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5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 06:19

   Nous avons saisi la dramatique plainte proférée par le Seigneur et transmise à son peuple par le prophète Malachie : les prêtres rendent à Dieu un culte indigne : les victimes sont choisies parmi les bêtes malades, autant fermer le temple, car de toutes façons le Seigneur ne recevra plus ces présents souillés. Et voilà que subitement s’interrompt ce discours menaçant : le regard de Dieu se fixe sur quelque chose d’infiniment consolant pour lui. Le contraste est saisissant entre le dernier avertissement et ce qui le suit : « Je ne recevrai plus de présent de votre main. Car, depuis le lever du soleil jusqu’à son couchant, mon nom est grand parmi les nations, et en tout lieu on sacrifie et l’on offre à mon nom une oblation pure : car mon nom est grand parmi les nations, dit le Seigneur des armées. »

   Toute la Tradition chrétienne est unanime : le prophète entrevoit et annonce de la part de Dieu un sacrifice tout autre que ceux dont il vient d’être parlé. On est sorti des limites étroites du Temple et de Jérusalem : c’est le monde entier qui est évoqué : « Depuis le lever du soleil jusqu’à son couchant, mon nom est grand parmi les nations. »

   Israël n’a plus désormais l’exclusivité du Dieu véritable, car en tout lieu on offre une oblation pure. Ce mot oblation désigne une victime non sanglante : c’est le terme employé pour marquer les offrandes qui ne sont pas celles d’animaux mis à mort, c’est l’oblation accompagnée de l’encens, l’obligatoire encens accompagnement des sacrifices non sanglants. Cette désignation, dit St Robert Bellarmin, c’est le mot liturgique du rituel mosaïque qui convenait le mieux pour marquer le pain et le vin qui servent de matière à la consécration du Corps et du Sang de Notre Seigneur dans l’Eucharistie. Et cette consécration est pure parce que Jésus-Christ est la sainteté même.

   O Saint Prophète Malachie quelle reconnaissance nous vous devons d’avoir annoncé pareille merveille qui se renouvelle sans cesse sous nos yeux !...

   Hélas, en attendant ce temps où grâce à la Messe le nom du Seigneur sera grand parmi toutes les nations, les sacrifices à Jérusalem sont toujours aussi repoussants. Et le prophète reprend ses blâmes, malgré les excuses que voudraient faire valoir les prêtres indignes. Ils ont l’audace de dire « Nous offrons ce que nous pouvons, vu la dure condition du temps présent » et d’ajouter « Quelle fatigue ! »

   Ainsi « le service du temple qu’ils auraient dû regarder comme leur plus grand privilège et comme une joie, leur paraissait ennuyeux et méprisable ».

   A la suite de cette douloureuse constatation ne pourrait-on pas nous tourner vers le présent ? C’est une des plaies de la liturgie actuelle de la voir accomplie par des ministres, des prêtres qui ne lui apportent plus de considération et d’honneur. Il y a heureusement des exceptions. Mais on est légitimement offusqué par le manque de tenue des offices et des officiants, par l’absence de piété et de respect dans les lieux qu’on appelait hier les lieux saints, c’est-à-dire les églises.

   Des extravagances sans nombre (à qui fera le plus ‘choc’, sans vouloir et même pouvoir reconnaître que c’est aussi le plus choquant !) - des irrespects - jusqu’à d’authentiques sacrilèges. On a libéré la liturgie de ses règles précises et strictes, on en est arrivé à la réalité de l’adage qui fut celui de la Révolution « liberté que de crimes on commet en ton nom ».

   Le Seigneur irrité a laissé aller sa réprobation contre les prêtres auxquels s’adresse Malachie : « Si vous ne voulez pas écouter et si vous ne voulez pas appliquer votre cœur à rendre gloire à mon nom, j’enverrai sur vous l’indigence et je maudirai vos bénédictions…je vous jetterai au visage les ordures de vos sacrifies et elles vous emporteront avec elles ». Remarquez que la stérilité est une des preuves de la réprobation divine « j’enverrai sur vous l’indigence » !

   Après tout ce qui vient d’être dit, il y a un bien grand besoin de remettre de l’ordre dans ce monde dont le prophète nous a brossé un si triste tableau.

   De fait, Malachie, qui n’est pas un prophète de malheur, va achever son œuvre par de magnifiques promesses. Vous en connaissez le début - ce texte est lu, chaque année, en la belle fête de la Purification de Marie et de la Présentation de Jésus au temple, la Chandeleur comme nous l’appelons encore, vous en trouvez les lignes au 2 février.
   Comme pour le texte qui nous annonçait le sacrifice qui seul serait l’oblation pure agréable à Dieu, le prophète semble soudain, à la manière de Dieu, plonger son regard dans un futur que personne ne soupçonne. D’emblée le texte annonce : Voici que j’envoie mon Ange et il préparera la voie devant ma face. Il n’y a pas de doute cet Ange, ce messager, c’est St Jean-Baptiste. Nous ne pouvons avoir de meilleur interprète que Jésus lui-même : or NS applique à Jean ce texte du prophète (dans l’évangile de ce jour !)

   Cela annoncé, immédiatement fait suite une autre annonce : aussitôt viendra dans son Temple le Dominateur que vous cherchez, et l’Ange de l’Alliance que vous désirez. Un autre Ange, un autre Messager, mais celui-ci est le Dominateur, donc le Seigneur lui-même : il est à remarquer que l’emploi de ce mot est rarissime dans la Bible (on ne le trouve que 8 fois). Voilà deux anges (Malachie devait se réjouir de ce terme, n’oublions pas que c’est son propre nom) dont les rôles sont bien distincts : l’un (le 1er) n’est que l’annonciateur de l’autre - l’autre sera le Médiateur de la Nouvelle Alliance, c’est l’Ange du Grand Conseil que nous chantons à l’Introït de la Messe du Jour de Noël !

   Et Malachie de préciser, car les blâmes du Seigneur sont à peine éteints sur ses lèvres, que cet Ange, ce messager viendra pour purifier ce sacerdoce gâté qu’il a dénoncé (les fils de Lévi). Et il n’ira pas de main morte : il les passera au feu, il les battra comme les foulons (les lessiveurs ! de l’époque) le linge au fond de leurs baquets.

   Et alors : alors ils redeviendront dignes de leurs saintes fonctions. Les prêtres ont péché, le peuple aussi : la menace éclate maintenant envers lui : les crimes sont passés en revue : la sorcellerie, les adultères, le parjure, l’injustice envers les salariés, les oppresseurs des faibles (veuves et orphelins), la dureté envers les étrangers.

   Et retenons cette première conclusion (les autres seront pour dimanche prochain) : « Car moi, je suis le Seigneur et je ne change pas d’avis - et vous, fils de Jacob, vous n’avez pas été anéantis »

   Quelle leçon d’espérance ! Le prophète avait dit précédemment : « Vous avez fatigué le Seigneur », en fait le Seigneur se révèle infatigable. Sa miséricorde est toujours prête à éclater. N’en abusons pas, bien sûr, mais n’en doutons pas non plus ! Amen

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28 novembre 2016 1 28 /11 /novembre /2016 08:02

   L’Avent est la préparation à Noël, et Noël est une telle fête que nous serons particulièrement heureux de la préparer dans une perspective qui lui convient directement. Je vous propose donc de préparer Noël avec l’un des prophètes. Le temps de l’Avent est le temps des prophètes. J’ai choisi le prophète Malachie : vous verrez pourquoi !

   Je vous présente d’abord ce personnage. Que sait-on de sa personne ? C’est décevant, mais nous ne savons pratiquement rien.

Son Nom ? Il signifie « mon messager » ce qui a permis à certains commentateurs de dire que le livre avait été composé par un ange (le mot ange signifie lui aussi messager), et à d’autres commentateurs de dire que le livre était strictement anonyme et que donc Malachie n’avait jamais existé ! Nous nous contenterons de dire que Dieu a délivré par l’intermédiaire de quelqu’un qui porte providentiellement le nom de messager, un message de haute importance.

   Malachie est au nombre de ceux qu’on appelle les 12 petits prophètes. A savoir qu’ils ne sont petits ni par la taille, ni par une quasi insignifiance de leurs prédictions. Simplement parce que leurs écrits sont très brefs par rapport à ceux qu’on appelle les grands prophètes et qui sont : Isaïe, Jérémie, Ezéchiel et Daniel.

   Malachie est le dernier des prophètes de l’Ancien Testament. Il vécut en la période qui suivit le retour des Juifs de l’ancien royaume de Juda après la captivité de Babylone, soit vers 450 ans avant Jésus-Christ. Les Judéens avaient rebâti le temple, mais ils n’arrivaient pas à relever les murs de la ville sainte. Le manque d’énergie des grands-prêtres, l’incapacité des gouverneurs et leur tyrannie, les imprudentes relations avec les populations abâtardies du voisinage donnent l’impression d’un peuple en décadence. C’est dans ces circonstances que paraît le prophète Malachie : ses reproches et ses exhortations donnent bien le reflet de la situation dans laquelle se trouve son peuple.

   Il ne faut donc pas s’étonner que le texte du prophète soit en grande partie constitué de reproches, de blâmes : le Seigneur dont il est le porte-parole a de sérieuses raisons de se plaindre. Cependant, et c’est facile à comprendre, puisque Malachie sera le dernier des prophètes, Dieu annonce une purification, une restauration car le temps du Messie est proche. Nous serons heureux de l’entendre dire en ce temps de l’Avent où nous aimons chanter : Venez divin Messie.

   Plongeons-nous maintenant, dans le texte du prophète. Il est introduit par ces mots singuliers « Fardeau de la parole du Seigneur adressée à Israël par l’intermédiaire de Malachie ». Qu’est-ce donc que ce fardeau de la parole du Seigneur ? L’expression se retrouve en d’autres prophètes et, à tout coup, elle désigne une prophétie menaçante. C’est un lourd fardeau pour un prophète que de faire des reproches, d’annoncer des malheurs, des châtiments. Notre Seigneur dans l’Evangile fera allusion au sort malheureux que leurs contemporains auront fait subir à ses prophètes !

   Pour donner consistance aux reproches qu’il va faire, Dieu rappellera d’abord l’amour qu’il a eu pour les siens. Ecoutez cette simple parole : « Je vous ai aimés, dit le Seigneur », qui va trouver comme écho une interrogation insolente : Vous avez dit « En quoi nous avez-vous aimés ». Et sans rancune, le Seigneur va s’expliquer. Il reprendra en exemple le choix qu’il avait fait entre les 2 fils d’Isaac : Esaü et Jacob. Ils étaient jumeaux, Esaü avait pour lui le droit d’aînesse, il semblait donc que tous deux devaient jouir des mêmes privilèges, avoir part d’une façon identique aux promesses divines, et même Esaü en sa qualité d’aîné aurait pu avoir quelque préférence. Et pourtant les deux frères d’abord, puis les peuples issus d’eux furent traités d’une façon bien différente. Dieu ne donne pas les raisons de son choix, il se contente d’en rappeler la réalité. Or il a affaire avec les descendants de Jacob, ils devraient donc se rappeler la prédilection du Seigneur à leur égard. Or, hélas, il n’en est pas question. Et les reproches du Seigneur de tomber sur les prêtres d’abord, sur le peuple ensuite.

   Ne soyons pas surpris que les reproches commencent par les prêtres. Leur rôle, leurs fonctions, le rang qu’ils occupent, leur plus grande intimité avec Dieu leur imposent des devoirs et leur donnent une responsabilité particulière dans la déchéance présente.

   Rappelez-vous, beaucoup plus près de bous, le message de la Sainte Vierge Marie à La Salette. C’est d’abord les prêtres auxquels elle s’adresse et qu’elle fustige rudement…

    Chez les contemporains de Malachie, les fautes des prêtres envahissent le double domaine qui leur est propre : -celui des fonctions liturgiques ; -celui de l’enseignement de la Loi.

   Le Seigneur se plaint d’abord de la qualité des victimes qui sont offertes sur son autel. C’est le rebut des animaux du pays : bête aveugle, bête boiteuse : « offre-la donc à votre gouverneur et vous verrez si elle lui plaît, et si, après cela, il vous recevra favorablement. »

   Mais au milieu de ce triste spectacle qui offense ses yeux, voilà que le regard du Seigneur plonge dans une vision qui lui fait déclarer une satisfaction sans limite. Dieu s’interrompt dans ses reproches et par la bouche de son Prophète, il annonce le Sacrifice qui lui plaira à jamais. Voici ce passage qui a rendu célèbre le prophète Malachie : « Depuis le lever du soleil jusqu’à son couchant, mon nom est grand parmi les nations et en tout lieu on sacrifie et l’on offre à mon nom une oblation pure, car mon nom est grand parmi les nations, dit le Seigneur des armées. »

   En deux mots, je vous dirai que ce texte touche le sacrifice de Jésus, son sacrifice eucharistique, celui qui sera le signe de la Nouvelle Alliance qui ne connaîtra aucune limitation dans l’espace. Je me réserve de revenir sur ce sujet dimanche prochain.

   N’a-t-on pas raison de prendre Malachie pour guide, pour parvenir à une plus haute estime de ce sacrifice qui devrait faire la joie, au moins hebdomadaire, de tous les fidèles chrétiens ? Que ce saint prophète nous en donne dès maintenant un goût accru et une reconnaissance plus empressée. Amen

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22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 10:07

   Chaque fin d’année liturgique nous redonne ce récit de la fin du monde que nous venons d’entendre à l’évangile. Jésus s’y attarde longuement et en des termes impressionnants, je serais tenté de dire, accablants. Bien entendu, on ne cherche pas à l’heure présente à s’attarder beaucoup sur ce récit ! Il faut le déplorer, car il est la relation de la suprême espérance de l’Eglise et de ses enfants. Nous allons donc en faire notre profit pendant quelques minutes.

   Si l’on devait faire une analyse détaillée de ce long texte, il faudrait d’abord y remarquer qu’il a deux parties distinctes : la première établit les évènements qui correspondent à la ruine de Jérusalem laquelle devait avoir lieu dans un temps assez rapproché (année 70 de l’ère chrétienne) ; la deuxième partie s’applique à la fin du monde. Combien il serait intéressant de pénétrer autant qu’il est possible dans tous ces détails donnés par notre Maître lui-même. Il y faudrait beaucoup de temps. Contentons-nous de quelques indications d’importance (mais, il est vrai, toutes les indications ont de l’importance !)

   Jésus dit : « Le signe du Fils de l’homme apparaîtra dans le Ciel » Quand on suit le récit on a bien l’impression que ce sera le dernier signe précédant le retour de Jésus. Certains commentateurs se contentent de voir dans ce signe une ‘métaphore apocalyptique’…il faut dire que ces commentateurs ne voient que cela à travers les termes employés par Jésus : autrement dit Notre Seigneur n’aurait employé que des mots voulant signifier autre chose que le sens qu’on leur donne habituellement. Pourquoi cette interprétation ? Parce que, je pense, elle permet de ne pas trop s’interroger, de ne pas trop être surpris par la force du langage employé par Jésus. C’est une tendance bien en rapport avec l’esprit de notre temps qui craint de trouver dans le merveilleux du langage sacré un refus de crédibilité de la part de ceux qui en ont une certaine honte !

   Cette attitude d’esprit ne semble pas avoir été celle des premiers commentateurs des Saintes Ecritures. Eux s’en tiennent bien plus volontiers aux mots eux-mêmes, à leur force, à leur précision, à leur netteté (en un mot). Ainsi le ‘signe du Fils de l’homme’ est reconnu immédiatement comme étant la Croix. La Croix signe de Jésus : en est-il de plus clair, de plus normal ? C’est ce signe que nous avons reçu lors de notre baptême pour nous marquer, nous distinguer. C’est de ce signe que nous nous sommes revêtus une infinité de fois. La Croix est notre honneur. Qu’elle vienne dans le ciel, signe précurseur de Notre Seigneur pour la gloire des chrétiens et la confusion des infidèles ou des renégats.

   Alors, ajoute Jésus : « toutes les tribus de la terre se lamenteront » Qu’est-ce qui causera cette immense plainte ? Il est facile de l’imaginer ! Ce sera la plus lugubre des lamentations, car enfin la justice triomphera. Depuis son passage sur la terre, Jésus fut en butte au mépris d’un grand nombre, il a reçu de perpétuels outrages, on l’a rejeté « nous ne voulons pas qu’il règne sur nous ». Or voilà que toutes les tribus de la terre le verront « venant sur les nuées du ciel avec une grande puissance et une grand majesté »

   Spectacle convainquant dont les conclusions rejailliront aussi sur les fidèles de Jésus. Combien ceux-ci ont-ils pu aussi être malmenés, moqués, anéantis par l’orgueil triomphant des impies.

   Le psaume 70 nous fait chanter : « Mes ennemis ont parlé contre moi…attachez-vous à le poursuivre et à le perdre, car il n’y a personne pour le délivrer…Ô mon Dieu que ceux qui répandent des calomnies contre moi soient confondus. Je m’enfermerai dans la considération de la puissance du Seigneur, je me souviendrai seulement de votre justice »

   Un garçon du catéchisme disait un jour à son curé : on se moque de moi à l’école parce que je suis chrétien. Que répondre ? La chose la plus constatable : vois-tu cela fait plus de deux mille ans que çà dure ! mais aussi la chose la plus réconfortante : « bienheureux serez-vous quand on dira toute sorte de mal contre vous à cause de moi »

   Ce rendez-vous annuel avec les promesses de Jésus concernant son retour doivent donc être pour nous une source de joie.

   Un grand écrivain chrétien qui ne peut malheureusement être considéré comme ceux qu’on appelle les ‘Pères’ de l’Eglise, en raison de certaines erreurs, il s’appelle Origène, fait à propos de ce retour en gloire de Jésus, une remarque très pertinente. Il dit ceci : « Afin que le Fils de Dieu montant à Jérusalem le jour des Rameaux ne foule pas la terre, ceux qui l’aimaient étendirent leurs vêtements sur le chemin : pourquoi s’étonner que son Père, Dieu de toutes choses, ne tendent les nuées sous le corps de son Fils descendant pour accomplir l’œuvre de la consommation du monde. Il convient que le Père donne à son Fils qui s’est humilié des prévenances aussi dignes d’admiration. »

   De notre côté ne soyons pas en reste. Préparons, nous aussi, ce chemin de gloire, par lequel Notre Seigneur reviendra à nous et sur lequel nous le rejoindrons, préparons-le par notre persévérance à attendre dans l’amour cet heureux avènement. Amen

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22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 10:05

Le CREDO, que nous chantons le dimanche, se termine par cette affirmation :

  Je crois à la communion des saints, à la rémission des péchés,
à la résurrection de la chair, à la vie éternelle.

A travers ces fêtes liturgiques, l’Église nous rappelle ces mystères de la fin des temps, "les fins dernières".
- La fête de la Toussaint, le 1er novembre, nous montre d’abord la grande perspective du Ciel, auquel nous sommes TOUS appelés ;

- puis l'Église, le 2 novembre, nous rappelle la réalité de la mort, par laquelle tous aussi nous devons passer, et elle nous invite à prier pour les âmes du Purgatoire : tous les défunts qui, avant de parvenir au bonheur sans fin des élus, sont encore retenus dans ce lieu de souffrance et d’espérance, pour y terminer la purification nécessaire avant de pouvoir contempler Dieu face à face.

-La fête du Christ-Roi, qui affirme son Règne pour les siècles des siècles, non seulement sur chaque personne ou chaque élément de l'univers, mais aussi sur l'ensemble des sociétés et des nations, est comme la clé de voûte qui relie tout ce magnifique ensemble pour nous introduire dans la Maison du Père.

   Avec les deux fêtes de la Toussaint et de la commémoration des défunts, l’Eglise remet devant nos yeux cette grande réalité : nous ne sommes pas sur cette terre pour y rester.

Elle nous rappelle que nous ne sommes ici-bas que des pèlerins et des voyageurs. (1 P 2, 11)

En conséquence, elle nous invite à réfléchir sur cette merveilleuse destinée qui nous est préparée au-delà de toute attente : ce que l’œil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu, ce qui n’est pas monté au cœur de l’homme, ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment. (1 Co 2, 9)

Les deux dates des 1er et 2 novembre situent d’emblée les deux grands aspects de cette perspective :

- d’une part la joie du Ciel qui nous attend,

- d’autre part les conditions pour y parvenir : une entière purification de l’âme est nécessaire avant d’être admis en la présence de Dieu, dans cette vision béatifique, ce "face à face" qui nous comblera à tout jamais pour l’éternité.

   Deux grands axes de réflexion, donc, à approfondir… à tout âge ! Car nul ne sait ni le jour ni l’heure... (Mt 25, 13) : c’est à tout moment qu’il faut se tenir prêt (Mt 24, 44) à se présenter devant Dieu.

   Toutes les affirmations de foi contenues dans le Credo sont bien destinées à nous remettre en mémoire la vraie perspective, inéluctable, "incontournable", de toute existence humaine :

- nous ne sommes pas destinés à rester sur cette terre, nous sommes faits pour la vie du Ciel ;

- notre vie ici-bas aura un terme, elle se finira à un moment que nous ne connaissons pas ;

- la mort n'est qu'un "passage", pour accéder à une vie plus haute qui ne finira pas ;

- et cette vie sera fixée par la manière dont nous aurons vécu ici-bas.

C'est donc MAINTENANT que nous déterminons nous-mêmes ce que sera NOTRE ÉTERNITÉ,

- soit en répondant à la vocation de sainteté à laquelle Dieu nous invite,

- soit en la refusant, ou, tout simplement, en la négligeant.

C’est aujourd’hui, c’est chaque jour, que nous préparons notre éternité.
C'est maintenant que nous avons à nous y préparer.

   Enfin, les derniers dimanches de l'année liturgique nous préparent à l'idée du Jugement final qui se réalisera lors du retour du Christ dans sa Gloire. (cf CEC 1038)

Lorsque l’Église nous fait évoquer, dans le CREDO, la perspective du retour du Christ à la fin des temps, "pour juger les vivants et les morts", c'est bien pour nous faire réfléchir à ce Jugement de Dieu auquel personne ne pourra se soustraire.

Cette annonce du Jugement final est une vérité de foi. Elle est destinée à nous stimuler pour nous maintenir dans la vraie perspective, qui est de préparer dès ici-bas notre éternité.

C'est face au Christ qui est la Vérité que sera définitivement mise à nu la vérité sur la relation de chaque homme à Dieu. Le Jugement dernier révélera jusque dans ses ultimes conséquences ce que chacun aura fait de bien ou omis de faire durant sa vie terrestre.

Le Jugement dernier interviendra lors du retour glorieux du Christ. Le Père seul en connaît l'heure et le jour, Lui seul décide de son avènement. Par son Fils Jésus-Christ, Il prononcera alors sa parole définitive sur toute l'histoire… (CEC 1039-1040)

   Ces grandes vérités relatives aux fins dernières sont parmi les points qui, notamment dans la catéchèse, ont été étrangement passés sous silence pendant de longues années. Notons par exemple :

- Le sens du péché et l'existence du démon ;

- la mort ; le ciel, l'enfer, le purgatoire ; le jugement particulier, le jugement général.

- L'entrée au ciel n'est pas "automatique", ni un "dû" : elle se mérite par une vie morale en conformité avec la loi divine, mais elle reste toujours soumise à la grâce de la persévérance finale. (cf. CEC 2016)

Ce silence est d'autant plus dommageable que ces vérités sont d'une importance capitale, puisqu'elles engagent non pas notre simple avenir temporel, mais toute notre éternité.
Ces vérités ne sont pas "d'un autre âge", le Catéchisme de l’Église Catholique nous les rappelle fermement : elles restent toujours actuelles, et le seront toujours !

Nos connaissances sur de tels sujets peuvent être approfondies par deux moyens également indispensables qui se rejoignent : la prière (méditation) et l'étude (lecture attentive et réflexion).

Car, avant de pouvoir orienter nos enfants ou nos proches dans la bonne direction, il est nécessaire que nous-mêmes ayons de ces vérités une connaissance claire et précise pour nous engager dans la bonne direction ! Que Dieu nous guide ! Amen


 

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22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 10:04

Au cours des trois messes prévues pour la journée du 2 novembre, trois fois j’ai lu l’antienne de l’offertoire de la Messe des Défunts. Trois fois j’ai prononcé le nom de saint Michel qui y est écrit. Cela m’a enclin à vous parler d’un des rôles que l’Eglise attribue au saint Archange.

   Que dit le texte de l’Antienne « Que le porte-enseigne saint Michel les introduise dans la sainte Lumière ». J e ne parle pas du titre ‘porte-enseigne’, mais de cette fonction d’introducteur dans le Paradis. A quand remonte cette attribution ? on peut répondre : à la plus haute antiquité chrétienne. Cet ange qui a purgé le Ciel des anges déchus, ne pourrait-il pas présider en quelque sorte à son repeuplement ? Et durant tout le Moyen-âge  on vit fleurir le thème de St Michel peseur des âmes.

Il y a , au célèbre Hospice de Beaune en Bourgogne, polyptique au centre duquel se tient St Michel. C’est la scène de la Résurrection des Morts. L’archange tient une balance sur l’un des plateaux de laquelle est posé un homme qui attend de savoir si ses bonnes actions feront le poids. C’est une image de la réalité exprimée si clairement par St Jean Chrysostome « En ce jour du jugement, nos actions, nos paroles et nos pensées seront mises dans les deux plateaux et en penchant d’un côté, la balance entraînera l’irrévocable sentence ». La balance est le signe de la justice : ne la voit-on pas figurer souvent dans les tribunaux. Nombreux sont les portails de nos cathédrales ou de grandes églises où sont sculptés des scènes du Jugement dernier. Saint Michel y tient une grande place.

 Voici la description que M. Emile Mâle, l’un de nos grands critiques d’art, a faite d’un tympan de la cathédrale de Bourges : « Dans cette sccène, l’Archange Saint Michel est debout, vêtu d’une longue robe à plis droits et la balance est suspendue dans sa main. Près de lui, une âme attend en tremblant que son sort se décide : dans l’un des plateaux, en effet, ont été mises ses bonnes actions et dans l’autres ses péchés. Le diable est présent, car devant le tribunal suprême il remplit le rôle d’accusateur. Le subtil avocat fait des prodiges de dialectique, il ose jouer au plus fin avec Dieu. Convaincu que le noble archange qui regarde devant lui d’un si loyal regard ne soupçonnera pas sa ruse, il donne un coup de pouce à la balance. La bassesse de cette friponnerie de marchand d’épices n’émeut pas Saint Michel qui ne daigne rien remarque. Mais dans sa main, la balance fait son devoir et penche du côté qu’il faut. Satan est vaincu et St Michel caresse doucement la petite âme. »

   C’est très joliment décrire une scène qui au fond est tragique. Car sous une imagerie charmante, se joue le sort éternel d’une âme. Ainsi se présente l’Archange St Michel en justicier du Seigneur. D’ailleurs, n’est-ce pas le fait de cet Ange de prendre en mains la cause de Dieu pour la faire triompher à tout coup.

   Il y a au chapitre 10 de l’Apocalypse de St Jean une bien belle représentation que j’appliquerai volontiers à St Michel (je ne suis pas un interprète patenté de l’Apocalypse ! je vous donne seulement mon sentiment). C’est l’apôtre St Jean qui parle « Je vis un Ange puissant qui descendait du ciel revêtu d’une nuée, l’arc en ciel au-dessus de sa tête ; son visage était comme le soleil et ses pieds comme des colonnes de feu. Il posa son pied droit sur la mer et son gauche sur la terre et cria à forte voix comme rugit un lion…et il leva la main droite vers le ciel et il jura par Celui qui vit aux siècles des siècles, qui a créé le ciel et ce qu’il renferme, la terre et ce qu’elle renferme, la mer et ce qu’elle renferme, qu’il n’y aurait plus de délai, mais qu’au jour où se ferait entendre le septième Ange, quand il sonnerait de la trompette, le Mystère de Dieu serait consommé ». Or ce 7ème ange qui devait sonner de la trompette serait l’Ange de la fin du monde : « Voici pour les morts le moment d’être jugés : le moment de donner le salaire aux serviteurs de Dieu, les prophètes, aux Saints et à ceux qui craignent son Nom, petits et grands, et d’exterminer ceux qui perdent la terre »

   Admirons comment le Seigneur s’en remet à son lieutenant fidèle. Réjouissons-nous, si nous avons aimé fréquenter Saint Michel, de le retrouver à ce moment crucial où il saura nous reconnaître. Confions-lui aussi nos défunts afin qu’au jour voulu, il remplisse auprès d’eux son office de prévôt du Paradis afin de les y accueillir. Amen

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22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 10:01

   Il faut bien dire qu’en cette fête de la Toussaint une double pensée nous retient : celle des saints et celle de nos morts, souvent la 2ème l’emportant sur la 1ère quand on a affaire à des chrétiens peu ou mal instruits des réalités du culte de la Sainte Eglise.

   Le 1er novembre qui a le nom de Toussaint, a été institué, dit le catéchisme de St Pie X, pour :

1°) louer et remercier le Seigneur d’avoir sanctifié ses serviteurs sur la terre et de les avoir couronné de gloire dans le ciel.

- Par cette indication nous sont opportunément rappelés : l’élection divine et son intervention auprès de nous (St Paul parle dans son Epître aux Philippiens « des élus de Dieu, saints et bien-aimés »), et l’exécution fidèles de ses promesses de vie éternelle bienheureuse (le même apôtre, dans la même lettre dit encore « tout ce que vous faites pour le Seigneur, sachez que de lui vous en recevrez la rétribution de son héritage ») ; donc à pareille entreprise de notre part, même appui du Seigneur et semblable récompense. Oui « Dieu est admirable en ses Saints »

2°) honorer en ce jour, même les saints qui n’ont pas une fête particulière dans l’année. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’il y a un catalogue authentique des saints reconnus par l’Eglise. Ce catalogue est même un livre liturgique qui s’appelle « le Martyrologe ». O         r, à chaque jour, il y a une grande page de saints recensés au Martyrologe, ce qui n’empêche pas une grande quantité d’autres saints fêtés localement dans les différents pays de la chrétienté et qui ne figurent pas dans ce Martyrologe.

3°) nous procurer de plus grandes grâces par la multiplication des intercesseurs. Ce sont les propres termes de l’oraison de ce jour : « Que vous nous prodiguiez, ô Dieu, l’abondance désirée de votre miséricorde en raison de la multiplication des intercesseurs »

Nous savons bien, en notre vie profane, aller frapper à plusieurs portes losqu’il s’agit d’obtenir quelque chose que nous jugeons très important. En notre vie spirituelle, il existe ce jour de grand recours à une multitude de hautes relations : les saints ayant la complaisance du Seigneur.

4°) réparer en ce jour les manquements que nous avons commis au cours de l’année dans les fêtes particulières des Saints. Voici un point qui, sans doute, nous est peu familier. Et pourtant, considérez comme il sonne juste ; chaque jour, il nous est proposé de fixer notre regard intérieur, celui de l’âme vers un saint ou une sainte.

Alors qu’on a tant de curiosité pour lire les journaux ou écouter la radio ou voir les images de la télévision pour entendre parler de tel ou tel dont on a à peine le temps de connaître l’identité qu’il est déjà remplacé par un autre ; que ces personnes dont on nous entretient ou qui se présentent elles-mêmes ont rarement le souci de notre bien, et l’auraient-elles, seraient le plus souvent incapables de nous le procurer : alors que les saints sont eux, des gens sans reproches, bienveillants et puissants, capables de nous combler de ce qui nous disposerait utilement à l’acquisition du bien le plus désirable parce que le seul durable et inépuisable, j’ai nommé le Ciel où ils nous attendent. Indifférence, négligence dont nous payons les frais. Alors qu’il serait si facile d’invoquer le saint du jour, même si on ne connaît rien de lui…bien sûr, il serait préférable de savoir quelques détails : où est-il le temps où nos ancêtres lisaient le soir, au moment de la prière, à la veillée, un chapitre de la Vie des Saints !...

   Je conclue, avec le grand Bossuet : « Vous croyez n’être associés qu’avec les hommes… Chrétiens, désabusez-vous ; il y a un peuple invisible qui vous est uni par la charité. » Amen

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22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 10:00

« Donc tu es Roi ? Tu le dis : Je suis Roi »

   Serons-nous étonnés de cette question posée par Pilate à Jésus ? Les Juifs avaient traduit le Christ au tribunal de leur grand’prêtre à cause du blasphème qu’il lui reprochait parce que disaient-ils, alors qu’il n’était qu’un homme il se faisait Dieu ! Mais cette prétention ne pouvait guère jouer sur l’esprit du Romain…il fallait trouver une raison plus politique. Alors on accusa Jésus de soulever le peuple et de vouloir se faire roi. Bien sûr, cela devait se révéler vain : la police de Pilate ne lui avait jamais dénoncé ce complot…mais pour nous la question du procurateur romain dévoile le fond de la pensée de Notre Seigneur. Il nous avait dit tant de choses sur lui…pour nous montrer dans le détail et ses prérogatives sur nous et ses façons d’intervenir en notre vie. Mais il semble d’autre part que plus le Seigneur perd de sa puissance humaine et plus il insiste sur la reconnaissance de sa puissance divine. Après avoir lavé les pieds de ses apôtres, travail d’esclave, de serviteur : Jésus affirme « vous m’appelez Maître et Seigneur et vous avez raison car je le suis ». Enchaîné, brutalisé, bafoué, au cours de la nuit de la Passion, devant le juge qui va s’abîmer dans la lâcheté : Jésus solennellement revendique le titre et la fonction de Roi, comme il avait quelques heures plus tôt, devant Caïphe, reconnu sans défaillance qu’il était le Fils du Dieu béni !

   Et c’est ainsi Jésus que nous vous reconnaissons et que nous vous aimons !... Et c’est ainsi que nous devons toujours vous reconnaître et vous aimer. Car il nous faut y prendre garde ! Nous avons, à côté de vous prodigieusement calme et décidé et précis, nous avons à côté de vous ou plutôt désormais loin de vous, vos apôtres, vos intimes plus faibles que jamais : ils ont fui ! Vos ennemis seront bien davantage impressionnés que vos amis : ceux-ci dormaient au Jardin des oliviers et vous n’arriviez pas à les tirer de leur sommeil, mais par contre, quand les gardes demanderont Jésus de Nazareth pour l’arrêter votre réponse les fera culbuter à terre. Pilate prétend avoir le pouvoir de vous condamner ou de vous relâcher, mais il tremble quand il entend dire dans la foule que vous vous êtes fait « Fils de Dieu » !...

   Voilà une grande leçon : ceux qui vous haïssent, ceux qui vous combattent attestent toujours la crainte qu’ils éprouvent, de vous voir triompher, et pendant ce temps, vos amis, trop souvent, se terrent timides et lâches !

   Quand est-ce donc qu’on aura confiance en vous ! »Ayez confiance, dit notre Roi, j’ai vaincu le monde ». Et vos soi-disant disciples, il y en a tant de cette sorte à l’heure présente, font risette au monde ! Il ne faut pas l’effaroucher, veillons à ne pas le contrarier, ne bousculons pas ses fausses maximes, d’ailleurs n’y a-t-il pas toujours une part de vérité dans l’erreur : et l’on vit de se sophismes et d’autres sottises tout aussi malheureuses et l’on sacrifie au goût du jour qui est celui de l’Adversaire, trop heureux de constater que les fidèles (ou supposés tels) du Christ travaillent eux-mêmes à l’anéantissement de son règne.

   Alors !...Eh bien, voilà notre combat, mes frères, voilà l’engagement que nous avons à prendre derrière les étendards du Chris-Roi.

-Le reconnaître d’abord : c’est un Seigneur qui marche au combat et annonce avec certitude la Victoire. « Il peut tout, il sait tout, il veut tout et rien ne l’arrêtera qu’il n’ait conduit son peuple à la gloire et ne soit assis lui-même sur son trône pour y être couronné » St Jean l’a vu et il nous le rappelait à l’Introït : « Il est digne l’Agneau qui a été mis à mort de recevoir la puissance, la divinité, la sagesse et la force et l’honneur. A lui la gloire et l’empire. »

-Le suivre ensuite : « ce qui le fait Roi, dit St Augustin, c’est qu’il lui appartient de régir les esprits, de prendre soin de nous en vue de l’éternité, de conduire au Royaume ceux qui croient, qui espèrent et qui aiment. »

   Y songeons-nous assez, spécialement quand chaque dimanche nous reformons autour de l’autel de Jésus notre couronne. Chacun de nous peut être, et doit être, un fleuron de cette couronne de fidélité et de gloire du Roi Jésus qui a conquis nos cœurs dans la foi, l’espérance et la charité.

   Vous ne pouvez pas être vaincu, Seigneur…mais serez-vous à tout coup vainqueur de nos hésitations, de nos lenteurs, de nos dérobades, de nos trahisons. Vous ne nous avez pas appris à être lâches ! non ! Comme le vaillant Judas Macchabée, il faut prendre nos précautions « Ils bâtirent tout autour du mont Sion des murs élevés et de fortes tours de peur que les païens ne vinssent comme auparavant fouler ces lieux. Judas y plaça une garnison pour veiller sans cesse sur la Ville Sainte. » D’ailleurs, n’êtes-vous pas celui qui a pris pour nous ces précautions, ces assurances pour les jours mauvais ; et notre ambition ne sera-t-elle pas de garder pour vous cette Ville Sainte de nos âmes, ainsi que la Ville Sainte de votre Eglise tout entière ?

Seigneur, vous êtes en nous, vous êtes en Elle, régnez, régnez et gloire à vous ! Amen

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22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 09:57

Nos relations sont au ciel.

   Nous approchons de plus en plus de la fin ! Sur ce dimanche-ci nous pouvons placer la légende suivante : Bienheureux retour. Aussi bien nous offre-t-il une belle unité de pensées : Je crois à une résurrection de la chair. Notre patrie est au ciel ; le Christ reconstituera notre corps : nos noms sont écrits au livre de vie (Ép.) ; le résultat de la venue du Christ est la délivrance de la maladie et la résurrection du corps, conformément à l’image de la guérison évangélique et à la résurrection de la jeune fille (Év.). Nous demandons d’être délivrés des liens du péché (Or.) et, de la prison de la vie matérielle d’ici-bas, nous lançons un appel chargé d’ardents désirs (Grad., Offert.).

   L’Église nous présente aujourd’hui l’avant-dernier article de notre profession de foi : Je crois à la résurrection de la chair. Selon son habitude, l’Église met sous nos yeux cet article de foi à l’aide d’une image facilement intelligible et, en même temps, nous en indique les conséquences pratiques pour la vie.

   En premier lieu, elle nous enseigne par une image le fait de la résurrection de la chair : c’est l’image de la femme atteinte d’un flux de sang et la résurrection de la fille de Jaïre. L’Église veut nous dire par là : Voyez, de même que le Seigneur a guéri instantanément la femme malade, au contact de son vêtement, de même en sera-t-il au jugement dernier ; alors, toutes les maladies et toutes les souffrances disparaîtront. Et de même que la jeune fille a été ressuscitée par la puissance de la parole du Christ, ainsi les morts se lèveront de leurs tombes et fleuriront d’une jeunesse toute nouvelle. Si nous visitons à pareil jour le cimetière, nous pouvons dire avec le Sauveur : Ceux qui sont couchés ici dans leurs tombes sont seulement endormis. Ce que nous nommions jusqu’ici mort n’est qu’un sommeil. Oui, nous croyons fermement à la résurrection de la chair.

   Mais l’Église ne nous inculque pas seulement le fait de la résurrection, elle nous enseigne encore le comment de la résurrection. Ici se dresse devant nous le Docteur des nations qui nous parle dans l’Épître : Nous, chrétiens, nous n’appartenons pas à la terre, nous sommes une colonie de citoyens du ciel, et notre patrie est le ciel. Même quand nos pieds touchent à la terre, nous sommes déjà de cœur au ciel. Sans doute, nous portons encore actuellement un misérable corps, sujet aux maladies, aux infirmités, aux péchés et à la mort. Mais cela ne durera pas ; nous attendons l’avènement de notre Sauveur, Jésus-Christ, qui transformera notre corps humilié et le rendra semblable à son corps glorifié. C’est là une parole particulièrement consolante. Nous savons donc que nous ressusciterons au jugement dernier : notre âme sera réunie à notre corps, mais ce corps sera glorifié et deviendra semblable au corps glorifié du Christ lors de sa résurrection. Quel était l’état du corps glorieux du Ressuscité ? Il n’était plus soumis à la souffrance ni au changement, il était spiritualisé, il était immortel, il était élevé à une beauté parfaite. C’est ainsi, mes frères, que notre corps sera lui aussi glorifié. Soyons remplis de cette espérance !

   Maintenant à l’œuvre ! Notre transfiguration corporelle dans l’au-delà doit être précédée de notre transfiguration spirituelle sur terre. Dès cette terre nous devons être spiritualisés ; à cette condition seulement, nous serons aptes à être transfigurés corps et âme. La messe d’aujourd’hui nous trace le chemin : a) L’Épître dit : Quittez l’homme de chair ; saint Paul gémit en pleurant de ce que beaucoup de chrétiens se comportent en ennemis de la croix ; leur fin est la corruption, leur Dieu est leur ventre. b) L’oraison demande que nous soyons délivrés des chaînes de nos péchés, dans lesquelles nous sommes retenus à cause de notre fragilité. c) C’est pourquoi l’Église nous fait pousser deux fois un cri d’appel : « Du fond de l’abîme je crie vers toi, Seigneur. » C’est le cri implorant le détachement des choses de la terre. d) Aux attributs du corps glorifié doivent correspondre dès maintenant des vertus semblables : Puisque nous devons être là-haut soustraits à la souffrance, il nous faut ici-bas nous libérer des satisfactions sensibles et surmonter toutes les souffrances et peines de la vie. Puisque là-haut nous devons être spiritualisés, il nous faut ici-bas renoncer à toutes les attaches de la sensualité, aux plaisirs des yeux et de la chair. Puisque là-haut nous devons être délivrés de tous les liens de la matière, il nous faut ici-bas avoir du zèle pour le bien. Enfin, puisque là-haut notre corps doit briller d’une beauté étincelante et d’une jeunesse nouvelle, il nous faut ici-bas travailler à la beauté de notre âme.

   Nous avons un moyen de préparer la résurrection de la chair et la glorification du corps. Ce moyen, c’est la Sainte Eucharistie ; elle est le sacrement de la glorification par lequel nous « deviendrons participants de la divinité ». Le contact avec le corps très saint du Christ nous rendra semblables à son corps glorieux. De même que, dans l’Évangile d’aujourd’hui, la femme malade fut guérie par l’attouchement des vêtements du Christ, de même, par le contact avec le corps du Christ dans l’Eucharistie, notre âme sera guérie, et nous serons ainsi préparés à la glorification corporelle et spirituelle. Amen

 

 

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7 novembre 2016 1 07 /11 /novembre /2016 08:18

  Au cours des trois messes prévues pour la journée du 2 novembre, trois fois j’ai lu l’antienne de l’offertoire de la Messe des Défunts. Trois fois j’ai prononcé le nom de saint Michel qui y est écrit. Cela m’a enclin à vous parler d’un des rôles que l’Eglise attribue au saint Archange.

   Que dit le texte de l’Antienne « Que le porte-enseigne saint Michel les introduise dans la sainte Lumière ». J e ne parle pas du titre ‘porte-enseigne’, mais de cette fonction d’introducteur dans le Paradis. A quand remonte cette attribution ? on peut répondre : à la plus haute antiquité chrétienne. Cet ange qui a purgé le Ciel des anges déchus, ne pourrait-il pas présider en quelque sorte à son repeuplement ? Et durant tout le Moyen-âge  on vit fleurir le thème de St Michel peseur des âmes.

Il y a , au célèbre Hospice de Beaune en Bourgogne, un polyptique au centre duquel se tient St Michel. C’est la scène de la Résurrection des Morts. L’archange tient une balance sur l’un des plateaux de laquelle est posé un homme qui attend de savoir si ses bonnes actions feront le poids. C’est une image de la réalité exprimée si clairement par St Jean Chrysostome « En ce jour du jugement, nos actions, nos paroles et nos pensées seront mises dans les deux plateaux et en penchant d’un côté, la balance entraînera l’irrévocable sentence ». La balance est le signe de la justice : ne la voit-on pas figurer souvent dans les tribunaux. Nombreux sont les portails de nos cathédrales ou de grandes églises où sont sculptés des scènes du Jugement dernier. Saint Michel y tient une grande place.

 Voici la description que M. Emile Mâle, l’un de nos grands critiques d’art, a faite d’un tympan de la cathédrale de Bourges : « Dans cette scène, l’Archange Saint Michel est debout, vêtu d’une longue robe à plis droits et la balance est suspendue dans sa main. Près de lui, une âme attend en tremblant que son sort se décide : dans l’un des plateaux, en effet, ont été mises ses bonnes actions et dans l’autre ses péchés. Le diable est présent, car devant le tribunal suprême il remplit le rôle d’accusateur. Le subtil avocat fait des prodiges de dialectique, il ose jouer au plus fin avec Dieu. Convaincu que le noble archange qui regarde devant lui d’un si loyal regard ne soupçonnera pas sa ruse, il donne un coup de pouce à la balance. La bassesse de cette friponnerie de marchand d’épices n’émeut pas Saint Michel qui ne daigne rien remarque. Mais dans sa main, la balance fait son devoir et penche du côté qu’il faut. Satan est vaincu et St Michel caresse doucement la petite âme. »

   C’est très joliment décrire une scène qui au fond est tragique. Car sous une imagerie charmante, se joue le sort éternel d’une âme. Ainsi se présente l’Archange St Michel en justicier du Seigneur. D’ailleurs, n’est-ce pas le fait de cet Ange de prendre en mains la cause de Dieu pour la faire triompher à tout coup.

   Il y a au chapitre 10 de l’Apocalypse de St Jean une bien belle représentation que j’appliquerai volontiers à St Michel (je ne suis pas un interprète patenté de l’Apocalypse ! je vous donne seulement mon sentiment). C’est l’apôtre St Jean qui parle « Je vis un Ange puissant qui descendait du ciel revêtu d’une nuée, l’arc en ciel au-dessus de sa tête ; son visage était comme le soleil et ses pieds comme des colonnes de feu. Il posa son pied droit sur la mer et son gauche sur la terre et cria à forte voix comme rugit un lion…et il leva la main droite vers le ciel et il jura par Celui qui vit aux siècles des siècles, qui a créé le ciel et ce qu’il renferme, la terre et ce qu’elle renferme, la mer et ce qu’elle renferme, qu’il n’y aurait plus de délai, mais qu’au jour où se ferait entendre le septième Ange, quand il sonnerait de la trompette, le Mystère de Dieu serait consommé ». Or ce 7ème ange qui devait sonner de la trompette serait l’Ange de la fin du monde : « Voici pour les morts le moment d’être jugés : le moment de donner le salaire aux serviteurs de Dieu, les prophètes, aux Saints et à ceux qui craignent son Nom, petits et grands, et d’exterminer ceux qui perdent la terre »

   Admirons comment le Seigneur s’en remet à son lieutenant fidèle. Réjouissons-nous, si nous avons aimé fréquenter Saint Michel, de le retrouver à ce moment crucial où il saura nous reconnaître. Confions-lui aussi nos défunts afin qu’au jour voulu, il remplisse auprès d’eux son office de prévôt du Paradis afin de les y accueillir. Amen

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27 octobre 2016 4 27 /10 /octobre /2016 11:45

   Je vous parlais dimanche dernier de l’évènement insolite survenu à Fatima le 13 octobre 1917, lequel fut aperçu distinctement à plus de 40 kilomètres à la ronde : un illustre poète portugais, Dr Alfonso Lopes Vieira, témoigna l’avoir vu à 10 lieues de Fatima, alors qu’il ne s’y attendait nullement.

   C’était le « grand miracle » promis qui se réalisait exactement au jour, à l’heure et à l’endroit désignés d’avance, et qui devait «obliger» les hommes à croire à la réalité des apparitions et à obéir au message que Notre-Dame du Rosaire leur apportait du ciel ! Mais ce fut la chute vertigineuse du soleil qui fut le point culminant du grand prodige, le moment le plus pathétique et le plus divinement poignant, qui acheva de rapprocher complètement de Dieu toutes ces âmes, par un acte sincère de contrition et d’amour. En effet, au milieu de sa danse « effarante » de feu et de couleurs, telle une roue gigantesque qui à force de tourner se serait dévissée, voici que le soleil se détacha du firmament et, tombant de côté et d’autre, se précipita en zigzag sur la foule atterrée, irradiant une chaleur de plus en plus intense (témoignage du Dr Domingos Pinto Coelho : non seulement on voyait le soleil tomber du ciel, mais on sentait l’augmentation progressive de la chaleur avec l’approche du soleil, ce qui sécha vite les habits trempés des spectateurs), et donnant à tous les assistants l’impression nette de cette fin du monde prédite dans l’Evangile, où le soleil et les astres doivent se précipiter en désordre sur la terre ! Alors, de cette foule épouvantée, s’échappa soudain un cri formidable, une clameur intense, traduisant la terreur religieuse des âmes qui se préparent sérieusement à la mort, en confessant leur foi et en demandant à Dieu pardon pour leurs péchés. « Je crois en Dieu le Père Tout-Puissant » s’écrièrent les uns. « Je vous salue Marie ! », s’exclamèrent les autres. Et d’un seul mouvement, tombant à genoux sur ce sol transformé en un bourbier de terre glaise, les spectateurs récitèrent, d’une voix entrecoupée de sanglots, le plus sincère acte de contrition qui ne soit jamais sorti de leur cœur ! Enfin, s’arrêtant tout à coup dans sa chute vertigineuse, le soleil remonta à sa place en zigzaguant comme il en était descendu. Les gens se relevèrent visiblement soulagés et chantèrent ensemble le Credo ! Et alors que tout le monde était avant trempé jusqu’aux os, chacun eut la douce surprise de trouver ses habits absolument secs. Il y eut même une guérison d’une femme tuberculeuse, qui était restée de longues heures toute trempée.

Peut-on vraiment rester incrédule ? Hélas oui ! mais écoutons quelques témoignages du grand prodige : et d’abord Mgr l’Evêque de Leiria : « Ce phénomène, qu’aucun observatoire astronomique n’enregistra, et qui par conséquent n’était pas naturel, des personnes de toutes les conditions et de toutes les classes sociales le virent de leurs yeux… même des gens qui se trouvaient à des kilomètres de distance, ce qui détruit toute explication par illusion collective… »

   O Seculo (le grand journal libre-penseur de Lisbonne) : « … le soleil trembla ! Le soleil eut des mouvements brusques, jamais vus et en dehors de toutes les lois cosmiques ! Le soleil « se mit à danser » selon l’expression typique des paysans !… Il ne reste maintenant qu’une chose : c’est que les savants nous expliquent, du haut de leur compétence, la macabre danse solaire, qui, aujourd’hui à Fatima, a fait jaillir des « hosannas » de la poitrine des fidèles ; et qui, comme me l’affirment les gens dignes de foi, a laissé très impressionnés les libres-penseurs eux-mêmes, ainsi que d’autres personnes sans aucune préoccupation religieuse, qui étaient accourues sur cette lande désormais célèbre » (Avelino d’Almeida, rédacteur en chef du « Seculo »). Cet article, publié dans le « Seculo » du lundi 15 octobre, fit sensation dans tout le pays, et attira à son auteur les vifs reproches des libres-penseurs, qui ne lui pardonnaient pas d’avoir donné une telle publicité aux faits de Fatima, et de les avoir appuyés de son autorité. Le Dr Almeida Garrett, professeur à la Faculté des Sciences de l’Université de Coïmbra, écrit : « … je le vis pareil à un disque aux contours nets, brillant mais non éblouissant. J’entendis des gens autour moi des gens qui le comparaient à un disque d’argent mat. La comparaison ne me parut pas exacte. Son aspect était d’une clarté nette et changeante. Il ne ressemblait nullement à la lune d’une belle nuit ; il n’en n’avait ni la couleur, ni les clairs-obscurs. On eût dit plutôt une roue lisse, découpée dans les valves argentées d’un coquillage….On ne pouvait pas le confondre non plus avec un soleil aperçu à travers le brouillard. De brouillard il n’y en avait pas trace, et par ailleurs, ce disque solaire n’était ni confus ni voilé d’aucune façon, mais brillait nettement dans son centre et dans sa circonférence.

   Alors, tournons-nous vers le divin soleil de nos cœurs que nous allons bientôt fêter comme notre Roi, aimons-le, prions-le, et prions Notre-Dame de nous donner de correspondre à son attente et de répondre à son amour. Amen

 

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