chacun des évènements.

Ici le prophète Malachie semble lui aussi traduire deux temps et deux aspects du Jour du Seigneur, car il annonce le premier avènement du Seigneur quand il dit « le Soleil de justice se lèvera pour vous qui avez craint mon nom et le salut sera sous ses ailes ». C’est du moins ce que pensent certains commentateurs. Puis le Seigneur annonce une autre arrivée : celle d’Elie : « Voici, je vous enverrai Elie le prophète avant que vienne le grand et épouvantable jour du Seigneur ».

Vous avez, je pense, tous entendu parler d’Elie. Il exerça sa mission sous le règne d’Achab, roi d’Israël (874-853 av JC). Il lui fut réservé une faveur toute particulière. Selon les indications de la Bible, il ne mourut pas, enlevé de terre corps et âme en un lieu que nous ignorons. La tradition juive, reprise par la tradition chrétienne veut qu’Elie revienne un jour sur la terre. C’est pourquoi vous entendez (c’était l’évangile de dimanche dernier) des prêtres et des lévites demander à Jean-Baptiste : « Es-tu Elie ? ». Bien sûr, Jean est formel : « Je ne le suis pas ». Cependant, il est à remarquer qu’en annonçant au prêtre Zacharie la naissance future de son fils l’ange Gabriel lui dit : « il précèdera le Seigneur avec la force d’Elie, pour ramener les cœurs des pères vers leurs fils » Or ces paroles sont celles du prophète Malachie - et que notre Seigneur lui-même, interrogé par ses disciples : « que disent les Scribes qu’il faut d’abord qu’Elie revienne » Jésus leur réplique « Je vous déclare qu’Elie est déjà revenu mais qu’ils ne l’ont pas reconnu ». Cela pourrait mettre un terme à la discussion. Non, rassurez-vous, car l’Evangéliste (c’est St Matthieu) conclut : « les disciples comprirent qu’il leur parlait de Jean-Baptiste ».

Donc le retour d’Elie n’est pas à éliminer. Nous le croirons d’autant moins qu’en livrant le message de la Sainte Vierge Marie à Mélanie Calvat, lors de son apparition à La Salette, nous l’avons entendu dire : « L’Eglise sera éclipsée, le monde sera dans la consternation. Mais voilà Enoch et Elie remplis de l’Esprit de Dieu : ils prêcheront avec la force de Dieu et les hommes de bonne volonté croiront en Dieu et beaucoup d’âmes seront consolées ; ils feront de grands progrès par la vertu du Saint-Esprit et condamneront les erreurs diaboliques de l’Antéchrist ». Pourtant quelques secondes après, Notre-Dame annonce : « Enoch et Elie seront mis à mort ». Il paraît donc qu’Elie, avec Enoch, sera le dernier témoin de la miséricorde de Dieu avant ce que la Saint Vierge appelle « le temps de l’abîme » et que Malachie nomme le grand et épouvantable jour du Seigneur.

Ainsi Malachie qui nous a ouvert le temps du premier Avent, du premier Avènement de Notre Seigneur, nous ouvre aussi le temps de son second Avent, de son second Avènement où selon la promesse de notre Maître, il reviendra avec puissance et majesté…alors se lamenteront toutes les tribus de la terre ! » ce dernier avertissement rejoignant la solennelle affirmation du Seigneur proférée par la bouche de Malachie : « Car mon nom est grand parmi les nations ».

« Dites-nous quand ce sera » demandaient Pierre, Jacques, Jean et André à Jésus. Curiosité légitime ou curiosité malsaine ?... Jésus leur répondit simplement : Attention qu’on ne vous égare !

N’en cherchons pas davantage à percer le mystère. Force et vigilance, et le seul souci de magnifier le Nom du Seigneur nous suffisent. Amen

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12 décembre 2016 1 12 /12 /décembre /2016 07:22

   Après les cinglants reproches prononcés par Dieu, par la bouche de son prophète, (Malachie), à l’encontre de ses prêtres indignes et prévaricateurs, d’autres blâmes s’adressent maintenant au peuple de Juda. N’oublions pas qu’après le règne de Salomon, son royaume avait été divisé : royaume de Juda (la Judée), royaume d’Israël (la Samarie). Le royaume de Juda restait le privilégié de Dieu sans pour autant que ses habitants demeurassent fidèles à sa loi. Ils le montrent ici une fois de plus. Qu’y a-t-il donc ? Il y a que les fils de Juda se sont mis à épouser des païennes, autrement dit les fils du vrai Dieu épousant les filles des faux dieux : le Seigneur affirme que c’est une abomination. Dieu avait tenu à ce qu’il n’y ait pas de ces mélanges qui ne pouvait qu’altérer d’abord puis corrompre ensuite les relations de son peuple avec lui.

   Mais ce n’est pas tout : il y a aussi une espèce d’épidémie de divorces parmi son peuple. Les femmes répudiées ont crié vers le Seigneur, ont gémi devant son autel et le Seigneur est bien résolu à ne plus accepter les sacrifices de ceux qui ont agi ainsi : « Je ne recevrai rien de votre main qui puisse m’apaiser ». Cependant les coupables ont encore l’audace de demander pourquoi ? Il est remarquable que la réponse de Dieu corresponde bien à ce que nous chrétiens, nous savons du sacrement du Mariage. La réponse est celle-ci : « Parce que le Seigneur a été témoin entre toi et l’épouse de ta jeunesse que tu as méprisée, bien qu’elle fut ta compagne et l’épouse de ton alliance. »

   Voici donc rappelées deux choses primordiales : la sainteté de l’état du mariage et la pérennité de la fidélité conjugale. Combien cette leçon vaut, elle aussi, pour notre temps dans lequel nous voyons les mœurs païennes atteindre les esprits chrétiens et la légèreté avec laquelle on croit pouvoir rompre les engagements les plus sacrés.

   Ce passage des blâmes du Seigneur tant envers ses prêtres qu’envers les couples désunis va se terminer par une apostrophe du prophète extrêmement énergique et qui devrait engendrer la confusion de tout ce monde - « Vous avez fatigué le Seigneur par vos discours… », mais eux de répliquer aussitôt insolemment « Et en quoi l’avons-nous fait souffrir ? » La réponse sera pour leur rappeler leurs véritables propos blasphématoires : « Vous avez dit : quiconque fait le mal est bon aux yeux du Seigneur et ce sont de tels gens qui lui plaisent ». En effet, ces Juifs ne pouvaient pas encaisser que les promesses de prospérité que Dieu avait adressées aux générations précédentes ne se réalisent pas plus promptement à leur gré. Et dans ce cas-là, c’est le Seigneur qui est fautif, et de s’en aller comparer leur état à celui des païens : il arrive souvent que les impies aient à leur disposition un bonheur immédiat…alors ces mauvais croyants de s’en aller dire que ce sont les pécheurs qui ont raison, ce sont eux qui plaisent à Dieu…oui, ce sont des propos scandaleux, ce sont des blasphèmes. Attention, ils sont plus courants qu’on ne se l’imagine !

   (Et on s’étonnerait, après cela, de voir les séminaires vides… !)

Mais ce n’est pas tout, malheureusement. Le manque d’application au culte de Dieu entraîne la fadeur ou l’insignifiance de l’enseignement. Le prêtre juif avait la responsabilité de l’enseignement de la Loi de son Dieu. Malachie ne manque pas de le lui rappeler : « Les lèvres du prêtre garderont la science, et c’est de sa bouche que l’on demandera la Loi parce qu’il est l’ange du Seigneur ». Remarquez au passage comme ces choses sont bien dites : le prêtre est l’ange du Seigneur : le mot ange, vous le savez, signifie messager. Et si le message n’est pas bien acheminé, s’il n’est pas fidèlement traduit et exposé ? quel grabuge !

   Et c’est ce qui s’est produit : « Vous vous êtes écartés de la voie, vous avez été pour beaucoup une occasion de scandale dans la Loi ». Décidément, il n’y a rien pour racheter ces prêtres prévaricateurs. Leur châtiment c’est eux-mêmes qui se l’appliquent : belle revanche de Dieu : « Je vous ai rendus vils et méprisables pour tous les peuples »

   Nous resterons aujourd’hui sur cette mauvaise image du sacerdoce lévitique (c’est-à-dire descendant de Lévi dont la race devait assurer seule les fonctions sacrées)

   Nous avons dû faire quelques rapprochements avec l’état actuel d’une partie du sacerdoce catholique, non pas pour le plaisir de blâmer ses abandons et ses abus, et nous glorifier de maintenir la dignité du culte et la pureté de la doctrine, mais bien plutôt pour remercier Dieu de permettre par sa grâce qu’il en soit ainsi.

   Le prophète Isaïe nous présente aujourd’hui le rejeton de Jessé, c’est-à-dire notre divin Messie, rempli des dons du Saint-Esprit. Qu’il les fasse revivre en ses prêtres qui ont été spécialement comblés de leur riche variété au cours de leurs successives ordinations, pour sanctifier à leur tour ceux qui ont recours à leur ministère. Qu’il ne soit pas contraint, même s’il les blâme, de les rejeter, mais qu’il leur rappelle que son nom redoutable parmi les nations, comme aime à le répéter Malachie, réclame d’eux qu’il soit honoré par leur dignité et sanctifié par leurs vertus. Amen

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5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 06:19

   Nous avons saisi la dramatique plainte proférée par le Seigneur et transmise à son peuple par le prophète Malachie : les prêtres rendent à Dieu un culte indigne : les victimes sont choisies parmi les bêtes malades, autant fermer le temple, car de toutes façons le Seigneur ne recevra plus ces présents souillés. Et voilà que subitement s’interrompt ce discours menaçant : le regard de Dieu se fixe sur quelque chose d’infiniment consolant pour lui. Le contraste est saisissant entre le dernier avertissement et ce qui le suit : « Je ne recevrai plus de présent de votre main. Car, depuis le lever du soleil jusqu’à son couchant, mon nom est grand parmi les nations, et en tout lieu on sacrifie et l’on offre à mon nom une oblation pure : car mon nom est grand parmi les nations, dit le Seigneur des armées. »

   Toute la Tradition chrétienne est unanime : le prophète entrevoit et annonce de la part de Dieu un sacrifice tout autre que ceux dont il vient d’être parlé. On est sorti des limites étroites du Temple et de Jérusalem : c’est le monde entier qui est évoqué : « Depuis le lever du soleil jusqu’à son couchant, mon nom est grand parmi les nations. »

   Israël n’a plus désormais l’exclusivité du Dieu véritable, car en tout lieu on offre une oblation pure. Ce mot oblation désigne une victime non sanglante : c’est le terme employé pour marquer les offrandes qui ne sont pas celles d’animaux mis à mort, c’est l’oblation accompagnée de l’encens, l’obligatoire encens accompagnement des sacrifices non sanglants. Cette désignation, dit St Robert Bellarmin, c’est le mot liturgique du rituel mosaïque qui convenait le mieux pour marquer le pain et le vin qui servent de matière à la consécration du Corps et du Sang de Notre Seigneur dans l’Eucharistie. Et cette consécration est pure parce que Jésus-Christ est la sainteté même.

   O Saint Prophète Malachie quelle reconnaissance nous vous devons d’avoir annoncé pareille merveille qui se renouvelle sans cesse sous nos yeux !...

   Hélas, en attendant ce temps où grâce à la Messe le nom du Seigneur sera grand parmi toutes les nations, les sacrifices à Jérusalem sont toujours aussi repoussants. Et le prophète reprend ses blâmes, malgré les excuses que voudraient faire valoir les prêtres indignes. Ils ont l’audace de dire « Nous offrons ce que nous pouvons, vu la dure condition du temps présent » et d’ajouter « Quelle fatigue ! »

   Ainsi « le service du temple qu’ils auraient dû regarder comme leur plus grand privilège et comme une joie, leur paraissait ennuyeux et méprisable ».

   A la suite de cette douloureuse constatation ne pourrait-on pas nous tourner vers le présent ? C’est une des plaies de la liturgie actuelle de la voir accomplie par des ministres, des prêtres qui ne lui apportent plus de considération et d’honneur. Il y a heureusement des exceptions. Mais on est légitimement offusqué par le manque de tenue des offices et des officiants, par l’absence de piété et de respect dans les lieux qu’on appelait hier les lieux saints, c’est-à-dire les églises.

   Des extravagances sans nombre (à qui fera le plus ‘choc’, sans vouloir et même pouvoir reconnaître que c’est aussi le plus choquant !) - des irrespects - jusqu’à d’authentiques sacrilèges. On a libéré la liturgie de ses règles précises et strictes, on en est arrivé à la réalité de l’adage qui fut celui de la Révolution « liberté que de crimes on commet en ton nom ».

   Le Seigneur irrité a laissé aller sa réprobation contre les prêtres auxquels s’adresse Malachie : « Si vous ne voulez pas écouter et si vous ne voulez pas appliquer votre cœur à rendre gloire à mon nom, j’enverrai sur vous l’indigence et je maudirai vos bénédictions…je vous jetterai au visage les ordures de vos sacrifies et elles vous emporteront avec elles ». Remarquez que la stérilité est une des preuves de la réprobation divine « j’enverrai sur vous l’indigence » !

   Après tout ce qui vient d’être dit, il y a un bien grand besoin de remettre de l’ordre dans ce monde dont le prophète nous a brossé un si triste tableau.

   De fait, Malachie, qui n’est pas un prophète de malheur, va achever son œuvre par de magnifiques promesses. Vous en connaissez le début - ce texte est lu, chaque année, en la belle fête de la Purification de Marie et de la Présentation de Jésus au temple, la Chandeleur comme nous l’appelons encore, vous en trouvez les lignes au 2 février.
   Comme pour le texte qui nous annonçait le sacrifice qui seul serait l’oblation pure agréable à Dieu, le prophète semble soudain, à la manière de Dieu, plonger son regard dans un futur que personne ne soupçonne. D’emblée le texte annonce : Voici que j’envoie mon Ange et il préparera la voie devant ma face. Il n’y a pas de doute cet Ange, ce messager, c’est St Jean-Baptiste. Nous ne pouvons avoir de meilleur interprète que Jésus lui-même : or NS applique à Jean ce texte du prophète (dans l’évangile de ce jour !)

   Cela annoncé, immédiatement fait suite une autre annonce : aussitôt viendra dans son Temple le Dominateur que vous cherchez, et l’Ange de l’Alliance que vous désirez. Un autre Ange, un autre Messager, mais celui-ci est le Dominateur, donc le Seigneur lui-même : il est à remarquer que l’emploi de ce mot est rarissime dans la Bible (on ne le trouve que 8 fois). Voilà deux anges (Malachie devait se réjouir de ce terme, n’oublions pas que c’est son propre nom) dont les rôles sont bien distincts : l’un (le 1er) n’est que l’annonciateur de l’autre - l’autre sera le Médiateur de la Nouvelle Alliance, c’est l’Ange du Grand Conseil que nous chantons à l’Introït de la Messe du Jour de Noël !

   Et Malachie de préciser, car les blâmes du Seigneur sont à peine éteints sur ses lèvres, que cet Ange, ce messager viendra pour purifier ce sacerdoce gâté qu’il a dénoncé (les fils de Lévi). Et il n’ira pas de main morte : il les passera au feu, il les battra comme les foulons (les lessiveurs ! de l’époque) le linge au fond de leurs baquets.

   Et alors : alors ils redeviendront dignes de leurs saintes fonctions. Les prêtres ont péché, le peuple aussi : la menace éclate maintenant envers lui : les crimes sont passés en revue : la sorcellerie, les adultères, le parjure, l’injustice envers les salariés, les oppresseurs des faibles (veuves et orphelins), la dureté envers les étrangers.

   Et retenons cette première conclusion (les autres seront pour dimanche prochain) : « Car moi, je suis le Seigneur et je ne change pas d’avis - et vous, fils de Jacob, vous n’avez pas été anéantis »

   Quelle leçon d’espérance ! Le prophète avait dit précédemment : « Vous avez fatigué le Seigneur », en fait le Seigneur se révèle infatigable. Sa miséricorde est toujours prête à éclater. N’en abusons pas, bien sûr, mais n’en doutons pas non plus ! Amen

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