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23 janvier 2017 1 23 /01 /janvier /2017 08:08

   A partir du troisième dimanche, la liturgie abandonne la suite chronologique de la vie de Jésus ; désormais elle choisira des miracles et des enseignements de Notre-Seigneur, sans tenir compte de la chronologie. Ces péricopes sont en rapport avec les pensées de l’Épiphanie : le Christ paraît dans son royaume comme Sauveur (3e dimanche), comme Vainqueur (4e dimanche), comme Juge (5e dimanche), comme Maître du champ (6e dimanche). Le sens de ce 3e dimanche est celui-ci : Les Gentils et les pécheurs entrent dans le royaume de Dieu

   Pécheurs et païens. C’est dans ces deux mots que nous renfermerons le contenu principal du troisième dimanche après l’Épiphanie. Pécheurs et païens ? Ce sont justement les deux catégories dont nous avons le moins à nous occuper, diront certains. Les pécheurs se sont séparés de Dieu, ce sont des rebelles qui se sont soulevés contre le divin Roi ; quant aux païens, ils ne savent rien de Dieu et n’appartiennent pas au royaume du Christ. Que viennent donc faire ces deux catégories de gens dans l’aimable temps de Noël ? Si nous lisons la vie de Jésus d’après les évangiles, nous verrons comment Jésus s’est comporté justement à l’égard des pécheurs et des païens. Il est à remarquer que ce sont justement les « pieux et les saints » du judaïsme, les Pharisiens, les Scribes et même les prêtres, qui ont montré de l’hostilité envers le Seigneur. Ce sont eux également qui l’attachèrent à la Croix. N’est-il pas tragique de voir que c’est un païen comme Pilate qui voulut arracher le Christ des mains des Juifs acharnés et qui finalement fut forcé, contre sa volonté, de le condamner à la croix ? Par contre, le Seigneur est reçu avec enthousiasme par les pécheurs et les païens. Nous pourrions citer une série d’exemples. Le brave centurion de Capharnaüm ne s’estime pas digne que le Seigneur « vienne sous son toit ». La Chananéenne païenne crie avec supplication vers le Seigneur pour obtenir la guérison de sa fille. Avec quelle foi, la femme païenne, atteinte d’un flux de sang, touche la robe du Seigneur ! Avec quelle sincérité, le païen guéri, du pays de Gérasa, supplie le Seigneur de lui permettre de le suivre. Enfin les Mages païens vinrent du lointain Orient vers Bethléem pour adorer le Roi des Juifs nouveau-né, alors que le Roi Hérode et le grand conseil ne bougent pas le petit doigt pour répondre au message. Et après l’Ascension du Christ, les Apôtres et particulièrement saint Paul firent la même expérience sans cesse renouvelée. Les Juifs repoussèrent la bonne nouvelle que les païens accueillirent avec enthousiasme.

   Il en fut absolument de même pour les pécheurs, pendant la vie terrestre du Christ. « Il est entré chez un pécheur », « il mange et boit avec les pécheurs », voilà ce que disent avec mépris les Juifs, en parlant du Seigneur. Et lui ne repoussa pas ce reproche : « Ce ne sont pas les biens portants qui ont besoin de médecin, mais les malades. » Le Christ est venu « chercher ce qui était perdu ». Alors qu’il prononçait contre les « pieux » d’Israël un septuple « malheur », il eut de la commisération pour la pauvre femme adultère, pour la pécheresse au banquet, pour la Samaritaine, pour le bon larron sur la croix et leur rendit la joie avec le pardon. « Je ne veux pas te condamner, ne pèche plus. » « Aujourd’hui même, tu seras avec moi en paradis. »

   Son attitude envers les pécheurs, Jésus l’a exprimée : une fois pour toutes dans ses trois paraboles de la miséricorde : la parabole de l’Enfant prodigue, la parabole de la brebis perdue et celle de la drachme perdue. Le Christ ne connaît pas de réserve, pas de conditions humiliantes pour le pardon. Un mot, et tout est pardonné. Au fils prodigue le père a rendu tous ses droits passés : celui-ci voulait, en expiation, devenir esclave ; le père en fait de nouveau un fils de roi. Si le fils retrouvé avait erré çà et là, dans son désespoir, en criant : J’ai péché, je ne suis pas digne d’être l’enfant de mon père, je pense que le père l’aurait chassé de sa maison.

   Quelles conclusions tirer de ces considérations ? Ayons pour les pécheurs et les païens les mêmes sentiments que le Christ. Ne soyons pas des pharisiens qui n’ont que des regards de mépris pour les pauvres gens. Ce n’est pas par des disputes et des contestations que nous arriverons à les amener à nous ; nous n’arriverons à aucun résultat par des actes inamicaux et des condamnations. Nous n’avons pas besoin d’abandonner un iota de nos principes ; mais la fidélité à nos principes est compatible avec une tolérance de la charité. Ne jugeons pas les hommes d’après les doctrines théoriques de leur parti ou de leur confession. Dans la vie réelle, nous sommes beaucoup plus rapprochés et la charité est le chemin qui mènera à leur cœur... Ce n’est pas par l’apologétique, la dogmatique et la casuistique que nous convertirons le monde ; mais, comme le Sauveur, par la charité, la compréhension et la compassion. Nous autres, catholiques, nous sommes toujours portés à nous poser en juges et à condamner, et nous sommes souvent tout près du pharisaïsme. Il y a beaucoup de bon dans l’âme de ceux qui ne pensent pas comme nous, mais nous ne le voyons pas. La résolution pratique de cette semaine devrait donc être celle-ci : Dans nos relations avec ceux qui ne pensent pas comme nous, inspirons-nous de l’esprit du Christ. Et puis pensons aux pauvres païens des pays de mission qui n’ont encore aucune idée du Salut. Amen

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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 07:38

   Dans le premier miracle de Notre Seigneur, aux noces de Cana, l’Église veut mettre en lumière devant le monde son « Épiphanie ». « Il manifesta sa gloire », lit-on à la fin du récit, c’est-à-dire il manifesta sa divinité, par son miracle. Cet Évangile est plein d’édification. Quelle charmante image du Sauveur il nous présente ! Le Christ est ami de la joie, il prend part aux fêtes de famille et les sanctifie ; son premier miracle est fait pendant les noces. Et dans Marie nous voyons la plus noble image de la femme et de la mère, partout secourable, prévoyante, serviable, modeste, ne montrant pas de susceptibilité quand on n’accorde pas ce qu’elle demande ; ce que dit saint Paul dans son beau cantique de la charité s’applique parfaitement à elle : la charité est patiente, bienveillante, ne connaît pas l’aigreur. Marie par son intercession a obtenu le premier miracle. L’Évangile contient encore de profondes pensées mystiques. Nous nous rappelons la merveilleuse antienne de Benedictus le jour de l’Épiphanie : « Aujourd’hui l’Église est unie au céleste Époux... » Dans l’Ancien et le Nouveau Testament, nous rencontrons fréquemment l’image des noces et de l’Épouse. Le Christ est l’Époux et l’Église est l’Épouse. Chaque messe est comme une noce, la table nuptiale y est dressée.

   Quelle est l’intention de l’Église, en nous présentant aujourd’hui le miracle des noces Cana. Le miracle est un événement historique et l’Église cherche certainement à nous édifier par les actions de Notre Seigneur et de la Sainte Vierge. Cependant ce n’est pas là son but principal. L’Église raconte le passé mais elle pense au présent. Elle veut nous dire : ce qui s’est passé, il y a 2000 ans, s’accomplit encore mystiquement en nous et particulièrement, actuellement, à la messe. Le Christ ne se contente pas d’avoir changé, il y a 2000 ans, de l’eau en vin, il veut faire aujourd’hui quelque chose de semblable et d’une réalité plus élevée. Nous pouvons même aller plus loin. Le miracle que Notre Seigneur fit alors, il le fit moins pour le miracle lui-même qu’en considération de l’avenir. Tous les miracles de Jésus, toute sa vie, ne sont qu’une image de son action dans son Église, car le but de toutes ses œuvres terrestres était le salut des hommes. Nous pouvons donc dire que le premier miracle du Christ, à Cana, est un symbole de ce que le Christ accomplit dans son Église, de ce qu’il veut accomplir aujourd’hui, à la messe. Nous comprenons maintenant quelle importance a pour nous la vie du Christ. Nous apprenons par là ce que le Christ veut faire parmi nous. Les circonstances historiques nous apprennent quelle attitude nous devons avoir devant cette action du Christ. Il s’ensuit que nous devons vivre cet épisode évangélique et, pour ainsi dire, jouer notre rôle dans cette scène. Représentons-nous comme étant les hôtes ou même l’époux ou l’épouse. Le Christ et sa Mère sont au milieu de nous. Cela n’est que fiction dira-t-on ; mais il y a une réalité, c’est le don de la grâce, c’est le salut qui nous est accordé aujourd’hui.

   Dans cette messe, il est question des noces de Cana en deux endroits : à l’Évangile et à la Communion. Que signifie cela ? Par l’annonce liturgique de l’Évangile, l’Église ne se contente pas de nous raconter un événement de la vie du Christ, mais elle met symboliquement le Christ et cet événement devant nous. Ainsi donc, dans l’Évangile, l’Église nous représente aujourd’hui le premier miracle. Ce miracle se reproduit d’une manière plus élevée encore dans l’Eucharistie. D’où vient que l’Église fait chanter, pendant le banquet eucharistique, quelques phrases de l’Évangile (et autrefois, quand le chant de la Communion avait toute son étendue, elle les faisait répéter sans cesse, peut-être jusqu’à dix fois) ? Pourquoi cela au moment le plus sacré, quand Notre Seigneur s’unit à notre âme et devient un avec elle ? N’y a-t-il pas là une déviation ? Non, l’Église dit : Voyez, c’est maintenant la vérité, le Seigneur a gardé jusqu’à maintenant le meilleur vin de l’Eucharistie, le miracle se réalise d’une manière plus haute au Saint-Sacrifice et dans la Communion. Et c’est précisément ce que nous avons l’intention d’étudier dans ces entretiens dominicaux de cette année. Amen

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9 janvier 2017 1 09 /01 /janvier /2017 07:59

   Nous voilà de nouveau fêtant la merveilleuse Epiphanie du Seigneur ! Il y a tant à dire là-dessus ! Je vous cite par priorité cette charmante remarque que j’ai trouvée en tête de l’article consacré à l’Epiphanie dans une importante ‘Vie des Saints’ : « Si Dieu me fait la grâce d’aller au ciel, je me réjouis dès aujourd’hui d’être admis dans la société de Saints et des Saintes dont la légende raconte tant de choses merveilleuses ; surtout j’irai à la recherche des trois Mages pour leur dire combien je les aime et les admire » A. Stolz.

   Et je crois que cet amour et cette admiration que je vous souhaite de partager grandit en raison même du fait que nous savons très peu de choses sur les Mages. Mais il en est d’eux un peu comme de tous les mystères de Dieu : moins on en sait et plus on a envie d’en savoir et plus on se fie au Seigneur pour que lui-même nous renseigne.

   Ainsi nous allons remarquer que Dieu se plaît dans l’anonymat par rapport à ceux dont il va faire ses témoins. Déjà les bergers ne nous ont pas dit leurs noms : simplement c’étaient des bergers qui la nuit veillaient à la garde de leurs troupeaux. Voilà par contre une chose importante : ils veillaient, ils gardaient : c’étaient des bergers appliqués, consciencieux, sur qui on pouvait compter.

   Les Mages, eux, venaient d’Orient parce qu’ils avaient vu l’étoile du Roi qui venait de naître. Eux aussi veillaient : c’est la nuit qu’on découvre les étoiles et puis c’était leur rôle d’observer les étoiles puisqu’ils étaient les savants de leur pays et de leur époque et que l’astronomie était la science des sciences. Le grand philosophe grec Platon le fait remarquer quand il parle de l’éducation des enfants de rois de Perses, précisant que l’astronomie a toujours été estimée une science digne des souverains. C’est une des raisons pour laquelle on justifie le titre de ‘Rois’ donné aux Mages, avec en plus, celle-ci, concernant le mutisme de St Matthieu sur la dignité royale des Mages dont il nous parle « que si St Matthieu ne les appelle pas rois, c’est pour nous apprendre que, en présence de Jésus-Christ, personne ne doit s’attribuer le titre auguste et majestueux de roi et que les puissants monarques ne sont que ses humbles vassaux, et ses indignes serviteurs »

   Les bergers avaient laissé leurs troupeaux, non par négligence ou vaine curiosité, mais parce qu’on ne peut résister à un appel de Dieu comme celui qu’ils avaient reçu. D’ailleurs les Anges ne pouvaient-ils pas prendre leur relève durant leur absence ?

   Les Mages, eux, ne lâchèrent pas leur étoile puisqu’aussi bien elle semblait vouloir être du voyage, brillant devant eux pour les entraîner. La science s’est penchée, si l’on peut dire, sur cette étoile pour en saisir la nature, lui donner une place dans l’atmosphère, lui attribuer un nom. Mais on n’a jamais pu rien affirmer de certain. L’étoile elle aussi garde l’anonymat : et elle continuera de surprendre par sa course qu’on pourrait dire intelligente « s’accommodant aux besoins » des saints voyageurs.

   Les Mages ne semblent pas avoir découvert leur identité au roi Hérode : il entrera dans une violente colère en ne les voyant pas réapparaître à son palais, mais il ne les fera pas poursuivre.

   Par contre les Mages se révèlent à qui de droit : devant le petit Roi Jésus, ils « ouvrent » leurs trésors, bien plus ils ouvrent leur cœur car ils commencent par l’adorer, et si leurs présents montrent qu’ils savaient déjà qui était cet enfant, leur geste traduit encore bien mieux la vertu puissante qui agit en eux et qui s’appelle la Foi.

   « Comment, dit St Bernard, est-ce que des personnes si sages se sont tellement aveuglés et ont renoncé jusqu’à ce point au sens commun, que d’adorer, comme Dieu, un enfant dont l’âge et la suite semblaient n’avoir rien que de méprisable et d’infiniment éloigné de la divinité. C’est sans doute le Saint Esprit qui les a aveuglés et qui leur a inspiré cette folie selon le monde pour les rendre sages selon Dieu » (sermon 1)

   En attendant de dire aux Mages, dans le ciel, que nous les aimons et que nous les admirons : disons-leur cela aujourd’hui même et sans doute nous répondront-ils sans paroles superflues en nous montrant simplement Celui devant lequel ils ont courbé leurs fronts pour que nous fassions de même ! Amen

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2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 07:36
   De nouveau, je vais satisfaire à l’heureuse coutume de vous offrir mes meilleurs vœux. L’année qui vient de s’achever a été marquée par de tragiques évènements, et de quelques lueurs d’espoir. Celle qui commence se présente à nous tous avec une énorme part de mystère et d’incertitude. Cet occident dont nous sommes, mais qui est tragiquement marqué par une décadence morale proche de la corruption, cet occident de pays dits libres, est bien mal placé pour donner des leçons aux autres.
   Nous nous sommes suffisamment expliqués l’année passée, du moins je le crois et l’espère, sur l’urgence du rétablissement du Règne de NSJC sur le monde et ses institutions. C’est à cette œuvre qu’il faut penser, c’est à cette œuvre qu’il faut se préparer, c’est pour ce Règne qu’il faut prier, c’est pour ce Règne qu’il faut souffrir. C’est ce Règne de NSJC que la France, 1ère nation chrétienne doit reconnaître et promouvoir, et nous sommes Français pour cela.
   Cette année nous étudierons -c’est du moins mon projet- les rites et les prières de la Messe pour que nous aimions mieux notre Messe, pour que nous comprenions et croyions que c’est par elle, source de vie, source de force, source de tous les biens, que c’est par elle que Notre Seigneur établit son Règne en nous, sur nous.
   Je vous souhaite un ardent désir du Saint Sacrifice de la Messe, je vous souhaite un attachement d’amour au Saint Sacrifice de la Messe.
   Mais comme les vœux de Nouvel An sont multiples et variés, je vous souhaite encore pour vous et ceux que vous aimez tout ce que vous pouvez désirer de meilleur : santé, travail, prospérité, union des esprits et des cœurs.
   Tout cela aussi, Notre Seigneur vous l’accordera au Saint Sacrifice. Rappelez-vous cette remarque que fit Dieu à Caïn quand celui-ci eut tué son frère Abel : « La voix du sang de ton frère crie de la terre jusqu’à moi ». La voix du Sang de Jésus ne s’élèvera-t-elle pas vers Dieu son Père, « plus avantageusement que celui d’Abel » (St Paul Heb. 12/24). Dieu a maudit Caïn, car le sang d’Abel appelait la vengeance. Le sang de Jésus appelle la miséricorde. Il a crié pour nous dans la Circoncision, au jardin des oliviers, dans la flagellation et le couronnement d’épines, dans le crucifiement. Jésus a voulu qu’il continuât inlassablement, indéfiniment de crier pour nous sur l’autel.
   Bonne année, mes bien chers frères, bon courage, fiez-vous au Sang de NSJC « qui crie pour vous d’une voix pénétrante avec toute sa vertu divine et humaine » Amen
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26 décembre 2016 1 26 /12 /décembre /2016 08:09

   Noël ! C’est Noël… Tout autour de nous c’est la fête, avec la joie partagée, la joie de donner et de recevoir, la joie du repas amélioré, la joie de se retrouver …oui, mais qu’en est-il de la joie de l’Eucharistie ?

   Que fêtons-nous vraiment ?

   Nous nous arrêtons volontiers devant la crèche, touchés par le récit des Évangiles ; pourtant, Noël est bien plus que le rappel d’une naissance. Nous fêtons, non pas un souvenir lointain, mais la réalité de l’intervention de Dieu dans l’histoire de l’humanité, une réalité qui continue, la venue de Dieu en personne, chez les hommes. . La Bonne Nouvelle du Verbe fait chair n'est pas seulement d'hier, mais d'aujourd'hui. Le Christ naît chaque jour, il est crucifié chaque jour.

   L’Évangile selon saint Jean dépasse les personnages et les détails de la crèche pour nous présenter Jésus. C’est lui, l’essentiel de cette fête, la grande annonce de Noël, la bonne nouvelle qui vient du ciel. Avec les mots de la Bible, l’Évangile exprime la foi des chrétiens : Jésus est le Fils de Dieu, la Parole de Dieu, Dieu lui-même, créateur de tout l’univers. En lui, Dieu vient parmi nous en se faisant homme comme nous. « Au commencement était le Verbe, la Parole de Dieu, et le Verbe était Dieu, et le Verbe s’est fait homme. »

  Avec Jésus disparaît la distance infranchissable entre le Créateur et la créature. Ce Dieu tout puissant, le Très-Haut inaccessible, si lointain, qui nous abandonne à notre sort, comme parfois nous l’en accusons, le voici qui vient vers nous, pour demeurer avec nous. « Dieu s’est fait homme, en tout semblable aux hommes sauf le péché. »

   En Jésus, Dieu se donne à voir. Il se présente dans la pauvreté, avec la faiblesse et la fragilité d’un nouveau-né. Il choisit le parti des petits. Il ne désespère pas des hommes. Malgré leurs crimes, leurs guerres, leurs méchancetés, les hommes, pour Dieu, sont dignes d’être aimés et sauvés.

   En Jésus, Dieu vient nous parler, se faire connaître et crier sa passion pour les hommes. Tout, en Jésus, sera révélation de cet amour de Dieu, depuis sa naissance jusqu’au grand message de sa passion, de sa mort et de sa résurrection.

   À Noël, Dieu nous donne son Fils ; au Calvaire, le Fils lui-même se livrera, donnant librement sa vie pour preuve de son amour sans limite. C’est bien cet amour de Dieu que chantaient les chœurs célestes, dans la nuit de Bethléem ; belle façon de dire que Dieu rend manifeste ce que le ciel vit et contemple pour l’éternité, alors que notre monde a encore besoin de l’entendre : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté qu’il aime ».

   Dieu se penche sur la terre des hommes et confie son projet sur le monde : Il veut la paix, il promet la paix. Non pas une certaine bonne entente ou une paix fragile mais la paix véritable, le bonheur pour tous les hommes. En gage de son amour et de sa promesse, il donne son Fils, son unique, ce qu’il a de plus précieux.

   Deux mille ans après, nous sommes bien déçus avec les troubles, les guerres, la misère, les situations inhumaines sans nombre, malgré toutes les bonnes volontés qui travaillent au bonheur des autres. La construction du bonheur pour tous, il est vrai, dépasse les possibilités humaines et beaucoup jugent une telle entreprise impossible et illusoire… mais Dieu lui-même s’y est engagé. Et c’est cela que l’on oublie, la part de Dieu.

   L’homme veut agir tout seul et réussir sans Dieu, alors que depuis Jésus, Dieu fait cause commune avec les hommes. Il nous propose, non pas seulement d’être ses partenaires, mais mieux encore, de devenir ses enfants pour lui rendre gloire, lui donner toute sa place et pour nous rendre capables de redonner à chacun sa dignité, sa beauté.

   Dieu a pris le risque d’être refusé, rejeté. Il n’en demeure pas moins présent à notre histoire et à notre vie, comme l’indique ce nom donné à Jésus, « Emmanuel », c’est-à-dire « Dieu avec nous ». Il parle dans le silence des cœurs et dans les événements ; sa présence discrète n’est pas absence. Mais pour le percevoir ou le reconnaître, il nous faut accepter de venir à lui et de lui dire : « Seigneur Jésus, petit Enfant de la Crèche, mais Roi tout-puissant, Fils de Dieu, je crois en vous, régnez sur moi, sur nous, entièrement et éternellement ». Amen

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19 décembre 2016 1 19 /12 /décembre /2016 07:47

Nous touchons la fin de notre préparation à Noël, et nous touchons aussi la fin des oracles du prophète Malachie qui a été notre guide durant cet Avent !

Nous avons entendu son annonce de restauration du sacerdoce et de relèvement de son peuple quand seront arrivés ses deux anges, ses deux messagers : Jean-Baptiste et Jésus. Comme pour préparer la suite et la fin de son intervention Malachie revient encore à travers quelques apostrophes sur les désordres de son peuple introduits dans ses relations avec Dieu : qu’il leur suffise de ses rétracter et la prospérité reviendra « alors toutes les nations vous diront bienheureux, car vous serez un pays de délices » (ou comme le commente St Jérôme : tous désireront habiter dans votre pays). Mais en attendant, on continue de prononcer des paroles impies contre la conduite du Seigneur. Cependant, celui-ci a aussi ses consolations et ses consolateurs. Il fait en quelque sorte l’éloge des justes dont il a écouté avec attention les entretiens qu’ils ont entre eux, il affirme même avoir consigné dans un livre ce que ces pieux Israélites avaient dit et fait pour sa gloire : aussi l’avenir est à eux : « ils seront pour moi, au jour où j’agirai, le peuple que je me réserve et je les épargnerai comme un père épargne son fils qui le sert ». « Et vous verrez alors quelle différence il y a entre celui qui sert Dieu et celui qui ne le sert pas ».

Cette remarque si pleine de justice et qui manifeste un cœur si aimant, est suivie d’une véritable explosion. Quel est-il ce jour où Dieu doit agir ?

Nous sommes au dernier chapitre de l’œuvre de Malachie, chapitre bref mais somptueux de l’éclat du jour annoncé et promis.

« Car voici : il viendra ce jour embrasé comme une fournaise : tous les orgueilleux et ceux qui commettent l’impiété seront de la paille, ce jour les embrasera, il ne leur laissera ni racine ni germe ».

N’est-ce pas là la fin du monde ?

Oui, sans doute, mais comme souvent dans les prophéties qu’on appelle « eschatologiques » (qui concernent la fin du monde) les plans se succèdent et parfois se confondent, ce qui doit arriver bientôt avec ce qui doit arriver plus tard. Ainsi dans l’Evangile Jésus annonce simultanément la ruine de Jérusalem et la fin du monde, la première annonçant la seconde, sans qu’il soit toujours possible et facile de délimiter exactement ce qui est propre à chacun des évènements.

Ici le prophète Malachie semble lui aussi traduire deux temps et deux aspects du Jour du Seigneur, car il annonce le premier avènement du Seigneur quand il dit « le Soleil de justice se lèvera pour vous qui avez craint mon nom et le salut sera sous ses ailes ». C’est du moins ce que pensent certains commentateurs. Puis le Seigneur annonce une autre arrivée : celle d’Elie : « Voici, je vous enverrai Elie le prophète avant que vienne le grand et épouvantable jour du Seigneur ».

Vous avez, je pense, tous entendu parler d’Elie. Il exerça sa mission sous le règne d’Achab, roi d’Israël (874-853 av JC). Il lui fut réservé une faveur toute particulière. Selon les indications de la Bible, il ne mourut pas, enlevé de terre corps et âme en un lieu que nous ignorons. La tradition juive, reprise par la tradition chrétienne veut qu’Elie revienne un jour sur la terre. C’est pourquoi vous entendez (c’était l’évangile de dimanche dernier) des prêtres et des lévites demander à Jean-Baptiste : « Es-tu Elie ? ». Bien sûr, Jean est formel : « Je ne le suis pas ». Cependant, il est à remarquer qu’en annonçant au prêtre Zacharie la naissance future de son fils l’ange Gabriel lui dit : « il précèdera le Seigneur avec la force d’Elie, pour ramener les cœurs des pères vers leurs fils » Or ces paroles sont celles du prophète Malachie - et que notre Seigneur lui-même, interrogé par ses disciples : « que disent les Scribes qu’il faut d’abord qu’Elie revienne » Jésus leur réplique « Je vous déclare qu’Elie est déjà revenu mais qu’ils ne l’ont pas reconnu ». Cela pourrait mettre un terme à la discussion. Non, rassurez-vous, car l’Evangéliste (c’est St Matthieu) conclut : « les disciples comprirent qu’il leur parlait de Jean-Baptiste ».

Donc le retour d’Elie n’est pas à éliminer. Nous le croirons d’autant moins qu’en livrant le message de la Sainte Vierge Marie à Mélanie Calvat, lors de son apparition à La Salette, nous l’avons entendu dire : « L’Eglise sera éclipsée, le monde sera dans la consternation. Mais voilà Enoch et Elie remplis de l’Esprit de Dieu : ils prêcheront avec la force de Dieu et les hommes de bonne volonté croiront en Dieu et beaucoup d’âmes seront consolées ; ils feront de grands progrès par la vertu du Saint-Esprit et condamneront les erreurs diaboliques de l’Antéchrist ». Pourtant quelques secondes après, Notre-Dame annonce : « Enoch et Elie seront mis à mort ». Il paraît donc qu’Elie, avec Enoch, sera le dernier témoin de la miséricorde de Dieu avant ce que la Saint Vierge appelle « le temps de l’abîme » et que Malachie nomme le grand et épouvantable jour du Seigneur.

Ainsi Malachie qui nous a ouvert le temps du premier Avent, du premier Avènement de Notre Seigneur, nous ouvre aussi le temps de son second Avent, de son second Avènement où selon la promesse de notre Maître, il reviendra avec puissance et majesté…alors se lamenteront toutes les tribus de la terre ! » ce dernier avertissement rejoignant la solennelle affirmation du Seigneur proférée par la bouche de Malachie : « Car mon nom est grand parmi les nations ».

« Dites-nous quand ce sera » demandaient Pierre, Jacques, Jean et André à Jésus. Curiosité légitime ou curiosité malsaine ?... Jésus leur répondit simplement : Attention qu’on ne vous égare !

N’en cherchons pas davantage à percer le mystère. Force et vigilance, et le seul souci de magnifier le Nom du Seigneur nous suffisent. Amen

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12 décembre 2016 1 12 /12 /décembre /2016 07:22

   Après les cinglants reproches prononcés par Dieu, par la bouche de son prophète, (Malachie), à l’encontre de ses prêtres indignes et prévaricateurs, d’autres blâmes s’adressent maintenant au peuple de Juda. N’oublions pas qu’après le règne de Salomon, son royaume avait été divisé : royaume de Juda (la Judée), royaume d’Israël (la Samarie). Le royaume de Juda restait le privilégié de Dieu sans pour autant que ses habitants demeurassent fidèles à sa loi. Ils le montrent ici une fois de plus. Qu’y a-t-il donc ? Il y a que les fils de Juda se sont mis à épouser des païennes, autrement dit les fils du vrai Dieu épousant les filles des faux dieux : le Seigneur affirme que c’est une abomination. Dieu avait tenu à ce qu’il n’y ait pas de ces mélanges qui ne pouvait qu’altérer d’abord puis corrompre ensuite les relations de son peuple avec lui.

   Mais ce n’est pas tout : il y a aussi une espèce d’épidémie de divorces parmi son peuple. Les femmes répudiées ont crié vers le Seigneur, ont gémi devant son autel et le Seigneur est bien résolu à ne plus accepter les sacrifices de ceux qui ont agi ainsi : « Je ne recevrai rien de votre main qui puisse m’apaiser ». Cependant les coupables ont encore l’audace de demander pourquoi ? Il est remarquable que la réponse de Dieu corresponde bien à ce que nous chrétiens, nous savons du sacrement du Mariage. La réponse est celle-ci : « Parce que le Seigneur a été témoin entre toi et l’épouse de ta jeunesse que tu as méprisée, bien qu’elle fut ta compagne et l’épouse de ton alliance. »

   Voici donc rappelées deux choses primordiales : la sainteté de l’état du mariage et la pérennité de la fidélité conjugale. Combien cette leçon vaut, elle aussi, pour notre temps dans lequel nous voyons les mœurs païennes atteindre les esprits chrétiens et la légèreté avec laquelle on croit pouvoir rompre les engagements les plus sacrés.

   Ce passage des blâmes du Seigneur tant envers ses prêtres qu’envers les couples désunis va se terminer par une apostrophe du prophète extrêmement énergique et qui devrait engendrer la confusion de tout ce monde - « Vous avez fatigué le Seigneur par vos discours… », mais eux de répliquer aussitôt insolemment « Et en quoi l’avons-nous fait souffrir ? » La réponse sera pour leur rappeler leurs véritables propos blasphématoires : « Vous avez dit : quiconque fait le mal est bon aux yeux du Seigneur et ce sont de tels gens qui lui plaisent ». En effet, ces Juifs ne pouvaient pas encaisser que les promesses de prospérité que Dieu avait adressées aux générations précédentes ne se réalisent pas plus promptement à leur gré. Et dans ce cas-là, c’est le Seigneur qui est fautif, et de s’en aller comparer leur état à celui des païens : il arrive souvent que les impies aient à leur disposition un bonheur immédiat…alors ces mauvais croyants de s’en aller dire que ce sont les pécheurs qui ont raison, ce sont eux qui plaisent à Dieu…oui, ce sont des propos scandaleux, ce sont des blasphèmes. Attention, ils sont plus courants qu’on ne se l’imagine !

   (Et on s’étonnerait, après cela, de voir les séminaires vides… !)

Mais ce n’est pas tout, malheureusement. Le manque d’application au culte de Dieu entraîne la fadeur ou l’insignifiance de l’enseignement. Le prêtre juif avait la responsabilité de l’enseignement de la Loi de son Dieu. Malachie ne manque pas de le lui rappeler : « Les lèvres du prêtre garderont la science, et c’est de sa bouche que l’on demandera la Loi parce qu’il est l’ange du Seigneur ». Remarquez au passage comme ces choses sont bien dites : le prêtre est l’ange du Seigneur : le mot ange, vous le savez, signifie messager. Et si le message n’est pas bien acheminé, s’il n’est pas fidèlement traduit et exposé ? quel grabuge !

   Et c’est ce qui s’est produit : « Vous vous êtes écartés de la voie, vous avez été pour beaucoup une occasion de scandale dans la Loi ». Décidément, il n’y a rien pour racheter ces prêtres prévaricateurs. Leur châtiment c’est eux-mêmes qui se l’appliquent : belle revanche de Dieu : « Je vous ai rendus vils et méprisables pour tous les peuples »

   Nous resterons aujourd’hui sur cette mauvaise image du sacerdoce lévitique (c’est-à-dire descendant de Lévi dont la race devait assurer seule les fonctions sacrées)

   Nous avons dû faire quelques rapprochements avec l’état actuel d’une partie du sacerdoce catholique, non pas pour le plaisir de blâmer ses abandons et ses abus, et nous glorifier de maintenir la dignité du culte et la pureté de la doctrine, mais bien plutôt pour remercier Dieu de permettre par sa grâce qu’il en soit ainsi.

   Le prophète Isaïe nous présente aujourd’hui le rejeton de Jessé, c’est-à-dire notre divin Messie, rempli des dons du Saint-Esprit. Qu’il les fasse revivre en ses prêtres qui ont été spécialement comblés de leur riche variété au cours de leurs successives ordinations, pour sanctifier à leur tour ceux qui ont recours à leur ministère. Qu’il ne soit pas contraint, même s’il les blâme, de les rejeter, mais qu’il leur rappelle que son nom redoutable parmi les nations, comme aime à le répéter Malachie, réclame d’eux qu’il soit honoré par leur dignité et sanctifié par leurs vertus. Amen

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5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 06:19

   Nous avons saisi la dramatique plainte proférée par le Seigneur et transmise à son peuple par le prophète Malachie : les prêtres rendent à Dieu un culte indigne : les victimes sont choisies parmi les bêtes malades, autant fermer le temple, car de toutes façons le Seigneur ne recevra plus ces présents souillés. Et voilà que subitement s’interrompt ce discours menaçant : le regard de Dieu se fixe sur quelque chose d’infiniment consolant pour lui. Le contraste est saisissant entre le dernier avertissement et ce qui le suit : « Je ne recevrai plus de présent de votre main. Car, depuis le lever du soleil jusqu’à son couchant, mon nom est grand parmi les nations, et en tout lieu on sacrifie et l’on offre à mon nom une oblation pure : car mon nom est grand parmi les nations, dit le Seigneur des armées. »

   Toute la Tradition chrétienne est unanime : le prophète entrevoit et annonce de la part de Dieu un sacrifice tout autre que ceux dont il vient d’être parlé. On est sorti des limites étroites du Temple et de Jérusalem : c’est le monde entier qui est évoqué : « Depuis le lever du soleil jusqu’à son couchant, mon nom est grand parmi les nations. »

   Israël n’a plus désormais l’exclusivité du Dieu véritable, car en tout lieu on offre une oblation pure. Ce mot oblation désigne une victime non sanglante : c’est le terme employé pour marquer les offrandes qui ne sont pas celles d’animaux mis à mort, c’est l’oblation accompagnée de l’encens, l’obligatoire encens accompagnement des sacrifices non sanglants. Cette désignation, dit St Robert Bellarmin, c’est le mot liturgique du rituel mosaïque qui convenait le mieux pour marquer le pain et le vin qui servent de matière à la consécration du Corps et du Sang de Notre Seigneur dans l’Eucharistie. Et cette consécration est pure parce que Jésus-Christ est la sainteté même.

   O Saint Prophète Malachie quelle reconnaissance nous vous devons d’avoir annoncé pareille merveille qui se renouvelle sans cesse sous nos yeux !...

   Hélas, en attendant ce temps où grâce à la Messe le nom du Seigneur sera grand parmi toutes les nations, les sacrifices à Jérusalem sont toujours aussi repoussants. Et le prophète reprend ses blâmes, malgré les excuses que voudraient faire valoir les prêtres indignes. Ils ont l’audace de dire « Nous offrons ce que nous pouvons, vu la dure condition du temps présent » et d’ajouter « Quelle fatigue ! »

   Ainsi « le service du temple qu’ils auraient dû regarder comme leur plus grand privilège et comme une joie, leur paraissait ennuyeux et méprisable ».

   A la suite de cette douloureuse constatation ne pourrait-on pas nous tourner vers le présent ? C’est une des plaies de la liturgie actuelle de la voir accomplie par des ministres, des prêtres qui ne lui apportent plus de considération et d’honneur. Il y a heureusement des exceptions. Mais on est légitimement offusqué par le manque de tenue des offices et des officiants, par l’absence de piété et de respect dans les lieux qu’on appelait hier les lieux saints, c’est-à-dire les églises.

   Des extravagances sans nombre (à qui fera le plus ‘choc’, sans vouloir et même pouvoir reconnaître que c’est aussi le plus choquant !) - des irrespects - jusqu’à d’authentiques sacrilèges. On a libéré la liturgie de ses règles précises et strictes, on en est arrivé à la réalité de l’adage qui fut celui de la Révolution « liberté que de crimes on commet en ton nom ».

   Le Seigneur irrité a laissé aller sa réprobation contre les prêtres auxquels s’adresse Malachie : « Si vous ne voulez pas écouter et si vous ne voulez pas appliquer votre cœur à rendre gloire à mon nom, j’enverrai sur vous l’indigence et je maudirai vos bénédictions…je vous jetterai au visage les ordures de vos sacrifies et elles vous emporteront avec elles ». Remarquez que la stérilité est une des preuves de la réprobation divine « j’enverrai sur vous l’indigence » !

   Après tout ce qui vient d’être dit, il y a un bien grand besoin de remettre de l’ordre dans ce monde dont le prophète nous a brossé un si triste tableau.

   De fait, Malachie, qui n’est pas un prophète de malheur, va achever son œuvre par de magnifiques promesses. Vous en connaissez le début - ce texte est lu, chaque année, en la belle fête de la Purification de Marie et de la Présentation de Jésus au temple, la Chandeleur comme nous l’appelons encore, vous en trouvez les lignes au 2 février.
   Comme pour le texte qui nous annonçait le sacrifice qui seul serait l’oblation pure agréable à Dieu, le prophète semble soudain, à la manière de Dieu, plonger son regard dans un futur que personne ne soupçonne. D’emblée le texte annonce : Voici que j’envoie mon Ange et il préparera la voie devant ma face. Il n’y a pas de doute cet Ange, ce messager, c’est St Jean-Baptiste. Nous ne pouvons avoir de meilleur interprète que Jésus lui-même : or NS applique à Jean ce texte du prophète (dans l’évangile de ce jour !)

   Cela annoncé, immédiatement fait suite une autre annonce : aussitôt viendra dans son Temple le Dominateur que vous cherchez, et l’Ange de l’Alliance que vous désirez. Un autre Ange, un autre Messager, mais celui-ci est le Dominateur, donc le Seigneur lui-même : il est à remarquer que l’emploi de ce mot est rarissime dans la Bible (on ne le trouve que 8 fois). Voilà deux anges (Malachie devait se réjouir de ce terme, n’oublions pas que c’est son propre nom) dont les rôles sont bien distincts : l’un (le 1er) n’est que l’annonciateur de l’autre - l’autre sera le Médiateur de la Nouvelle Alliance, c’est l’Ange du Grand Conseil que nous chantons à l’Introït de la Messe du Jour de Noël !

   Et Malachie de préciser, car les blâmes du Seigneur sont à peine éteints sur ses lèvres, que cet Ange, ce messager viendra pour purifier ce sacerdoce gâté qu’il a dénoncé (les fils de Lévi). Et il n’ira pas de main morte : il les passera au feu, il les battra comme les foulons (les lessiveurs ! de l’époque) le linge au fond de leurs baquets.

   Et alors : alors ils redeviendront dignes de leurs saintes fonctions. Les prêtres ont péché, le peuple aussi : la menace éclate maintenant envers lui : les crimes sont passés en revue : la sorcellerie, les adultères, le parjure, l’injustice envers les salariés, les oppresseurs des faibles (veuves et orphelins), la dureté envers les étrangers.

   Et retenons cette première conclusion (les autres seront pour dimanche prochain) : « Car moi, je suis le Seigneur et je ne change pas d’avis - et vous, fils de Jacob, vous n’avez pas été anéantis »

   Quelle leçon d’espérance ! Le prophète avait dit précédemment : « Vous avez fatigué le Seigneur », en fait le Seigneur se révèle infatigable. Sa miséricorde est toujours prête à éclater. N’en abusons pas, bien sûr, mais n’en doutons pas non plus ! Amen

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28 novembre 2016 1 28 /11 /novembre /2016 08:02

   L’Avent est la préparation à Noël, et Noël est une telle fête que nous serons particulièrement heureux de la préparer dans une perspective qui lui convient directement. Je vous propose donc de préparer Noël avec l’un des prophètes. Le temps de l’Avent est le temps des prophètes. J’ai choisi le prophète Malachie : vous verrez pourquoi !

   Je vous présente d’abord ce personnage. Que sait-on de sa personne ? C’est décevant, mais nous ne savons pratiquement rien.

Son Nom ? Il signifie « mon messager » ce qui a permis à certains commentateurs de dire que le livre avait été composé par un ange (le mot ange signifie lui aussi messager), et à d’autres commentateurs de dire que le livre était strictement anonyme et que donc Malachie n’avait jamais existé ! Nous nous contenterons de dire que Dieu a délivré par l’intermédiaire de quelqu’un qui porte providentiellement le nom de messager, un message de haute importance.

   Malachie est au nombre de ceux qu’on appelle les 12 petits prophètes. A savoir qu’ils ne sont petits ni par la taille, ni par une quasi insignifiance de leurs prédictions. Simplement parce que leurs écrits sont très brefs par rapport à ceux qu’on appelle les grands prophètes et qui sont : Isaïe, Jérémie, Ezéchiel et Daniel.

   Malachie est le dernier des prophètes de l’Ancien Testament. Il vécut en la période qui suivit le retour des Juifs de l’ancien royaume de Juda après la captivité de Babylone, soit vers 450 ans avant Jésus-Christ. Les Judéens avaient rebâti le temple, mais ils n’arrivaient pas à relever les murs de la ville sainte. Le manque d’énergie des grands-prêtres, l’incapacité des gouverneurs et leur tyrannie, les imprudentes relations avec les populations abâtardies du voisinage donnent l’impression d’un peuple en décadence. C’est dans ces circonstances que paraît le prophète Malachie : ses reproches et ses exhortations donnent bien le reflet de la situation dans laquelle se trouve son peuple.

   Il ne faut donc pas s’étonner que le texte du prophète soit en grande partie constitué de reproches, de blâmes : le Seigneur dont il est le porte-parole a de sérieuses raisons de se plaindre. Cependant, et c’est facile à comprendre, puisque Malachie sera le dernier des prophètes, Dieu annonce une purification, une restauration car le temps du Messie est proche. Nous serons heureux de l’entendre dire en ce temps de l’Avent où nous aimons chanter : Venez divin Messie.

   Plongeons-nous maintenant, dans le texte du prophète. Il est introduit par ces mots singuliers « Fardeau de la parole du Seigneur adressée à Israël par l’intermédiaire de Malachie ». Qu’est-ce donc que ce fardeau de la parole du Seigneur ? L’expression se retrouve en d’autres prophètes et, à tout coup, elle désigne une prophétie menaçante. C’est un lourd fardeau pour un prophète que de faire des reproches, d’annoncer des malheurs, des châtiments. Notre Seigneur dans l’Evangile fera allusion au sort malheureux que leurs contemporains auront fait subir à ses prophètes !

   Pour donner consistance aux reproches qu’il va faire, Dieu rappellera d’abord l’amour qu’il a eu pour les siens. Ecoutez cette simple parole : « Je vous ai aimés, dit le Seigneur », qui va trouver comme écho une interrogation insolente : Vous avez dit « En quoi nous avez-vous aimés ». Et sans rancune, le Seigneur va s’expliquer. Il reprendra en exemple le choix qu’il avait fait entre les 2 fils d’Isaac : Esaü et Jacob. Ils étaient jumeaux, Esaü avait pour lui le droit d’aînesse, il semblait donc que tous deux devaient jouir des mêmes privilèges, avoir part d’une façon identique aux promesses divines, et même Esaü en sa qualité d’aîné aurait pu avoir quelque préférence. Et pourtant les deux frères d’abord, puis les peuples issus d’eux furent traités d’une façon bien différente. Dieu ne donne pas les raisons de son choix, il se contente d’en rappeler la réalité. Or il a affaire avec les descendants de Jacob, ils devraient donc se rappeler la prédilection du Seigneur à leur égard. Or, hélas, il n’en est pas question. Et les reproches du Seigneur de tomber sur les prêtres d’abord, sur le peuple ensuite.

   Ne soyons pas surpris que les reproches commencent par les prêtres. Leur rôle, leurs fonctions, le rang qu’ils occupent, leur plus grande intimité avec Dieu leur imposent des devoirs et leur donnent une responsabilité particulière dans la déchéance présente.

   Rappelez-vous, beaucoup plus près de bous, le message de la Sainte Vierge Marie à La Salette. C’est d’abord les prêtres auxquels elle s’adresse et qu’elle fustige rudement…

    Chez les contemporains de Malachie, les fautes des prêtres envahissent le double domaine qui leur est propre : -celui des fonctions liturgiques ; -celui de l’enseignement de la Loi.

   Le Seigneur se plaint d’abord de la qualité des victimes qui sont offertes sur son autel. C’est le rebut des animaux du pays : bête aveugle, bête boiteuse : « offre-la donc à votre gouverneur et vous verrez si elle lui plaît, et si, après cela, il vous recevra favorablement. »

   Mais au milieu de ce triste spectacle qui offense ses yeux, voilà que le regard du Seigneur plonge dans une vision qui lui fait déclarer une satisfaction sans limite. Dieu s’interrompt dans ses reproches et par la bouche de son Prophète, il annonce le Sacrifice qui lui plaira à jamais. Voici ce passage qui a rendu célèbre le prophète Malachie : « Depuis le lever du soleil jusqu’à son couchant, mon nom est grand parmi les nations et en tout lieu on sacrifie et l’on offre à mon nom une oblation pure, car mon nom est grand parmi les nations, dit le Seigneur des armées. »

   En deux mots, je vous dirai que ce texte touche le sacrifice de Jésus, son sacrifice eucharistique, celui qui sera le signe de la Nouvelle Alliance qui ne connaîtra aucune limitation dans l’espace. Je me réserve de revenir sur ce sujet dimanche prochain.

   N’a-t-on pas raison de prendre Malachie pour guide, pour parvenir à une plus haute estime de ce sacrifice qui devrait faire la joie, au moins hebdomadaire, de tous les fidèles chrétiens ? Que ce saint prophète nous en donne dès maintenant un goût accru et une reconnaissance plus empressée. Amen

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22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 10:07

   Chaque fin d’année liturgique nous redonne ce récit de la fin du monde que nous venons d’entendre à l’évangile. Jésus s’y attarde longuement et en des termes impressionnants, je serais tenté de dire, accablants. Bien entendu, on ne cherche pas à l’heure présente à s’attarder beaucoup sur ce récit ! Il faut le déplorer, car il est la relation de la suprême espérance de l’Eglise et de ses enfants. Nous allons donc en faire notre profit pendant quelques minutes.

   Si l’on devait faire une analyse détaillée de ce long texte, il faudrait d’abord y remarquer qu’il a deux parties distinctes : la première établit les évènements qui correspondent à la ruine de Jérusalem laquelle devait avoir lieu dans un temps assez rapproché (année 70 de l’ère chrétienne) ; la deuxième partie s’applique à la fin du monde. Combien il serait intéressant de pénétrer autant qu’il est possible dans tous ces détails donnés par notre Maître lui-même. Il y faudrait beaucoup de temps. Contentons-nous de quelques indications d’importance (mais, il est vrai, toutes les indications ont de l’importance !)

   Jésus dit : « Le signe du Fils de l’homme apparaîtra dans le Ciel » Quand on suit le récit on a bien l’impression que ce sera le dernier signe précédant le retour de Jésus. Certains commentateurs se contentent de voir dans ce signe une ‘métaphore apocalyptique’…il faut dire que ces commentateurs ne voient que cela à travers les termes employés par Jésus : autrement dit Notre Seigneur n’aurait employé que des mots voulant signifier autre chose que le sens qu’on leur donne habituellement. Pourquoi cette interprétation ? Parce que, je pense, elle permet de ne pas trop s’interroger, de ne pas trop être surpris par la force du langage employé par Jésus. C’est une tendance bien en rapport avec l’esprit de notre temps qui craint de trouver dans le merveilleux du langage sacré un refus de crédibilité de la part de ceux qui en ont une certaine honte !

   Cette attitude d’esprit ne semble pas avoir été celle des premiers commentateurs des Saintes Ecritures. Eux s’en tiennent bien plus volontiers aux mots eux-mêmes, à leur force, à leur précision, à leur netteté (en un mot). Ainsi le ‘signe du Fils de l’homme’ est reconnu immédiatement comme étant la Croix. La Croix signe de Jésus : en est-il de plus clair, de plus normal ? C’est ce signe que nous avons reçu lors de notre baptême pour nous marquer, nous distinguer. C’est de ce signe que nous nous sommes revêtus une infinité de fois. La Croix est notre honneur. Qu’elle vienne dans le ciel, signe précurseur de Notre Seigneur pour la gloire des chrétiens et la confusion des infidèles ou des renégats.

   Alors, ajoute Jésus : « toutes les tribus de la terre se lamenteront » Qu’est-ce qui causera cette immense plainte ? Il est facile de l’imaginer ! Ce sera la plus lugubre des lamentations, car enfin la justice triomphera. Depuis son passage sur la terre, Jésus fut en butte au mépris d’un grand nombre, il a reçu de perpétuels outrages, on l’a rejeté « nous ne voulons pas qu’il règne sur nous ». Or voilà que toutes les tribus de la terre le verront « venant sur les nuées du ciel avec une grande puissance et une grand majesté »

   Spectacle convainquant dont les conclusions rejailliront aussi sur les fidèles de Jésus. Combien ceux-ci ont-ils pu aussi être malmenés, moqués, anéantis par l’orgueil triomphant des impies.

   Le psaume 70 nous fait chanter : « Mes ennemis ont parlé contre moi…attachez-vous à le poursuivre et à le perdre, car il n’y a personne pour le délivrer…Ô mon Dieu que ceux qui répandent des calomnies contre moi soient confondus. Je m’enfermerai dans la considération de la puissance du Seigneur, je me souviendrai seulement de votre justice »

   Un garçon du catéchisme disait un jour à son curé : on se moque de moi à l’école parce que je suis chrétien. Que répondre ? La chose la plus constatable : vois-tu cela fait plus de deux mille ans que çà dure ! mais aussi la chose la plus réconfortante : « bienheureux serez-vous quand on dira toute sorte de mal contre vous à cause de moi »

   Ce rendez-vous annuel avec les promesses de Jésus concernant son retour doivent donc être pour nous une source de joie.

   Un grand écrivain chrétien qui ne peut malheureusement être considéré comme ceux qu’on appelle les ‘Pères’ de l’Eglise, en raison de certaines erreurs, il s’appelle Origène, fait à propos de ce retour en gloire de Jésus, une remarque très pertinente. Il dit ceci : « Afin que le Fils de Dieu montant à Jérusalem le jour des Rameaux ne foule pas la terre, ceux qui l’aimaient étendirent leurs vêtements sur le chemin : pourquoi s’étonner que son Père, Dieu de toutes choses, ne tendent les nuées sous le corps de son Fils descendant pour accomplir l’œuvre de la consommation du monde. Il convient que le Père donne à son Fils qui s’est humilié des prévenances aussi dignes d’admiration. »

   De notre côté ne soyons pas en reste. Préparons, nous aussi, ce chemin de gloire, par lequel Notre Seigneur reviendra à nous et sur lequel nous le rejoindrons, préparons-le par notre persévérance à attendre dans l’amour cet heureux avènement. Amen

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