Dimanche 29 janvier 2012 7 29 /01 /Jan /2012 17:54

   Je vous ai informé précédemment du déroulement de la Cène, le dernier repas, au cours duquel Jésus institua la Saint Eucharistie. De ce que le Seigneur fit en particulier à ce moment-là, je vous ai donné un texte tiré des visions de la mystique Bse Anne-Catherine Emmerich qui raconte avec beaucoup de détails les gestes accomplis par Notre-Seigneur : vous faisant remarquer, au passage, les similitudes entre les gestes de Notre Maître et certains de ceux qui sont conservés dans la célébration de la Messe.

   Je pense que vous avez pu vous demander : que savons-nous, en fait, des rites de la Messe dans les débuts de l’Eglise ?

   Je vous avouerai que j’aurais du mal à répondre à cette question, et cela pour deux raisons.

La 1èrec’est que nous sommes peu documentés sur le détail de ce qui se faisait dans les réunions du service divin au Temps Apostolique et dans les temps qui suivirent immédiatement. Cela tient à ce que les textes apostoliques n’en parlent pas pratiquement…et qu’immédiatement après on arrive à l’ère des persécutions et qu’alors on garde le secret le plus absolu sur ce qui se déroule dans les réunions chrétiennes.

   En ce qui concerne le temps des apôtres, il est certain que les chrétiens de Jérusalem (qui avaient continué à suivre les offices de la synagogue jusqu’à ce qu’ils en soient chassés), s’inspirèrent de ces offices qui constituèrent pour eux ce qu’on serait convenu d’appeler maintenant une Avant-Messe. A la synagogue, en effet, se faisait une lecture de la Loi suivie d’un chant, puis la lecture des Prophètes suivie de la Prédication. Ces éléments nous les avons conservés avec une 1èrelecture suivie du chant du Graduel et de l’Alléluia ou du Trait, une 2èmelecture tirée de l’Evangile suivie du Sermon. Pour ce qui est de la Messe elle-même (du Sacrifice Eucharistique) il est sûr que les Apôtres avaient des consignes précises de la part de Jésus : durant la Cène elle-même (nous l’avons vu d’après Catherine Emmerich) et certainement durant les 40 jours qui suivirent la Résurrection de N.S. et qui précédèrent son Ascension, au cours desquels le Maître continua d’instruire ses Apôtres en bien des domaines.

   En ce qui concerne les temps qui suivirent celui des apôtres et où se développèrent les persécutions, on possède un texte de St Justin, un courageux chrétien philosophe et apologiste, qui mourut martyr et qui, vers l’an 155, dans sa 1ère Apologie aux empereurs Antonin et Marc-Aurèle décrit sommairement la messe.

   Au siècle suivant, on a un récit important « la Tradition Apostolique » composée par St Hippolyte vers 218. Il reproche à ses adversaires de verser dans des innovations et entend, lui, s’en tenir à l’antique tradition. C’est ainsi que son œuvre est un véritable rituel et un rituel romain.

La 2ème raison pour laquelle je ne pourrai répondre à la question que savons-nous des rites de la messe aux débuts de l’Eglise, c’est qu’il faudrait nous lancer à partir de là dans une étude compliquée qui pratiquement ne nous donnerait qu’une connaissance technique n’ayant plus de rapport essentiel avec notre étude plus modeste mais aussi plus axée sur un profit spirituel. Je me contenterai de vous citer une conclusion que donne un ancien cardinal-archevêque de Milan qui occupa le siège avant celui qui devait devenir Paul VI. Ce grand évêque était bénédictin Dom Schuster (lui aussi béatifié par Jean-Paul II) : il a composé un ouvrage très documenté « Liber Sacramentorum » notes historiques et liturgiques sur le Missel Romain. La conclusion que je vous cite est celle qu’il fait sur ‘l’Ordinaire de la Messe’ : « Une tradition romaine que nous constatons être, au Vème siècle, pleinement établie, indiscutée, respectueusement accueillie dans tout le patriarcat papal, attribue au canon une origine apostolique. D’accord avec cette croyance les historiens romains estimaient pouvoir rendre compte dans le ‘Liber Pontificalis’, recueil de notices sur les Papes qui date de 530, des moindres modifications apportées au texte de cette Eucharistia traditionnelle des anciens Pontifes ; en outre les Papes et les écrivains qui en parlent, le font comme d’une prière inaltérée et intangible qui s’impose à l’acceptation de toutes les Eglises. La documentation de chacune des parties de notre canon remonte au moins au Vème s. et nous oblige à l’identifier dans ses grandes lignes, avec celui que les anciens estimaient de tradition apostolique…En répétant, aujourd’hui, pendant la messe, après tant de siècles, la prière consécratoire, nous pouvons être sûrs de prier, non seulement avec la foi de Damase, d’Innocent, de Léon le Grand, mais avec les formules mêmes qu’ils répétèrent avant nous à l’autel et qui avaient déjà sanctifié l’époque primitive des docteurs, des confesseurs et des martyrs. »

   J’ai tenu à vous faire connaître ce texte sérieux. A une époque où l’on a dit n’importe quoi en invoquant le retour aux sources, il valait bien la peine de vous le lire…la source a jailli des Apôtres, mais le lit de la rivière s’est élargi, le courant se gonflant de quelques apports des premiers âges chrétiens et de quelques autres ruisselets qui enrichirent notre Messe jusqu’au XIIIème s. Ce qui n’empêchait pas, donc, qu’autour du Canon fixe de la Messe il y avait diversité dans les rites secondaires selon les provinces : cette variété fut longtemps respectée. N’oublions pas, de plus, que l’imprimerie n’existait pas alors, les manuscrits pouvaient subir plus facilement des altérations, et d’autre part les traditions locales avaient une force dont le folklore contemporain ne peut nous donner qu’une faible idée.

   Nous devrons voir par la suite, ce que fut l’intervention du pape Saint Pie V au XVIème s. puisque, actuellement, l’on veut faire passer la messe traditionnelle comme étant un produit de ce pape.

   Le Temps de la Septuagésime et du Carême va m’incliner à vous faire bien pénétrer dans ce que la Messe a d’essentiel, en contemplant ce que Jésus a voulu véritablement faire et comment l’Eglise nous l’explique : ce qui représente le plus important et le plus profitable du difficile travail que nous avons entrepris ! Que Notre Seigneur ouvre donc les yeux de notre âme. Amen

 

Par Le Chapelain - Publié dans : Homélies
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Dimanche 22 janvier 2012 7 22 /01 /Jan /2012 16:50

   Aujourd’hui, je vous ai promis de vous parler de l’Institution de la Sainte Eucharistie telle qu’elle nous est transmise à travers les visions d’Anne-Catherine Emmerich. Cette célèbre mystique, stigmatisée, naquit en Westphalie l’an 1774, le 8 septembre. Elle se fit religieuse dans l’Ordre de St Augustin et c’est là que Notre Seigneur la favorisa de visions extraordinaires dont on a pu vérifier et confirmer certaines de façon péremptoire. Notre Seigneur lui dit un jour : « Tu ne peux savoir combien d’âmes, lisant ces choses, en seront édifiées et excitées à la vertu. » Notre grand poète Paul Claudel a attribué lui-même les prémices de sa conversion à la lecture des visions d’Anne-Catherine Emmerich. Sans plus de précisions (sinon que la mystique mourut en 1823 donc à l’âge de 49 ans, et qu’elle a été béatifiée par Jean-Paul II en 2004) je passe à la description qu’elle nous a laissée de l’institution de la Sainte Eucharistie, au soir du Jeudi-Saint.

   Comme Dom Guéranger, Anne-Catherine Emmerich distingue 3 parties dans la Cène : le repas rituel de l’Agneau Pascal pris debout – un autre festin pris assis pendant lequel Jésus est hanté par la vue du traître Judas – enfin le festin eucharistique qui commence par le lavement des pieds des Apôtres. A la suite de quoi, un majordome, sur l’ordre de Jésus, dresse une table au milieu de la salle : il la recouvre d’une nappe rouge puis d’une blanche, ajourée ; sous la table une cruche d’eau et une de vin. C’est alors que les apôtres Pierre et Jean s’en vont dans la pièce voisine où avait rôti l’agneau pascal et apporte à Jésus une coupe que la mystique appelle tout de suite un calice. De ce calice elle donne et l’histoire et la description. Il est le propre calice avec lequel le grand-prêtre Melchisédech avait offert jadis son sacrifice préfiguratif de la Cène, en la présence du patriarche Abraham. Ce calice au pied d’or vierge, à la coupe incrustée d’or, garni de deux  petites anses, était assez lourd et fait d’une matière inconnue (Jésus seul savait ce que c’était) : la voyante affirme que ce vase est actuellement caché mais qu’il reparaîtra un jour ! On connait ce conte mystérieux du Moyen-âge « la quête du Graal » et qui a trait justement à la recherche du Calice de la Cène…voilà quelque chose d’étonnant comme rapprochement. Le calice apporté enveloppé fut découvert et alors Jésus pria et expliqua le mystère du sacrement qu’il allait instituer « il me semblait voir un prêtre qui enseignerait aux autres à célébrer la Sainte Messe ».

   Après cela Jésus prit un linge blanc de dessus le calice l’étendit sur la table, puis une espèce de patène qu’il plaça sur le linge blanc : il mit à côté de la patène un reste de pain azyme qui avait servi au repas de l’Agneau pascal et 3 autres pains azymes. Ces pains disposés sur la patène, Jésus l’éleva de ses deux mains et l’offrit en priant. Entouré de Pierre et de Jean il prit le calice, y fit verser le vin par Pierre, et l’eau, présentée par Jean, il en versa un peu dans le vin avec une petite cuiller : il fit l’offrande du calice. Pierre et Jean lui versèrent alors de l’eau sur les mains et il répandit à son tour cette eau sur les mains des 2 apôtres. La voyante note « je vis avec une profonde émotion que ces cérémonies ressemblaient beaucoup à celles de la sainte messe »

   Jésus expliqua alors à ses apôtres qu’il voulait maintenant leur donner tout ce qu’il avait, tout jusqu’à lui-même : c’était comme s’il se fût répandu tout entier dans l’amour ; il avait l’aspect d’une forme lumineuse, transparente. Il rompit le pain, détacha de l’un des morceaux un fragment qu’il laissa tomber dans le calice. Il pria encore et enseigna, puis il prit la patène avec le pain et prononça la parole « Prenez et mangez ; ceci est mon Corps. » Jésus donna l’hostie d’abord à Pierre, puis à Jean (elle entra dans leur bouche comme un corps lumineux) ensuite à Judas puis aux autres : mais alors que tous irradiaient la lumière, Judas resta ténébreux (Jésus lui dit à ce moment-là « Fais vite ce que tu veux faire ». Puis le Seigneur éleva le calice par les 2 anses et prononça les paroles de la consécration. Il fit boire Pierre et Jean dans le calice puis le reposa sur la table. Jean remplit six petits vases que Jésus avait disposés de chaque côté du calice et Pierre présenta ces vases aux autres apôtres qui y burent deux à deux. Enfin le Seigneur versa dans un de ces petits vases, vide maintenant, ce qui restait du sang divin, il plaça ses doigts au-dessus du calice et y fit verser du vin et de l’eau par Pierre et Jean qui le burent (on reconnait là le geste de purification des doigts du prêtre après la communion) Jésus essuya le calice, y déposa le petit vase où était le reste du sang divin, plaça au-dessus la patène avec les fragments du pain consacré, enveloppa le calice et le replaça au milieu des autres coupes.

   Jésus fit encore une instruction sur les divins mystères (Anne Catherine vit même les apôtres noter plusieurs choses sur des petits rouleaux qu’ils portaient sur eux). A la suite de quoi Jésus consacra le Saint Chrême et en oignit le pouce, l’index et la tête de St Pierre et de St Jean, puis de Jacques le Mineur, d’André, de Jacques le Majeur et de Barthélémy et chargea Pierre et Jean de donner l’onction aux autres apôtres, mais seulement après la venue de l’Esprit-Saint : c’est aussi à ce moment qu’ils consacreraient le pain et le vin.

   Enfin Jésus consacra du feu dans un vase d’albâtre, feu qui ne devait plus s’éteindre et qu’il fit placer devant l’endroit où Pierre et Jean furent requis d’aller déposer le Saint-Sacrement demeuré sur la table, cela derrière une tenture qui formait maintenant au fond de la salle un véritable sanctuaire. J’arrêterai ici. On aura pu noter au passage beaucoup de choses qui nous aideront à comprendre que Jésus n’aurait pas voulu laisser à l’improvisation de ses apôtres la confection et le culte de la Sainte Eucharistie, le respect dont il entoure le mystère de son Corps et de son Sang. La conclusion pour aujourd’hui, je l’emprunte à Anne Catherine Emmerich : « On est ravi d’admiration, de reconnaissance et d’amour ; on ne peut comprendre l’aveuglement des hommes, on sent toute l’ingratitude du monde et l’on pense à ses propres péchés »

  A tous ces maux portons remède par notre admiration, notre reconnaissance et notre amour. Amen

 

 

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Lundi 16 janvier 2012 1 16 /01 /Jan /2012 10:15

Dans notre étude de la MESSE nous sommes parvenus à ce moment où il nous faut examiner l’origine même du SACRIFICE EUCHARISTIQUE. Cette origine, on la trouve dans le dernier repas de Jésus avec ses Apôtres, le soir du Jeudi-Saint : repas appelé Coena, à la manière romaine, c’est-à-dire repas du soir. Ce dernier repas de Jésus qui allait revêtir un caractère particulièrement inoubliable était déjà de soi, un repas remarquable puisqu’il correspondait à l’immolation de l’Agneau Pascal qui se faisait en ces jours-là. Chaque année, en effet, les Israélites commémoraient leur libération d’Egypte sous la conduite de Moïse par un repas semblable à celui que leurs ancêtres avaient alors pris avant leur départ de la terre étrangère. C’est le Seigneur lui-même qui avait dévoilé à Moïse le rituel de ce repas : vous le connaissez. On devait choisir un agneau d’un an, mâle, sans défaut ; une fois immolé on devait de son sang badigeonner avec une branche d’hysope les 2 montants et le linteau de la maison (cette indication servirait de protection au moment du passage de l’Ange exterminateur qui allait frapper de mort tous les premiers-nés des Egyptiens). La chair de l’agneau rôtie au feu devait être mangée avec des pains azymes (sans levain) et des herbes amères. Le repas se prenait debout, ceinture aux reins, sandales aux pieds, bâton de voyage en mains. Et Dieu ajoutait « Lorsque vous serez entrés dans le pays que je vous donnerai, vous observerez ce rite sacré. »

   Ce matin du Jeudi, veille de sa mort, Jésus envoie donc Pierre et Jean en ville avec mission de préparer la Pâque (ce repas rituel) dans une maison de son choix. Il y a une certaine difficulté en lisant les récits évangéliques à retrouver l’ordre exact des faits qui se sont déroulés ce soir-là. Dans son ‘Année liturgique’, Dom Guéranger distingue 3 parties dans le déroulement de la Cène : je vais le suivre intégralement.

1) le repas de l’Agneau Pascal-

C’est donc la partie rituelle qui correspond à la volonté de Dieu et à la plus ancienne pratique israélite. Jésus commence ce repas en prononçant les paroles « J’ai désiré d’un grand désir manger cette Pâque avec vous avant de souffrir ! » Cette Pâque, c’est l’Agneau Pascal ; mais le désir de Jésus c’est ce qu’il a décidé de faire pour remplacer cette Pâque qui devient caduque. C’est aussi pendant ce repas rituel que Jésus fait passer une coupe de vin, au témoignage de St Luc : il y avait d’ailleurs prévu le passage de 4 coupes : mais cela n’a encore rien à voir avec la Sainte Eucharistie.

2) le festin-

Achevée la partie rituelle, il était prévu que l’on pouvait prolonger par un repas de fête. C’est alors que le Maître et les siens prirent place sur des divans ou sur des tapis couchés, comme les Juifs l’avaient appris à faire des romains. Ce repas fut triste. Jésus y vit déjà dans l’angoisse de ce qui va lui arriver et il a devant lui celui qui le trahit, cependant que St Jean, profitant de sa position se laisse aller tendrement à reposer sur le cœur de Jésus.

3) l’institution de la Saint Eucharistie-

Va avoir lieu une 3ème partie, tout à fait inattendue des Apôtres. D’abord Jésus se lève de table, détache son manteau, se ceint d’un linge et porteur d’une bassine d’eau s’en va se mettre aux pieds de chacun des siens en commençant par St Pierre. Ceux qui vont s’asseoir à la table du banquet sacré doivent être purs (et pourtant ils ne le seront pas tous) en même temps que Jésus veut rappeler aussi la soumission à laquelle il s’astreint et qui va jusqu’à la mort.

   Ce fut après cette intervention que Jésus ayant repris ses vêtements habituels passa au 3ème repas pascal : le repas sacrificiel du Nouveau Testament : celui qui allait mettre fin à toutes les figures, les images et les ombres. Mais peut-on en connaître tous les détails lorsque les évangélistes sont si peu enclins à nous en donner. Car vraiment le texte de cette Institution est, dans les 3 évangélistes Matthieu, Marc et Luc, extrêmement bref !

   Je pense que je pourrai, mais je ne le ferai que dimanche prochain, vous donner quelques-unes des précisions qu’une grande mystique a fourni à propos de l’Institution de la Sainte Eucharistie. Celle-ci, Anne Catherine Emmerich a donné, sur la vie de Jésus et de Marie une multitude de détails qu’elle a contemplés dans des visions extraordinaires. Devant les phénomènes mystiques, il faut bien sûr garder une grande prudence. Mais certaines visions de cette privilégiée se sont trouvées confirmées dans les faits de telle façon qu’au moins celles-ci sont absolument irréfutables. Il me semble donc, qu’à titre indicatif, je pourrai vous en parler…

   Arrêtons-nous donc ici et prenons quelques-unes des paroles de Bossuet dans ses Méditations sur l’Evangile : « Jésus dit : Ceci est mon Corps ; ceci est mon Sang… Souvenez-vous éternellement du présent que je vous fais en cette nuit, souvenez-vous que c’est moi qui vous l’ai laissé et qui ai fait ce testament ; qui vous ai laissé cette pâque et qui l’ai mangée avec vous avant que de souffrir… Mon âme arrête-toi ici sans discourir…il veut dans ta foi la même simplicité qu’il a mis dans ses paroles… Je me tais, je crois, j’adore : tout est fait, tout est dit ». Amen

 

Par Le Chapelain - Publié dans : Homélies
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Lundi 9 janvier 2012 1 09 /01 /Jan /2012 10:04

   Nous avons examiné, au 4èmedimanche de l’Avent, quelle était la décision du Christ en entrant en ce monde. Remplacer les sacrifices anciens qui n’avaient pas de quoi satisfaire les regards de Dieu. Ces sacrifices laisseraient donc la place à un autre sacrifice, sacrifice unique par sa qualité et unique par sa quantité. C’est sur ce point que nous allons nous pencher aujourd’hui !

   Le Sacrifice du Christ est unique par sa qualité. Vous le devinez ceci est vrai d’abord par la personne qui offre ce sacrifice. Cette personne est la personne même du Fils de Dieu, donc une personne divine. Ce nom de Fils, la personne qui le porte le doit au fait qu’elle a un Père et qu’à ce Père elle doit d’être ce qu’elle est. « Je suis sorti du Père » c’est cette prodigieuse naissance éternelle que nous faisait célébrer la Messe du Jour de Noël. Mais parce que cette Personne du Fils est « venue dans le monde » elle nous dira comment elle reste possédée, dominée par l’amour du Père. Et vous retrouvez la multitude des phrases évangéliques où Jésus prononce le nom de son Père. Et la première qui a trait à ces jours où nous nous rappelons le premier pèlerinage de NS à Jérusalem à l’âge de 12ans « ne saviez-vous pas qu’il m’importe d’être dans ces choses qui sont de mon Père ? » Et sa voix s’éteindra sur la Croix dans le « Consummatum est » parce qu’à ce moment il aura accompli cet ordre reçu de son Père de déposer sa vie ! (Jean 10/17-18) Et c’est devant son Fils si tendrement dévoué que le Père laisse parler son cœur « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi je mets mes complaisances » au baptême par Jean-Baptiste et à la Transfiguration.

   Ainsi sommes-nous amenés à juger de la qualité du sacrifice de Jésus par les sentiments qui l’animent : une soumission totale à la volonté de son Père, une donation foncière de lui-même dans son sacrifice (celui-ci, le sacrifice, est une renonciation à ce que l’on possède pour le donner à Dieu de qui on le tient : le Fils se donnera, s’offrira, sans restriction « oppressé, comme à l’étroit, jusqu’à ce que tout soit accompli » (Luc 12/50)

   Sacrifice unique par sa qualité quand on sait encore de quelle somme de souffrances sera accablé la victime : « Toute la vie de Jésus-Christ n’a été qu’une Croix et un long martyre » dit l’auteur de l’Imitation (livre II, ch. 12 n°7) Car il ne faut pas simplement faire le compte des douleurs physiques qu’éprouva la chair du Fils de Dieu fait homme, mais songer qu’en raison de sa science divine Jésus pendant 33 ans « souffrit de toutes les vilenies, de toutes les méchancetés, de toutes les infamies, de tous les péchés des hommes depuis le péché d’Adam jusqu’au dernier péché du dernier homme. »

   Sacrifice unique par sa qualité quand on considère quel Prêtre va l’offrir ! « Ambassadeur exceptionnel de Dieu » auprès des hommes ; il amène avec lui les trésors de la grâce divine pour les répandre avec effusion – ambassadeur des hommes auprès de Dieu, il fait passer par son Cœur tous les chants d’adoration, toutes les actions de grâces en même temps que toutes les plaintes et toutes les prières des hommes pour les déposer sur le sublime autel du ciel !

   Il est vraiment le Pontife, « celui qui fait le pont » entre l’humanité et la Divinité : Dieu-homme : il se fait homme pour nous faire Dieu, disent les Pères de l’Eglise.

   Et tout cela, pas en un seul instant, qui eut suffit ; pas par un seul acte, qui eut une valeur infinie ; pas par une simple goutte de sang, qui eut été débordante !

Mais par une vie d’homme se terminant en pleine force, par une quantité d’actions de toutes sortes, par l’effusion de son sang précieux.

   Je ne pourrai vous raconter par le détail le moment même du Sacrifice. Il vous est connu. Nous attendrons le Temps de la Passion pour en revivre le drame dans le détail.  

   Le prophète Isaïe qui a annoncé le doux Messie et que l’Eglise nous fait lire au temps de l’Avent et dans les fêtes de Noël, a aussi parlé du Serviteur Souffrant ; Il a même résumé son œuvre en une phrase sublime : « oblatus est quia ipse voluit » et en acceptant le calice à boire, il savait qu’il le boirait jusqu’à la lie, jusqu’au désespoir « Eloï, eloï, lamma sabacthani »

   En cette triomphante solennité d’Epiphanie « Ecce advenit dominator dominus ! » nous aurons donc contemplé son humiliation. Mais ne le savez-vous pas, parmi les présents des Mages, après l’or royal et l’encens divin, ils présentèrent aussi la myrrhe en vue de la sépulture…

    Sacrifice unique par sa qualité, le sacrifice du Christ sera aussi unique par sa quantité puisque, ainsi que nous l’enseigne St Paul, « nous sommes sanctifiés par l’oblation que Jésus-Christ a faite, une fois pour toutes, de son propre corps. Mais de ceci nous reparlerons.

   Pour cette semaine qui nous fait fêter le baptême de Notre-Seigneur dans le Jourdain, retenons ce commentaire de Bossuet sur les paroles du Père Céleste « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui je me plais » : ‘Je m’y plais uniquement comme dans celui qui est mon unique ; je me plais dans ses membres qu’il a choisis, parce que je me plais en lui… Il nous vaut mieux d’être aimés de cette sorte que si nous l’étions en nous-mêmes puisque, quelque vertueux que nous puissions être, nos mérites bornés ne nous attireraient jamais du côté de Dieu qu’un amour fini ; mais Dieu nous regardant en J-C, l’amour qu’il a pour son Fils s’étend sur nous’. Amen

Par Le Chapelain - Publié dans : Homélies
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Lundi 2 janvier 2012 1 02 /01 /Jan /2012 11:15

   C’est bien souvent, qu’entendant lire les épîtres de Saint Paul, vous retrouvez cette formule « dans le Christ Jésus Notre Seigneur » ! Elle va me servir pour vous présenter mes vœux puisqu’aujourd’hui la date en est arrivée.

   On parle souvent de ‘Réconciliation’. Notre vœu primordial ne devrait-il pas être la réconciliation des hommes avec Dieu ? Cette réconciliation s’est réalisée par le Sacrifice de la Croix : et comme notre entreprise est de nous efforcer de bien connaître la messe au cours de cette année, je dirai, sans risque de me tromper que c’est dans la Messe que nous trouvons sans cesse la réconciliation, car nous y touchons le réconciliateur, Jésus-Christ, Notre Seigneur. Une année dans la Messe, une année dans le Christ, une année dans sa réconciliation ! Ainsi, mes frères, je vous souhaite que cette année vécue plus qu’aucune autre dans la Christ Jésus Notre Seigneur, vous permette quatre choses principales :

-de reconnaître que vous êtes en Jésus-Christ ! C’est votre gloire, la seule ! Celle-là que le pape saint Léon demande dans son Sermon sur la Nativité du Seigneur, aux fidèles de reconnaître : « Reconnais, ô chrétien, ta dignité, et, devenu participant de la nature divine, garde-toi de retomber par une conduite dégénérée à la bassesse d’autrefois. Souviens-toi de quelle tête et de quel corps tu es membre ». Cette première constatation me permet de vous souhaiter une vie sainte.

-de craindre rien tant que d’être arraché du Christ-Jésus ! Puisqu’il est notre Chef, notre Tête, celui de l’influx duquel nous ne pouvons nous passer, parce que cet influx est vital. Et en même temps nous ne pouvons vivre qu’unis les uns aux autres dans ce corps qu’est l’Eglise. Cette 2ème constatation me permet de vous souhaiter la crainte du péché pour ne pas être séparés de Jésus et de rester fidèlement attachés à la Sainte Eglise, malgré les grands dommages qu’elle subit présentement.

-de travailler à ce que beaucoup d’hommes vivent en Jésus-Christ. Elle est immense la multitude des païens qui ne le connaissent pas – elle est affligeante la quantité de baptisés qui l’ont quitté – elle déroutante la troupe de ceux qui se réclament de lui et travaillent contre lui. Cette 3ème constatation me permet de vous souhaiter une fidélité dans la foi qui vous entraîne en même temps à prier pour la conversion des pécheurs et à ne pas manquer toutes les occasions possibles d’éclairer ceux qui vous entourent.

-de savoir vous offrir en Jésus-Christ. Ceci nous ramène plus spécialement à la messe. Notre Père céleste a jeté ses yeux sur son Fils bien-aimé : il nous l’a fait connaître. L’acte essentiel de sa Religion c’est son Sacrifice, son offrande : cet acte ne peut plus s’effectuer sans nous puisque nous sommes en Lui. Cette 4ème constatation me permet de vous souhaiter de remplir votre rôle d’offrant et de victime pour la gloire de la Très Sainte Trinité.

   Et de ces souhaits spirituels découleront les autres comme les fruits du Saint Sacrifice qui atteignent l’âme et le corps. Que votre vie quotidienne bénéficie donc de la santé pour vous et ceux que vous aimez – que la paix reste dans vos maisons – que la douceur habite vos esprits – que vous jouissiez des biens suffisants à votre subsistance –

   Et ainsi, comme l’exprimait Saint Paul, au 3ème dimanche de l’Avent « Que la paix de Dieu garde vos cœurs et vos intelligences, dans le Christ-Jésus Notre Seigneur » Amen.

Par Le Chapelain - Publié dans : Homélies
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