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26 septembre 2016 1 26 /09 /septembre /2016 06:48

« Être un petit enfant devant Dieu »

Sainte Thérèse est morte le 30 septembre 1897, à l’âge de 24 ans. Nous célébrons le dernier dimanche de septembre la solennité de celle que Pie XI a donné comme patronne secondaire à la France. La « petite Thérèse de l’Enfant Jésus » est certainement une des saintes les plus populaires. Elle est née, vous le savez, à Alençon, de parents honorables, puisque tous deux sont sur les autels désormais! A neuf ans, elle fut confiée aux Bénédictines de Lisieux pour son éducation. A dix ans, elle fut guérie miraculeusement d’une grave maladie. A 15 ans, elle reçut du pape Léon XIII en personne la permission d’entrer au Carmel de Lisieux. « Thérèse avait lu dans la Sainte Écriture cette célèbre exhortation : Si quelqu’un est vraiment petit, alors qu’il vienne à moi ! » (Prov. IX, 4 :). Aussi, pour plaire davantage au Très-Haut, voulut-elle être un petit enfant en esprit et s’abandonner pour toujours avec une confiance d’enfant à Dieu comme au plus aimant des pères. Elle en dirigea également d’autres dans cette petite voie de l’enfance spirituelle selon l’enseignement de l’Évangile, notamment les novices dont elle était devenue, par obéissance, la maîtresse pour les former à la pratique fervente des vertus de l’Ordre du Carmel. Ainsi Thérèse, animée du véritable zèle apostolique, annonça au monde, consumé d’orgueil et épris de vaine frivolité, la voie de la simplicité évangélique... En outre, elle souffrit extrêmement de constater que l’amour de Dieu était partout dédaigné ; c’est pourquoi, deux ans avant sa mort, elle s’offrit comme victime à l’amour du Dieu de miséricorde. Peu après, Thérèse fut pénétrée, comme elle le rapporta elle-même, de la flamme du feu céleste et elle mourut en prononçant dans son dernier soupir, au milieu d’une extase, avec l’ardeur du saint amour, ces paroles : « Mon Dieu, je vous aime. » Elle s’envola vers son céleste Époux le 30 septembre 1897, à l’âge de 24 ans. En mourant, Thérèse avait promis qu’elle ferait descendre sur la terre une pluie ininterrompue de roses (de grâces célestes). Elle réalisa cette promesse après son entrée au ciel par un nombre incalculable de miracles et elle la réalise encore de nos jours » (Bréviaire).

La messe est composée entièrement d’un texte propre qui exprime fort bien les aspects caractéristiques de la vie de notre petite sainte. A l’Introït, nous entendons l’invitation du Seigneur à son épouse : « O, viens du Liban, mon épouse. Tu as blessé mon cœur. » Le verset invite les enfants à louer Dieu : « Enfants de Dieu, louez le Seigneur. » L’Oraison demande l’esprit d’enfance de la petite Thérèse « en union d’humilité et de simplicité de cœur avec elle ». La lecture d’Isaïe déborde d’enthousiasme : « Comme un torrent, je lui apporte la paix ; comme un fleuve gonflé de hautes eaux, la gloire éclatante des peuples. Oui, vous serez désaltérés ; je vous porterai dans mon cœur et je vous caresserai sur mes genoux... » L’Évangile montre de nouveau l’esprit d’enfance : « Alors Jésus appela un enfant, le plaça il au milieu et dit : « Si vous ne devenez pas semblables à des enfants, vous ne pourrez entrer dans le royaume des cieux. » A l’Offertoire, nous entendons notre sainte chanter le Magnificat : « Car il a abaissé les yeux sur son humble servante. » La Communion, elle aussi, est très joyeuse : « Il l’a dirigée, il l’a instruite et il l’a protégée comme la prunelle de son œil. Comme un aigle il étend ses ailes et il l’a portée sur ses ailes. » Il y a dans cette messe une chaleur et une solennité extraordinaires.

Ô sainte Thérèse, selon votre promesse, favorisez ceux qui vous prient d’une pluie de roses. Que pour nous les roses soient la lumière rayonnante de la foi céleste, l’espérance, soutien dans les difficultés, et la vertu vivifiante de la divine charité. Que pour nous les roses soient votre candeur d’enfant se confiant à Dieu dans les douceurs ou dans les amertumes que sa Providence nous réserve. Amen

 

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19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 06:40

Le dernier avènement du Fils de Dieu n’est plus éloigné. L’approche du dénouement qui doit donner la pleine possession de l’Époux à l’Église redouble ses espérances ; mais le jugement final, qui doit consommer en même temps la réprobation d’un grand nombre de ses fils, joint chez elle la crainte au désir, et ces deux sentiments vont se faire jour plus souvent désormais dans la sainte Liturgie.

Si le péril doit être grand dans ces derniers jours où les vertus des cieux seront ébranlées, le Seigneur, ainsi que le dit l’Épître, a pris soin de confirmer en nous son témoignage, d’affermir notre foi par les multiples manifestations de sa puissance. Et comme pour vérifier cette autre parole de la même Épître, qu’il confirmera de la sorte jusqu’à la fin ceux qui croient en lui, ses prodiges redoublent en nos temps précurseurs de la fin. Partout le miracle s’affirme à la face du monde ; les mille voix de la publicité moderne en portent les échos jusqu’aux extrémités de la terre. Au nom de Jésus, au nom de ses Saints, au nom surtout de sa Mère immaculée qui prépare le dernier triomphe de l’Église, les aveugles voient, les boiteux marchent, les sourds entendent, les maux du corps et de l’âme perdent soudain leur empire.

L’impie a beau dire en son cœur : Il n’y a point de Dieu! S’il n’entend pas le témoignage divin, c’est que la corruption ou l’orgueil prévaut chez lui sur l’intelligence, comme autrefois sur l’intelligence des ennemis de Jésus durant les jours de sa vie mortelle. Pareil est-il à l’aspic du Psaume, qui se rend sourd ; il se bouche les oreilles, pour ne point ouïr la voix de l’enchanteur divin qui veut nous sauver. Sa conduite n’est que rage et folie ; il aura bien mérité la vengeance.

Ne l’imitons point ; mais, avec l’Apôtre, remercions Dieu pour la profusion miséricordieuse dont il fait preuve envers nous. Jamais ses dons gratuits ne furent plus nécessaires qu’en nos temps misérables. Chez nous, l’Évangile a bien été promulgué; mais, hélas, les efforts de l’enfer sont devenus tels contre lui, qu’il ne faut rien moins, pour le soutenir, qu’un déploiement de la vertu d’en haut pareil, en quelque chose, à celui dont l’histoire des origines de l’Église nous retrace le tableau. Demandons au Seigneur des hommes puissants en paroles et en œuvres. Obtenons que l’imposition des mains produise plus que jamais, dans les élus du sacerdoce, son plein résultat ; qu’elle les fasse riches en toutes choses, et spécialement dans la parole et dans la science. Que nos jours, où tout s’éteint, voient du moins la lumière du salut briller vive et pure par les soins des guides du troupeau du Christ. Puissent les compromis et les lâchetés de générations où tout s’étiole et s’amoindrit, ne jamais amener ces nouveaux christs à décroître eux-mêmes, ni à laisser tronquer en leurs mains la mesure de l’homme parfait qui leur fut confiée pour l’appliquer, jusqu’à la fin, à tout chrétien soucieux d’observer l’Évangile ! Puisse leur voix, en dépit des vaines menaces, et dominant toujours le tumulte des passions déchaînées, retentir partout aussi ferme et vibrante qu’il convient à l’écho du Verbe de Dieu!

Cette semaine étant celle des Quatre-temps d’automne, se terminait jadis traditionnellement le samedi par la grande cérémonie des ordinations ! C’est pour cela que je vous invite à prier pour les prêtres et les futurs prêtres. Que Notre-Dame de la Salette dont c’est la fête demain exauce vos prières. Amen

 

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11 septembre 2016 7 11 /09 /septembre /2016 14:23

La lecture évangélique de saint Matthieu (22, 34-46) traite du précepte suprême de la Loi, que Jésus place dans l’amour de Dieu et du prochain. Il faut remarquer que le Sauveur avait été interrogé relativement au précepte principal du code judaïque. S’il désigne ici Dieu et le prochain comme les deux termes de l’amour, en réalité pourtant l’amour est unique, puisqu’on doit aimer le prochain d’une charité surnaturelle, pour l’amour de Dieu, en tant qu’il est quelque chose de Dieu et qu’il lui appartient. La soi-disant philanthropie qui veut déchristianiser la charité chrétienne, ne s’élève aucunement à cet ordre surnaturel. Elle est, en outre, une vaine tentative, parce que, faisant abstraction de Dieu, fin dernière de la charité chrétienne, elle ne propose pas à l’homme de motif d’aimer son semblable jusqu’au sacrifice et, par conséquent, plus que soi-même. Non seulement elle n’en donne pas de motif, mais la charité laïque elle-même n’a pas les énergies suffisantes pour atteindre le but qu’elle se propose. De fait, la nature humaine est généralement égoïste ; en outre, parmi nos semblables, il en est beaucoup qui, par leurs qualités physiques ou morales ne se recommandent point à notre amour. Comment faire pour nourrir dans notre cœur une si grande affection pour ce peu recommandable prochain ? Ici le laïcisme ne peut donner aucune réponse ; bien plus, il est, pratiquement, en complète faillite. Nous le voyons tous les jours avec tous ses comités de bienfaisance, qui recueillent parfois des sommes considérables pour les pauvres, sans qu’on puisse jamais savoir où va en réalité tout cet argent.

Combien différent est au contraire le spectacle qu’offre au monde l’Église catholique, le Pontificat Romain, ce Siège que d’un mot très heureux Ignace le Théophore appela jadis le Président de la Charité. Il n’est pas de douleur humaine, physique ou morale, à laquelle l’Église catholique, au moyen de ses membres de choix, des corporations religieuses surtout, n’apporte un soulagement, qu’elle n’adoucisse, qu’elle ne dissipe le mieux possible. Il y a des ordres réguliers qui, par un vœu spécial, s’engagent à se constituer prisonniers pour délivrer les esclaves, à servir les lépreux des Indes, les pestiférés, tous les rebuts de la société humaine. De telles œuvres accomplies sans cesse, et sur une vaste échelle, par des milliers et des milliers de personnes de toute condition et de tout sexe, dépassent évidemment les forces humaines et, il faut en convenir, démontrent que la source de cette charité catholique est vraiment divine. Voilà de quelle manière l’Église accomplit, avec une sainteté héroïque, jusqu’au sacrifice, le double précepte de la dilection envers Dieu et le prochain. Envers Dieu elle s’affirme surtout par la divine liturgie ; envers le prochain par les œuvres que nous venons de signaler.

Ne laissons donc pas la philanthropie contemporaine déchristianiser la charité. Mais n’essayons pas non plus sous prétexte de charité chrétienne de tomber dans la philanthropie laïque. Et lorsque notre générosité est sollicitée, ne nous laissons pas aveugler. Amen.

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16 août 2016 2 16 /08 /août /2016 06:54

Que la Vierge de lumière, élevée dans la gloire du ciel, auprès de son Fils Jésus, nous comble des bénédictions maternelles qu'elle reçoit de son Seigneur. Qu'elle nous soutienne, au long des jours, par sa prière maternelle, pour nous faire vivre en enfants de lumière. Qu'elle porte à Jésus, avec nos louanges et nos actions de grâce, toutes nos demandes.

Quelle joie de fêter la plus belle des mamans, celle qui a été conçue sans péché, celle qui est sans tache, pleine de grâce et bénie entre toutes les femmes ! Celle qui est la Reine de notre Patrie. Aujourd'hui, par la puissance de son Fils Jésus ressuscité d'entre les morts, elle est couronnée Reine du ciel, Reine de tous les Saints. En elle, c'est notre humanité qui est glorifiée, avec l'assurance que nous sommes, nous-mêmes, destinés à partager, un jour, la gloire de Dieu au ciel, si du moins nous nous efforçons de vivre dans la lumière du Christ.

La lumière ! C'est le symbole qui me frappe plus particulièrement en cette fête de l'Assomption.

Appelée par Dieu à devenir la Mère du Messie et du Sauveur du monde, la Vierge Marie a cheminé dans la lumière de la foi, comme une croyante pleine de confiance en son Dieu. Le Concile Vatican II déclare : « La bienheureuse Vierge avança dans son pèlerinage de foi, gardant fidèlement l'union avec son Fils jusqu'à la croix » (cf. LG, n°58). Or, comme l'écrit St Paul dans la lettre aux Hébreux, « La foi est une manière de posséder déjà ce qu'on espère, un moyen de connaître les réalités qu'on ne voit pas » (11,1).

C'est dans une foi persévérante, engagée et docile, que Marie a cheminé sur notre terre, attentive à la Parole de Dieu, pour réaliser, chaque jour, la volonté du Seigneur, jusqu'au bout. Son Assomption par-delà la mort, arrive comme le couronnement d'une vie toute donnée à Dieu. Il est vraiment bon de pouvoir nous référer à cette Vierge de lumière : au cœur de notre vie chrétienne, elle brille comme « un signe d'espérance assurée et de consolation devant le peuple de Dieu en pèlerinage » (LG, n°68), comme une étoile radieuse dans l'Eglise et dans l'histoire des hommes.

L'Apocalypse de saint Jean, évoque un signe grandiose dans le ciel : une Femme, ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles.
Cette femme symbolise l'Israël de la promesse et représente le peuple de Dieu qui a donné naissance au Messie. Dans le Nouveau Testament, cette femme représente l'Eglise. Et cette Eglise est elle-même confrontée à des souffrances et à des persécutions.

L'Eglise, avec l'assistance de son Seigneur, triomphera des embûches qui se dressent sur son chemin.

Et la Vierge Marie est précisément le signe de cette assurance. Cette « Femme » brille d'une lumière qui ne vient pas d'elle. Elle la reçoit comme une grâce de Dieu qui est lumière (cf. 1Jn 1,5). Le manteau de soleil qui l'enveloppe symbolise la lumière divine. La lune à ses pieds symbolise la beauté (cf. Ct 6,10) ; quant à la couronne des Douze étoiles, elle rappelle les Douze Apôtres du Christ ainsi que les Douze tribus d'Israël. Autant d'ornements, pour magnifier la majesté de l'Eglise représentée par cette Femme.

L'apôtre Paul, nous rappelle une vérité fondamentale de notre
foi : c'est en Adam que meurent tous les hommes ; c'est dans le Christ que tous revivront. C'est dans le Christ, en effet, le premier ressuscité parmi les morts, que nous trouvons l'assurance
de notre résurrection future.

Quant à Marie, la nouvelle Eve qui n'a pas connu la mort spirituelle du péché, Jésus l'a déjà glorifiée en l'élevant au ciel. Aussi pouvons-nous l'invoquer en toute confiance, pour que la lumière du Christ soit victorieuse de nos ténèbres : « Vierge de lumière, marchez auprès de nous ; soyez notre espoir et notre joie : donnez-nous le Sauveur ». Amen

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16 août 2016 2 16 /08 /août /2016 06:52

Saint Robert de Turlande, fondateur de la célèbre abbaye qui a donné son nom à ces lieux, La Chaise-Dieu, a pu cette semaine, je l’espère, nous communiquer un peu de cet amour constant et tendre qu’il vouait à la très Sainte Vierge : nous avions besoin de ce guide pour préparer la grande fête de demain !

Nous l’avons vu de loin, massive, cette abbaye, faite pour résister à un rude climat. Nous en avons parlé, c’est un des anciens moines devenu Pape sous le nom de Clément VI qui entreprend de construire cet édifice dès son accession au siège de Saint Pierre. Il est français, né en Limousin, il a passé là les années de sa jeunesse. Il a un culte filial envers St Robert. Il prend tous les travaux à sa charge. L’église a de vastes proportions, son style est majestueux mais à peine entrés, nous sommes saisis par sa sévérité (on est dans le granit) et sa sobriété (on est chez des moines). D’ailleurs les trois nefs de même hauteur dont un jubé coupe la perspective vous donnent l’impression première d’un vaisseau exagérément large et bas. Mais cette impression fait vite place à l’admiration car sous ces immenses voûtes nous allons trouver une quantité d’œuvres magnifiques.

Au-dessus de l’entrée un buffet d’orgues du 17ème siècle soutenu par 4 colossales cariatides. Sur le jubé, construction qui ferme le chœur des religieux s’élève un immense Christ en croix. Avant de pénétrer dans le chœur si bien fermé et enclos, on voit dans le bas-côté gauche un tombeau d’une reine d’Angleterre Edith, qui fut l’épouse du dernier roi saxon de ce pays, Saint Edouard le Confesseur. Elle vint finir ses jours à La Chaise-Dieu. Ce tombeau nous prépare à contempler la fameuse « danse macabre » peinte sur le mur de clôture du chœur. 23 personnages sont entraînés chacun par un squelette figure de la Mort dans des attitudes des plus variées : il y là toutes les conditions et toutes les classes de la société : le Pape, les cardinaux, les Rois et les Princes, les bourgeois, les artisans, les femmes, les enfants ; tout ce monde semble irrésistiblement entraîné dans une espèce de farandole qui s’étire sur 26m de long et 2m de hauteur. Nulle part on a traité ce sujet avec autant de fougue et de réalisme. Les auteurs spirituels recommandent la méditation de la mort pour donner plus de rigueur à la vie morale chrétienne : il y a là de quoi satisfaire cette sainte préoccupation !

Une porte franchie, on pénètre dans le chœur des moines, absolument invisible derrière le fameux jubé. Ce chœur est garni de 156 stalles en chêne, disposées sur deux rangs. Leurs sculptures sont d’une telle diversité qu’il faudrait bien occuper ¾ d’heure à les détailler surtout si de plus, on veut ensuite s’arrêter à examiner par le détail les admirables tapisseries au-dessus de ces stalles. Elles sont là depuis le tout début du 16ème siècle, venant des Flandres. 84 scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament y sont représentées avec cette particularité que chaque épisode du Nouveau Testament est entouré de 2 scènes de l’Ancien qui le laisse prévoir. Ces merveilles forment en quelque sorte l’écrin du tombeau de Clément VI, qui s’élève au milieu du chœur. Il ne reste plus malheureusement que la statue tombale qui repose sur une dalle de marbre noir. Primitivement, ce tombeau exécuté du vivant du pape, était surmonté d’un édicule, aussi de marbre, entouré de 44 statues. Les huguenots qui firent irruption dans la cité le 2 août 1562, portèrent leur rage spécialement sur l’église. Ils profanèrent la Sainte Eucharistie, démolirent le maître-autel qui était une œuvre splendide, ouvrirent la châsse de St Robert et là, au milieu du sanctuaire, brûlèrent ce qui restait de son corps ; le pape Clément VI fut aussi arraché de son tombeau, et, comble d’horreur, ces impies burent dans son crâne ! Je ne dirai pas que la Saint Barthélémy fut un juste retour des choses…mais tout de même !...

En tous cas, il y eut sur place, une action manifeste de la justice divine. Le soldat qui avait le premier violé la châsse de St Robert fut subitement atteint d’une rage insensée. Ses compagnons cherchèrent à l’entraîner hors du lieu de son forfait. Ils ne purent y parvenir. Quelques jours plus tard, la ville fut délivrée, les moines sortirent de la tour clémentine où ils s’étaient barricadés. Rentrant dans leur église, ils trouvèrent le profanateur qui frappait de son front les débris de l’autel en proférant d’horribles blasphèmes. Ils l’enfermèrent et il mourut peu après dans d’épouvantables convulsions.

Hélas, j’ai été plus rapide que le guide Michelin ! Nous ressortirons par le cloître du gothique flamboyant : il n’en reste que deux galeries : c’est bien dommage car il a lui aussi une robuste élégance et nous débouchons sur une grande place où subsistent des bâtiments conventuels affectés à des services publics ou à des particuliers. Dans l’un d’eux, on vous fait entrer dans la curieuse salle de l’Echo. Cette vaste salle de plan carré et sa voûte arrondie comme une coupole, permet un curieux phénomène acoustique. Deux personnes placées dans les angles, en diagonale, tournées vers la muraille peuvent parler à voix basse. Dans les deux autres angles même phénomène et sans qu’il y ait brouillage de voix entre ces 4 personnes. On dit que cela pouvait servir à la confession des lépreux.

Là s’arrête notre itinéraire de cette année. Notre mois de vacances dans cette région de l’Auvergne chrétienne qui nous a menés de Thiers à La Chaise-Dieu aura eu son intérêt. Si vous devez faire quelque voyage cherchez vous aussi à vous instruire de ce passé si glorieux et si varié de notre France donnée à Jésus et à sa Mère, dans laquelle tant de saints ont laissé des empreintes que nous découvrons avec ravissement et qui peuvent puissamment nous stimuler à notre tour dans le service du Seigneur qui nous réclame dans des chemins différents mais toujours, pour tous, avec la même foi et le même amour. Bonne route à tous sur le chemin du ciel où nous précède Sainte Marie ! Amen

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8 août 2016 1 08 /08 /août /2016 06:36

La promenade estivale à laquelle je vous ai conviés cette année nous a conduits sur le plateau de La Chaise-Dieu. Mais aujourd’hui, nous allons d’abord nous mettre à l’écoute de la vie exemplaire de son fondateur, Robert de Turlande.

Son père s’appelait Géraud, sa mère Rhingarde, fille du comte de Rodez. Elle aimait visiter les sanctuaires qui couvraient le sol de l’Auvergne, et un jour qu’elle revenait d’un de ses pieux pèlerinages, elle fut prise des douleurs de l’enfantement au milieu d’une forêt. Robert naquit sous les frondaisons qui deviendraient plus tard son gîte privilégié. On était aux environs de l’an mil. Quand il fut en âge, on le confia aux chanoines de St Julien de Brioude pour l’instruire. Il devait rester parmi eux jusqu’au jour où il décida de mener une vie encore plus stricte et s’en fut vers l’abbaye de Cluny. Mais le peuple de Brioude qui le vénérait courut après lui et on le ramena au pays.Il tomba malade et dès que guéri, il résolut d’aller consulter le pape Benoît IX qui l’encouragea dans ses projets. Il fit un détour par le Mont Cassin pour étudier la règle de Saint Benoît. De retour à Brioude, il reçut la visite d’un soldat, Etienne, décidé à changer de vie. Robert le chargea de trouver la solitude dont lui-même rêvait. S’en allant vers Le Puy pour prier Notre-Dame, Etienne s’égara et découvrit ce plateau froid, désolé, battu par les vents dont nous avons parlé. Etienne fut saisi, et revenant du Puy, avisa Robert. Cependant, il ne revenait pas seul, ayant rencontré un de ses anciens compagnons d’armes, un certain Dalmace qui, à son dire, ne savait guère faire autre chose que batailler et nullement chanter les oraisons : il s’engageait à devenir le serviteur de la communauté. Nous avons signalé, dimanche dernier, l’extraordinaire développement de l’œuvre de Saint Robert.

Il faut encore ajouter un mot : sur son amour de la Sainte Vierge. Comme il faisait des miracles à jet continu, il tenait à les dissimuler en en reportant toute la gloire à la bienheureuse Vierge. Il en parlait dans tous ses sermons, lui prodiguant les plus doux noms : Porte du Ciel, Etoile de la Mer, Refuge des malheureux, Rose de la pureté, Lys de la chasteté, Perle de la virginité. En parlant d’elle, sa parole s’animait, son regard brillait d’un incomparable éclat, et des larmes de tendresse coulaient de ses yeux.

Puisse Saint Robert nous communiquer un peu de cet amour constant et tendre qu’il vouait à la très Sainte Vierge et nous servir de guide pour préparer la grande fête de l’Assomption !

Il nous reste à découvrir maintenant les merveilles de cette abbaye qu’on ne peut plus oublier quand on l’a vue. Ce sera pour dimanche prochain ! Amen

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25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 06:43

Nous avons passé la semaine en solitude dans les monts du Livradois auprès de l’ermite St Germain qui a donné son nom à une localité de ces montagnes : Saint Germain l’Herm. De ce fait nous avions quitté Ambert, la capitale de cette région entre Forez et Livradois ; or nous venions à peine d’y arriver après l’ascension du point culminant du Forez, Pierre sur Haute. Nous allons redescendre maintenant sur Ambert. Nous avions signalé ses hommes célèbres et son industrie toute particulière : celle de la fabrication des chapelets.

Je m’en voudrais de ne pas vous faire errer dans les vieilles rues de cette attirante petite ville, mais pour nous retrouver je ne vous donnerai pas rendez-vous devant l’hôtel de ville. Celui-ci occupant une ancienne halle circulaire, on court le risque de ne pas parvenir à se retrouver aisément !!! Allons plutôt à l’église St Jean. Celle-ci domine la ville de sa haute tour carrée surmontée d’un étage Renaissance de la plus fine élégance. Sans prétention, les gens d’Ambert l’appellent la cathédrale. De fait, elle en a bien l’allure. Toute de granit doré, elle garde cependant la rudesse de ces églises d’Auvergne qui sont le reflet d’une foi solide et d’un cœur sans défaillance…mais quelle robuste majesté ! Je me souviens d’y avoir découvert un petit Jésus de Prague qui m’avait semblé avoir plus l’air d’une poupée que d’une statue. Il était soigneusement habillé, mais portait des cheveux naturels assez ébouriffés : j’appris plus tard qu’on les lui avait mis en reconnaissance de la guérison d’une petite fille qui lui faisait ainsi un don ex-voto d’un assez cocasse effet. N’oublions pas cette dévotion à la Sainte Enfance de Jésus qui eut une si remarquable et bénéfique influence pendant des générations.

Je ne pourrai manquer l’occasion de vous recommander encore une visite dans la région proche d’Ambert. Il faut s’élever sur le versant forézien pour atteindre la vallée de Laga : là vous trouverez l’unique témoin de la fabrication la plus ancestrale et la plus authentique du papier. Ce sont les Croisés qui ont apporté chez nous le secret de la fabrication du papier qu’ils avaient arraché aux Arabes et c’est cette région d’Auvergne, grâce à ses innombrables torrents qui fut le point de départ d’une industrie dont on ne chantera jamais assez la gloire et les bienfaits. Vous serez surpris et admiratifs quand vous verrez sortir ce qu’on appelle toujours là-bas la ‘feuille blanche’.

Je ferai maintenant un petit détour dans la vallée de Nouara pour voir cet ancien moulin à papier où mon oncle et parrain établit en 1946 la colonie des Petits Clercs de ND de la Couture -diocèse de Le Mans, (il était en effet professeur à la Psallette, comme on disait alors). Ces lieux appartenaient au bon Monsieur Henri Pourrat. Celui-ci montait voir les colons qui écoutaient sans se lasser quelques-uns de ces contes, que ce soit de la bucheronne, de la montagne ou du diable, dont il a rempli plusieurs gros volumes. Il avait reçu un grand prix de l’Académie Française : il eut mérité bien plus, de devenir l’un des 40 immortels. Quelle langue imagée, savoureuse et riche à l’infini d’expressions qu’on ne retrouvera jamais plus, car c’est le terroir qui les gardait et le terroir on l’a lui aussi démembré. Et puis Monsieur Pourrat avait de grands amis, les frères Charlier, André et Henri, l’un grand philosophe, l’autre grand sculpteur, tous deux grands chrétiens, vivant presque comme des moines. Quelle foi tous ces gens avaient…et elle aussi, comme ils l’écrivaient bien.

Je ne peux pas vous lire ici un conte de M Pourrat…profitez de vos vacances pour en découvrir quelques-uns !!! mais puisque, natif d’Ambert, Pierre le Vénérable, abbé de Cluny, est recensé dans son livre « Saints de France », je prends le temps de vous lire un passage de ce qu’il dit sur lui…j’espère que vous ne le regretterez pas !

 

Suite à une rencontre avec Robert d’Arbrissel, Raingarde de Montboissier avait convenu avec son mari que, « s’ils passaient un certain âge, ils quitteraient le siècle ; si l’un des deux mourait auparavant, le survivant embrasserait la vie religieuse. De fait, le sire de Montboissier mourut, et Raingarde se fit moniale. Elle devint même l’abbesse de Marcigny.

Elle avait eu huit fils. Un mourut jeune. Un autre, père de deux filles, mourut sous le froc. Un autre, - c’est Pierre le Vénérable, - fut abbé de Cluny ; un autre abbé de Vézelay ; un autre abbé de la Chaise-Dieu ; un autre abbé de Manglieu ; un autre archevêque de Lyon et primat des Gaules. Un seul fils resta dans le siècle…Pierre de Montboissier a étudié chez les bénédictins de Sauxillanges. A 16 ans, il a pris leur habit des mains de l’abbé Hugues, son grand prédécesseur, St Hugues, le successeur de St Odilon. A 28 ans, il est devenu abbé de Cluny. Grammairien et musicien, arithméticien et astrologue, on l’a tenu pour un autre Cicéron, un autre Virgile, un autre Aristote. Si savant qu’on l’a nommé ‘le maître des vieillards’.

St Hugues et lui-même virent qu’il convenait de ne pas se laisser absorber à Cluny par le faire-valoir des domaines. Le faire-valoir sera l’affaire des paysans, guidés par les officiers monastiques, clercs ou laïcs. Les religieux pourront donner davantage aux travaux intellectuels, travaux qui ont de plus en plus d’importance dans la cité humaine. Peut-être jamais une chrétienté n’a-t-elle été aussi près de se constituer. Par les centaines de monastères qui reconnaissent sa juridiction, la règle et la coutume de Cluny sont portées partout. Au temps de Pierre le Vénérable, on peut parler d’une unité chrétienne….

Il y a quelques luttes entre Cluny et Cîteaux, moines noirs et moines blancs…Mais l’extraordinaire, ici, c’est qu’entre St Bernard et Pierre le Vénérable, il y eut amitié véritable. Ils se combattaient…et ils ont su s’aimer. Il fallait bien qu’ils fussent des saints… Les bénédictins ont du reste inscrit Pierre le Vénérable à leur martyrologe. L’Eglise lui a donné le titre de bienheureux….Il avait toujours eu un désir : finir sa vie, à l’heure où le Sauveur avait commencé la sienne. Tombé malade la veille de Noël, en 1157, il mourut, comme il le désirait, le 25 décembre, à minuit. »

Passons notre semaine sous la règle de ce grand abbé. Que les dames fassent un peu comme sa mère, dame Raingarde de Montboissier. Que les messieurs fassent un peu comme l’un de ces mille moines que comptait Cluny = un peu de prière, un travail bien appliqué, une charité souriante et attentive. Amen

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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 06:51

Quoique je vous ai laissés à Thiers, la semaine dernière, vous vantant les beautés de la ville et les charmes des environs, vous laissant surtout le temps de faire vos dévotions au célèbre martyr du lieu, Saint Genès, patron de la cité, nous reprenons notre itinéraire auvergnat sans être ‘à couteaux tirés’ au sortir de la capitale de la coutellerie française.

Bien au contraire, nous dirigeant maintenant vers la rivière la Dore, chantée par Chateaubriand, nous aurons un cœur amène pour entendre ces jolis vers : « Combien j’ai douce souvenance, du joli lieu de mon enfance » On rejoint la Dore à Pont de Dore, au confluent de cette rivière avec la Durolle venue de Thiers. Ici s’esquisse une vallée qui ne tarde pas à former des gorges des plus pittoresques s’enfonçant entre deux massifs montagneux, le Forez et le Livradois. Nous passons à Courpière où notre attention est attirée par une remarquable église fortifiée. La route s’élève de 200m sur 6kms pour redescendre en lacets sur Olliergues au nom chant autant que celui de Vertolaye (je ne suis pas sûr de bien prononcer !) : nous sommes en pleine auvergne forézienne. Si vous en avez envie, vous pourrez grimper vers Pierre-sur-Haute le sommet des Monts du Forez à 1640m d’altitude. . On redescendra par Job, petite station, (pour quelle raison s’appelle-t-elle du nom du Saint homme modèle achevé de l’éprouvé dont nous parle la Bible ?) escaladant plus loin si le cœur vous en dit le rocher de la Volpie surplombant un précipice, et jetant un regard d’admiration sur une belle cascade aux grandes eaux.

Nous allons arriver à Ambert, non sans remarquer un hameau qui porte le nom de Montgolfier, preuve que la renommée familiale dont on n’a pas besoin de dire ce qui la rend célèbre, est originaire de cette province !

Ambert, capitale du Livradois, jadis sous-préfecture du Puy de Dôme, mal connue mais non pas mal aimée, car elle a des enfants illustres : le compositeur Emmanuel Chabrier, l’historien Pierre de Nolhac, le littérateur Henri Pourrat, et malgré sa retenue, elle regorge de bienheureux : St Germain, l’ermite qu’une courtisane fit égorger ; St Mary que les villageoises tuèrent à coup de quenouilles ; Pierre le Vénérable, abbé de Cluny ; le père Gaschon, vénéré missionnaire et le père Bastide qui mourut lépreux.

Ce qu’on ne sait généralement pas non plus c’est qu’Ambert est (ou du moins était, car allez donc savoir maintenant qu’on a voulu changer la religion !) la capitale du chapelet. Il suffisait de quitter la ville pour trouver les bergers et bergères un gros rouleau de fil de fer autour du bras et enfilant les grains de coco, d’olivier, de buis, de nacre, de verre, et d’autres matières sans doute : les chapelets sortaient tout faits de leurs mains expertes. Dans les vallées, l’eau des torrents actionnaient les machines qui vous confectionnaient les grains et les croix et combien d’autres articles de la piété chrétienne.

Pour l’heure, je vais terminer par le récit très bref de la vie de Saint Germain, cet ermite qui donna son nom à une localité des monts du Livradois : Saint Germain l’Herm.

Un pieux jeune homme du nom de Germain fut attiré par ces montagnes couvertes de sapins et de hêtres pour y mener une vie digne des plus sublimes conseils évangéliques. Il se construisit une étroite cabane et resta là des années dans une solitude dont il ne sortait que pour évangéliser les rares habitants de cette région. Dieu lui accorda le don de lire dans les cœurs. Il s’en servit entre autres, le jour où un jeune seigneur chassant en cet endroit perdu se trouva en présence de l’ermite qui l’accueillit et ne tarda pas à pousser de profonds soupirs et à fondre en larmes. Le jeune seigneur lui demanda la raison de son chagrin subit, et l’ermite lui révéla ses fautes les plus secrètes en particulier sa liaison criminelle avec une femme de mauvaise vie. Le seigneur à son tour, laisse couler ses pleurs, décide de rester près du saint ermite et se construit une cellule près de celle de Germain. Furieuse d’avoir été délaissée, la femme arme des sicaires qui pénètrent dans la forêt. Germain ne se dérobe pas. Il s’avance. On se jette sur lui, on lui tranche la tête. Une source qui n’a jamais cessé de couler, abondante et limpide, jaillit à l’endroit où tombe le chef sacré du saint ermite.

Histoire simple qui nous rappellera en cette semaine où nous fêtons Ste Marie-Madeleine pénitente, la valeur de la pénitence chrétienne, la nécessité du repentir, le besoin au moins d’un peu de solitude pour se livrer à la prière et à la contemplation des choses spirituelles. Restons avec St Germain qui nous y entraînera. N’oubliez pas non plus votre chapelet…peut-être vient-il d’Ambert : il a été fait pour que vous le disiez ! Amen

 

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11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 06:54

Il y a quelques années déjà, je vous conviais à un itinéraire provençal de vacances. Non pas pour jouer au directeur d’un quelconque syndicat d’initiative qui aurait vanté les beautés, curiosités et occasions de séjour de sa région, mais comme prédicateur qui recherche durant cette période de vacances un sujet de circonstance (les voyages sont un merveilleux sujet de circonstance) en même temps que de faire connaître mieux les traces innombrables laissées par notre foi dans le pays de France et le rayonnement magnifiquement lumineux que tant de saints ont projeté sur toutes les terres de notre patrie. J’avais commencé par la Provence parce que c’est là qu’on trouve les premiers témoins du christianisme spécialement en la personne des amis de Jésus : Lazare et ses sœurs Marthe et Marie-Madeleine. Cette fois, je vais vous emmener en Auvergne ! L’Auvergne est vaste, et nous serons obligé, bien évidemment, de nous restreindre à quelques vallées…d’ailleurs, je pense, assez mal connues. Partons !

Les célèbres bollandistes, auteurs de savants ouvrages sur la vie des saints écrivaient : « De toutes les églises particulières dont se compose le Royaume de Jésus-Christ, l’Eglise d’Auvergne est sans contredit une de celles qui ont brillé d’un plus pur et d’un plus vif éclat par le nombre prodigieux des saints qu’elle a donnés au Ciel. »

Venant de l’Ouest (itinéraire que je connais bien !) par Vierzon, Bourges et Moulins, nous nous arrêtons d’abord à Vichy. Il ne s’agit pas d’y faire une cure : mais c’est une des portes de l’Auvergne. Le grand orateur sacré, Fléchier, évêque de Nîmes, qui fit entre autres l’oraison funèbre de Turenne, considérait Vichy « comme le lieu le plus charmant du monde parce que les montagnes qu’on y voit d’un côté étant aussi fertiles que les plaines qu’on y voit de l’autre, toutes fournissent ensemble au plaisir des yeux et aux nécessités de la vie ». Mais la ville est mondaine, nous y trouvons plus de quoi soigner le foie que de fortifier la foi !

Alors continuons notre route vers Thiers. Chacun sait que c’est la ville de la coutellerie, cela tient aux eaux de la Durolle, rivière torrentueuse qui la ceinture, qui ont la propriété de ‘tremper’ l’acier à un tel degré que sa réputation est universelle. La ville a son origine d’un monastère bénédictin, mais ce qui au point de vue religieux en fit sa renommée c’est l’oratoire construit en 575 par St Avit, évêque de Clermont sur la tombe de Saint Genès martyrisé en ce lieu.

C’est Grégoire de Tours qui fut aussi historien de St Martin qui parle de St Genès, en peu de mots d’ailleurs. Etait-il né en ce lieu, ou comme l’affirme une tradition, venait-il d’Orient (de Grèce) ? Ce que dit l’historien c’est que peu de jours après son baptême, alors qu’il était encore revêtu de son vêtement blanc, il fut saisi par les persécuteurs qui le décapitèrent. Son tombeau, d’abord très fréquenté, fut délaissé au moment des invasions barbares et il tomba dans l’oubli. Il fallut un prodige pour qu’on le retrouvât : un pauvre laboureur perdit ses 2 bœufs dans la campagne. Tout triste, il rentra chez lui et eut une vision : un beau jeune homme à l’air majestueux lui dit : Va sur le chemin qui conduit à la forêt : tu trouveras tes bœufs qui paissent paisiblement auprès d’une grosse pierre. Attelle-les à cette pierre et conduis-la jusqu’au tombeau qui se trouve près de la route. Ce tombeau est le mien, car moi qui te parle, je suis le martyr Genès ; je fus mis à mort il y a plusieurs siècles par les païens et je fus enseveli en ce lieu avec les vêtements blancs de mon baptême… » Ainsi fut fait. C’est Grégoire de Tours qui raconte aussi ce trait ; sans doute le tenait-il de saint Avit qui avait de son côté fait une information canonique à ce sujet. Le temps va me manquer pour vous parler de ce St Avit, évêque de Clermont.

En ce qui concerne St Genès, le saint évêque qui gouverna l’Eglise d’Auvergne de 671 à 694 fit construire une basilique sur son tombeau, laquelle fut profondément restaurée en 1107, laquelle existe toujours : c’est la principale église de Thiers. Les reliques de Saint Genès échappèrent à la fureur des protestants comme à celle des révolutionnaires : elles sont donc toujours dans son église. Comme la ville est plaisante, et que les environs ont plein de charme, nous resterons là…nous ne manquerons pas de prier Saint Genès. A peine baptisé, il rendait un courageux témoignage à sa foi et à son Maître. Demandons-lui de partager son ardente conviction et de savoir souffrir pour l’honneur de Notre Seigneur : les occasions ne nous manquent pas : ne les laissons pas passer ! Amen

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4 juillet 2016 1 04 /07 /juillet /2016 16:38

Jadis, pour la fête du 29 juin, résonnait dans la basilique Saint Pierre au Vatican cette strophe de l’hymne des Saints Apôtres « O Roma felix » chanté par le chœur de la Chapelle Sixtine. Je vous en donne la traduction : ‘O heureuse Rome consacrée par le sang glorieux de ces deux princes, empourprée de ce sang, tu es seule à l’emporter sur toutes les merveilles du monde’. Je ne sais ce qu’il en est advenu de la célébration solennelle des vêpres de la Fête des saints Apôtres à l’occasion desquelles on entendait cette merveille de la poésie chrétienne unie à une autre merveille, celle de l’art musical de la Renaissance italienne !

Quoiqu’il en soit, Rome doit garder pour nous cet aspect glorieux qui en fait la ville, URBS, par excellence. Nous somme catholiques ROMAINS appartenant à l’Eglise Catholique ROMAINE. Celle-ci peut être assaillie par de forces adverses, pilonnée par des rustres, des apostats…que sais-je ; elle doit demeurer notre Mère aimée d’autant qu’elle est plus malheureuse.
Bien sûr, nous ne pouvons pas accepter et nous ne devons pas accepter tant de choses contraires à notre foi, choses qui sont parfois muries à Rome et inoculées à la chrétienté, mais nous gardons notre amour à la Rome des Apôtres, des martyrs, de la multitude des saints qui s’y sont rendus, des papes qui l’ont honorée par leur science, leur autorité, leur vertu. Il faut que cela soit redit en ce jour. Parce que fidèles à la Sainte Tradition de tous ceux qui ont honoré Rome, nous nous trouvons parfois marginalisés, ce quasi exil ne doit pas nous détourner de la fierté d’appartenir à l’Eglise. N’oublions pas que bien que composée d’hommes pécheurs l’Eglise reste sainte et immaculée. Et si l’histoire nous montre de grandes fluctuations dans la sainteté de ses membres ou même dans la perfection de sa doctrine, la Sainte Eglise Romaine a reçu de Jésus, par l’apôtre Pierre les paroles de la Vie éternelle et la promesse de l’infaillibilité : Les forces de l’enfer ne prévaudront pas contre Elle. Notre-Dame y veille : ne nous décourageons jamais. Amen

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